‹ Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparChapitre 147 sur 175 · TRITON · texte numérisé non relu

TRITON

Ce genre des Tritons, déjà distingué par Denis Montfort , compose un groupe naturel formé de la réunion des Murex de Linnée, dont les bourrelets sont distans entre eux des deux tiers du tour Sur lequel on en voit les traces.

J'ai à décrire dans ce genre, comme je viens de le faire pour celui des Murex , une coquille recueillie sur les côtes d’Acapulco , qui ressemble, d’une

manière frappante, à un Triton commun dans les mers des Antilles. Maïs comme l'ideniiié de cette coquille n’est pas plus parfaite que celle du Murex érinacéoïde avec le Murex erinaceus, j'ai cru, pour ces espèces voisines, devoir signaler, dans des descriptions comparatives , les différences que j”y ai remarquées. Elles sont du nombre de celles dont le naturaliste rencontre fréquemment des exemples dans leur détermination , et qui lembarrassent souvent dans la valeur qu'il doit attacher aux mots d'espèce et de variété. Je crois qu’il faut considérer comme espèces, ces variétés constantes observées à des distances considérables, et surtout quand elles vivent sous des latitudes très-différentes. Sans cette rigueur dans les déterminations spécifiques, on ne peut offrir aucune base solide au zoologue qui s'occupe de la question si curieuse et si importante de la distribution géographique des animaux sur notre planète. Ces principes m'ont guidé dans un de mes précédens Mémoires.

La partie boréalé de l'Océan Pacifique nourrit, sur les côtes d’Acapulco qui est placé sous les tropiques, par 16° 50’ 19” de latitude, un très-grand nombre de mollusques analogues à ceux des mers équatoriales de l'Inde, et que nous recevons communément de Java, de Sumatra et d’autres iles voisines.

Au milieu de ces espèces qui out, si l’on peut s'exprimer ainsi, un caractère équatorial, se rencontrent quelques coquillages qui ressemblent , à s’ÿ méprendre, nou seulement à ceux de la Méditerranée, mais même à plusieurs qui pullulent sur nos côtes sablonneuses de la Manche et qui s’avancent quelquefois jusque dans la mer du Nord.

C’est ainsi que le Tellina petalum ( Val. apud, Eumb, Obs. zool., Tom. IT, p. 222, pl. xzvur, fig. 2, &, b) pourroit être regardé comme une simple variété du Tellina solidula. Le Triton que je regarde comme nouveau , ressemble aussi d’une manière frappante, comme j'ai soin de le faire remarquer, au Murex pileare commun dans la mer des Antilles, qui s’avance sur les côtes de Amérique du Nord jusqu’à Charles-town de la Caroline du Sud. J’ai aussi comparé plusieurs individus de l'espèce des Antilles avec un Triton de la Méditerranée, déposé dans la Collection du Muséum, et que je ne regarde pas comme identique au Murex pileare, malgré les affinités qui existent entre eux. Les côtes tuberculeuses sur le dernier tour, les dents ou sillons des deux bords, moins nombreux et moins prolongés , et la couleur blanchâtre de la bouche de la coquille de nos côtes me paroissent des caractères sufhisans pour ne pas confondre sous une même espèce un mollusque des zones tempérées avec un autre qui vit près de l'équateur. C’est ainsi que précédemment j'ai distingué le Turbo de Cumana, vivant entre les 10° et 11° de latitude boréale, du Turbo rugosus de nos côtes

septentrionales , et le Murex d’Acapulco, que je viens de nommer Erinaceoïdes , de notre Murex erinaceus.

Pour rappeler les aflinités qu'a le Triton d’Acapulco avec le Triton à bouche sanguine de Lamarck (Murex pileare , Lin.) , je l'appelle

TRITON HÉMASTOME.

TRiTONIUN HEMAsTOMA, esta fusiformi, transversim sulcata, strüs lono:tudinalibus tenuioribus decussata ; violaceo et rufo variegata ; “aude subascendente porrecta; apertura rubra, rugis albis exarata.

Habitat ad portum Acapulco Mexicanorum.

La coquille de ce Triton se compose de sept tours de’spire, dont le premier, la queue non comprise, est moins haut que les autres tours. Le diamètre de l'avant-dernier tour ne surpasse que d’un quart celui du dernier, ce qui rend la coquille peu ventrue. Le test est fortement sillonné par de nombreuses carènes aplaties , transversales , et treillissée par des stries longitudinales peu marquées près de la lèvre. Elle est épaisse, mais peu relevée en dehors en un bourrelet qui fait par conséquent une saillie médiocre le long du bord ; ce qui rend aussi les côtes tracées sur le tiers de chaque tour peu saillantes. La bouche est ovalaire; la lèvre n’est point réfléchie ni versante près de la base; l’échancrure de l'angle supérieur est petite; le syphon se prolonge en canal très-peu relevé vers le dos de l'animal. Le bord gauche du syphon s’épaissit en une large callosité finement dentelée. Les plis du bord columellaire sont rapprochés et les carènes qui les séparent sont peu grosses : ceux de la lèvre forment de nombreuses dents disposées par paires dans l’intérieur de la bouche.

La couleur est variée de roussâtre et de bandes transversales, bleuâtres ou violettes. L'intérieur de la bouche est rouge brillant; les dents sont blanchätres.

La hauteur de la coquille est de 3 pouces 2 hé

Cette espèce diffère du Tritonium pileare, Lin., parce que celui-ci plus ventru, a des bourrelets plus gros et plus saillans , des stries transversales plus fortes ; la lèvre est versante près de la base, ce qui rend sa bouche plus grande : le syphon est plus court, plus redressé; la callosité du bord gauche est plus grosse et a dés dents plus fortes et moins nombreuses. Il y a aussi quelque légère férence dans les couleurs : le Tritonium pileare est plus blanc.

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