‹ Recueil d'observations électro-dynamiquesChapitre 2 sur 10 · PREMIER MÉMOIRE · texte numérisé non relu

PREMIER MÉMOIRE

De V Action exercée sur un courant électrique , par un autre courant, le globe terrestre ou un aimant, c

§ I er . De T Action mutuelle de deux courans électriques.

L'action électro-motrice se manifeste par deux sortes d'effets que je crois devoir d'abord distinguer par une définition précise.

J'appellerai le premier tension électrique , le second courant électrique .

Le premier s'observe lorsque les deux corps entre lesquels l'action électro-motrice a lieu sont séparés l'un de l'autre (i) par des corps non conducteurs dans tous les points de leur surface autres que ceux où elle est établie -, le second est celui où ils font, au contraire, partie d'un circuit de corps conducteurs qui les font commua niquer par des points de leur surface différens de ceux où se produit l^ct4^n-électFOH»oti , ie« (2). Dans le premier

(1) Quand cette séparation a lieu par la simple interruption des .corps conducteurs , c'est encore par un corps non conducteur, par l'air, qu'ils sont séparés.

(2) Ce cas comprend celui où les deux corps ou systèmes de corps entre lesquels a lieu l'action électro-motrice , seraient en communication complète avec le réservoir commun qui ferait alors partie du circuit,

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cas , l'effet de celte action est de mettre les Jeu* corps ou les deux systèmes de corps entre lesquels elle a lieu , dans deux états de tension dont la différence est constante lorsque cette action est constante , lorsque , par exemple, elle est produite par le contact de deux substances de nature différente ; cette différence scraiWariable , au contraire , avec la cause qui la produit, si elle était due à un frottement ou à une pression.

Ce premier cas est le seul qui puisse avoir lieu lorsque l'action électro-motrice se développe entre les diverses parties d'un même corps non conducteur la tourmaline en offre un exemple quand elle change de température.

Dans le second cas , il n'y a plus de tension électrique , les corps légers ne sont plus sensiblement attirés, et l'électromètre ordinaire ne peut plus servir à indiquer ce qui se passe dans le corps -, cependant l'action électro-motrice continue d'agir; car si de l'eau, par exemple , un acide , un alcali ou une dissolution saline font partie du circuit, ces corps sont décomposés, surtout quand l'action électro-motrice est constante, comme on le sait depuis long-temps ; et en outre , ainsi que M. OErstcd vient de le découvrir, quand l'action électro-motrice est produite par le contact des métaux , l'aiguille aimantée est détournée de sa direction lorsqu'elle est placée près d'une portion quelconque du circuit; mais ces effets cessent, leau ne se décompose plus, et l'aiguille revient à sa position ordinaire dès qu'on interrompt le circuit , que les tensions se rétablissent , et que les corps légers sont de nouveau attirés , ce qui prouve bien que

ces tensions ne sont pas cause de la décomposition de l'eau , ni des changemens de direction de l'aiguille aimantée découverts par M. CËrsted.

Ce second cas est évidemment le seul qui pût avoir lieu si l'action électro-motrice se développait entre les diverses parties d'un même corps conducteur. Les conséquences déduites, dans ce Mémoire, des expériences de M. Œrsted nou6 conduiront à reconnaître l'existence de cette circonstance dans le seul cas où il y ait lieu jusqu'à présent de l'admettre.

Voyons maintenant h quoi tient la différence de ces deux ordres de phénomènes entièrement distincts , dont l'un consiste dans la tension et les attractions on répulsions connues depuis long-temps , et l'autre dans la décomposition de l'eau et d'un grand nombre d'autres substances , dans les changemens de direction de l'aiguille, etdans une sorte d'attractions et de répulsions toutes différentes des attractions et répulsions électriques ordinaires ; que je crois avoir reconnu le premier, et que j'ai nommé attractions et répulsions des courans électriques, pour les distinguer de ces dernières. Lorsqu'il n'y a pas continuité de conducteurs d'un des corps ou des systèmes de corps entre lesquelssedéveloppel'açtion électro-motrice à l'autre , et que ces corps sont eux-mêmes conducteurs , comme dans la pile de Volta , on ne peut concevoir cette action que comme portant constamment l'électricité positive dans l'un, et l'électricité négative dans l'autre : dans le premier moment , où rien ne s'oppose à l'effet qu'elle tend à produire , les deux électricités s'accumulent cha* cune dans la partie du système total vers laquelle elle est portée -, mais cet effet s'arrête dès que la différence des.

