ROCHER AUX DEUX COULEURS
Murex BicOLOR, testa ovata, globosa, octofariam frondosa , frondibus Jfoliaceis simplicibus mucronatis canaliculatis, vel per ultimum anfractum inteorum decurrentibus , vel dimidiatis ; cauda subelevata , apertura rosea.
Murex regius Schubert and Wagner, Chemnitzs Neues conchylien systematisches Cabinet , tab. 230, fig. 4066 et 4067. Habitat cum præcedente ad Acapulco.
Cette belle coquille, non moins rare que la précédente, se compose de cinq à six tours. L’anfractuosité qui les sépare est mieux marquée que sur le précédent, ce qui rend la pointe du cône moins régulière. La largeur du dernier tour surpasse d’un tiers sa hauteur qui est à peine plus élevée que les autres tours mesurés ensemble. On compte huit rangées de varices longitudinales , dont quatre s'étendent depuis le haut du ventre du dernier tour jusqu’à sa pointe inférieure , et quatre autres de moitié plus courtes placées sur le milieu de l'intervalle qui sépare les premières. Elles forment un bourrelet sur lequel on voit trois ou quatre tubercules simples. Les grandes varices sont bordées du côté de la bouche d’une lame mince, sinueuse et relevée en fraise sur la coquille. Leurs dentelures sont inégales, creusées en gouttières et sans divisions; la dent supérieure est la plus grosse ; l’avant-dernière, celle qui est près du bord du canal, est plus grêle que celle-ci, mais plus élevée que toutes les autres. On ne voit pas de traces de stries soit verticales soit longitudinales. L’ouverture est ronde; la lèvre est relevée et inégalement découpée; l'angle supérieur forme une gouttière assez large, dont on voit des restes sur le haut de chacun des grands bourrelets. La columelle est arrondie, lisse et arquée. Le bord columellaire, après s'être replié sur le ventre du dernier tour jusqu’à la grosse varice, se détache et se tient relevé sur le test, de manière à former une crète mince, verticale, qui cerne l’ouverture et en augmente le cercle. Cette crête se prolonge jusqu'à la base du canal. Celui-ci , dirigé obliquement , est
un peu courbé vers le dos de l'animal. Sa longueur est contenue trois fois et demie dans la hauteur de la coquille. Il y a près de la base le vestige d’un ombilic. Ce Rocher est coloré en violet sur la surface externe. La columelle et le bord relevé gauche brillent du plus beau rose vif; la lèvre est un peu moins foncée; l’intérieur de la bouche est rosé.
La coquille que je décris a près de 3 pouces. Nous en trouvons une trèsbonne figure dans l'ouvrage de MM. Schubert et Wagner. L'individu qu'ils ont figuré fait partie du Musée impérial de Vienne, et vient des côtes de l’isthme de Panama; il est de la même grandeur que celui décrit dans cet article.
ROCHER ERINACÉOIDE.
MurEx ERINACEOIDES, éesta ovalo-fusiformi, transversim sulcata, varicosa ; rufa ; anfractibus subrotundis impressis, ultimo longiori.
Habitat ad portum Acapulco.
Ce petit Murex d’Acapulco ressemble beaucoup au Murex erinaceus que l’on trouve en grande abondance dans la Méditerranée. Mais quelque grande que soit leur ressemblance, je ne puis pas regarder le Murex de l'Océan Pacifique comme étant de la même espèce que celui des mers d'Europe
Voici la description comparée que je soumets aux conchyologistes et les différences spécifiques qui me paroissent exister entre ces deux coquilles.
Les tours de spire du Rocher érinacéoide sont plus distincis, la rampe de la spire étant plus enfoncée; le dernier tour est plus haut et plus large. Les bourrelets sont moins saillans; l'ouverture est un peu plus ouverte, le canal est plus droit.
La couleur de ce Murex américain est rousse et brillante ; le diaphragme du syphon est blanc ainsi que l’intérieur de la bouche.
La hauteur des individus que j'ai examinés est d’un pouce et quelques lignes.