TRITON CROISÉ
Trironium pecussarum , testa fusiformi, distorta , gtbbosa, sulcis longitudinalibus transversos majores decussantibus ; nodulis eminentioribus; cauda longa subrecurva.
Habitat cum præcedente ad Acapulco.
M. de Lamarck à distingué du Triton grimaçant (Wurex anus, Lam.) une espèce connue sous le nom vulgaire de Grimace gauffrée (Murex clathratum , Lam.), et que les nomenclateurs qui ont précédé ce savant conchyologiste, n'avoient pas caractérisée. Nous avons à faire connoître, dans cet article , une nouvelle espèce intermédiaire entre les deux que nous venons de citer.
Cette coquille se compose de neuf tours de spire. Le dernier, renflé latéralement, couvre l’avant-dernier plus d’un côté que de l’autre, et comme celui-ci fait la même chose sur l’antépénultième , maïs sur une autre portion de la spire, il en résulte que cette coquille s’enroule sur un axe en ligne droite, quoiqu'’elle ait une apparence difforme. Les côtes élevées sur le test, crensent des sillons transversaux , qui sont séparés par de fines stries verticales en petites mailles carrées, dont les angles sont marqués par des nœuds assez gros. Ces stries verticales ne descendent pas sur le syphon.
L'ouverture est singulièrement rétrécie et déformée par la saillie des dentelures des bords de la bouche. La lèvre s’élargit en une crète foliacée, irrégulièrement dentelée, qui remonte et contourne le ventre de l’avant-dernier tour, et va rejoindre la base de la columelle. Cette crète reste mince, de manière à ne cacher en rien la partie gauffrée du tour sur lequel. elle est étendue; elle ne paroît que par son aspect lisse et brillant. L'intérieur de la lèvre a des dents inégales, dont la troisième est plus saillante que les autres. À l'angle de la bouche, on voit un gros pli surmonté d’un autre plus court et plus petit. Le haut de la columelle a une rentrée correspondante et opposée à la saillie de la grosse dent de la lèvre.
Ce sinus beaucoup plus étroit que celui du Triton gauflré, est limité et fermé en dessous pat un gros repli de la columelle plissée sur le reste de sa longueur jusque dans le canal. Le bord columellaire ne paroît être que la continuation de la crète de la lèvre, et descend jusqu'auprès de l’échancrure du syphon. Les dents ou granulations existantes sur cette partie de la coquille sont plus rares et plus grosses que sur la partie corres-
pondante du Triton gauffré. Le canal alongé, a le bord droit mince, lisse et tranchant; il est un peu relevé sur le dos de l'animal,
Les bourrelets paroïssent sur la coquille comme des crètes plus ou moins effacées ou enfoncées dans l'épaisseur du test.
La couleur est un blanc pur avec quelques taches roussâtres sur la columelle.
La coquille est haute de 2 pouces.
STROMBE.
Les Strombes forment un genre de coquillages fort bien connu, établi par Linnée, et dans lequel M. de Lamarck n’a fait que quelques subdivisions dont les limites ne sont pas très-tranchées, ainsi qu’on peut s’en assurer, en réfléchissant sur les caractères que présente la seconde espèce qui sera décrite dans ces monographies.
C’est sans doute ce qui a déterminé M. de Blainville à ne présenter les divisions génériques établies par M. de Lamarck que comme des coupes du genre que Linnée avait formé.