tensions électriques (i) donne à leur attraction mutuelle, qui tend à les réunir, une force suffisante pour faire équilibre à Faction électro-motrice.* Alors tout reste dans cet état , sauf la déperdition d'électricité qui peut avoir lieu peu à peu à travers le corps non conducteur, Pair, par exemple, qui interrompt le circuit; car il paraît qu'il n'existe pas de corps qui soit absolument isolant. A mesure que cette déperdition a lieu , la tension diminue-, mais comme dès qu'elle, est moindre l'attraction mutuelle des deux électricités cesse de faire équilibre à l'action électro-motrice, cette dernière force, dans le cas où elle est constante, porte de nouveau de l'électricité positive d'un côté, et de l'électricité négative de l'autre,, et les tensions se rétablissent. C'est cet état d'un système de corps électro-moteurs et conducteurs que je nomme tension électrique. On sait qu'il subsiste dans les deux moitiés de ce système, soit lorsqu'on vient à les sépaier, soit dans le cas même où elles restent en contact après que l'action électro-motrice a cessé , pourvu qu'alors elle ait eu lieu par pressiou ou par frottement entre des corps qui ne soient pas tous deux conducteurs. Dans ces deux cas, les tensions diminuent graduellement à cause de la déperdition d'électricité dont nous parlions tout-à- l'heure.

Mais lorsque les deux corps ou les deux systèmes de

(i) Quand la pile est isolée, cette différence est la somme des deux tensions , Tune positive , l'autre négative : quand une de ses extrémités communiquant avec le réservoir commun a une tension nulle , la même différence a une valeur absolue égale à celle de la tension à l'autre extrémité.

corps entre

lesquels l'action électro-motrice a lieu sont d'ailleurs en communication par des corps conducteurs entre lesquels il n'y a pas une autre action électro-motrice égale et opposée à la première , ce qui maintiendrait l'état d'équilibre électrique, et par conséquent les tensions qui en résultent, ces tensions disparaissent ou du moins deviennent très-petites, et il se produit les phénomènes indiqués ci -dessus comme caractérisant ce second cas. Mais comme rien n'est d'ailleurs changé dans l'arrangement des corps entre 1 lesquels se développait Faction électro-motrice, on ne peut douter quelle ne continue d'agir, et comme l'attraction mutuelle des deux électricités, mesurée par la différence des tensions électriques qui est devenue nulle, ou a considérablement diminué, ne peut phis faire équilibre à cette action , on est généralement d'accord qu'elle continue à porter les deux électriciiés dans les deux sens où elle les portait auparavant ; en sorte qu'il en résulte un double courant, l'un d'électricité positive , l'autre d'électricité négative , partant en sens opposés des points où l'action électromotrice a lieu, et allant se réunir dans la partie du circuit opposée à ces points. Les courans dont je parle vont en s'accélérant jusqu'à ce que l'inertie des fluides électriques et la résistance qu'ils éprouvent par l'imperfection même des meilleurs conducteurs fassent équilibre à la force électro-motrice, après quoi ils continuent indéfiniment avec une vitesse constante tant que cette force conserve la même intensité; mais ils cessent toujours à l'instant où le circuit vient à être interrompu. C'est cet état de l'électricité dans une série de corps électro-moteurs et conducteurs, que je nommerai, pour abréger, courant

électrique et comme j'aurai sans cesse à parler des deu* sens opposés suivant lesquels se meuvent les deux élec-* trîcités , je sous -entendrai toutes les fois qu'il en sera question, pour éviter une répétition fastidieuse, après les mois sens du courant électrique, ceux-ci : de Vélec~ trkité positive en sorte que s'il est question , par exemple, d'une pile voltaïque, l'expression : direction du courant électrique dans la pile , désignera la direction qui va de l'extrémité où l'hydrogène se dégage dans la décomposition de l'eau, à cejle où l'on obtient de l'oxigène 5 et celle-ci :. direction du courant électrique dans l& conducteur qui établit la communication 9 entre les deuac èxtrémités de la pile, désignera la direction qui va, au contraire, de l'extrémité où sé produit L'oxigène à celle où se développe l'hydrogène. Pour embrasser ces deuxcas dans une seule définition, on peut dire que ce quo'Ù appelle la direction du courant électrique est celle que suivent l'hydrogène et les bases des sels, lorsque de "eau eu une substance saline fait partie du circuit et est dc4 composée par le courant , soit, dans la pile voltaïque, que ces substances fassent partie du conducteur, ou qu elles se trouvent interposées entre les paires dont se compose la pile.

Les savantes recherches de MM. Gay-Lussac et Thenard sur cet appareil , source féconde des plus grandes découvertes dans presque toutes les branches des science* physiques , ont démontré que la décomposition de l'eau , des sels , etc. n'est nullement produite par la différence de tension des deux extrémités de la pile , mais uniquement par ce que je nomme le courant électrique, puisqu'en faisant plonger dans l'eau pure les deux fils con,-

ducteurs la décomposition est presque nulle -, tandis <jue quand , sans rien changer à la disposition du reste de l'appareil , on môle à l'eau où plongent les fils un acide ou une dissolution saline, cette décomposition devient très-rapide , parce que l'eau pure est un mauvais conducteur, et qu'elle conduit bien l'électricité quand elle est mêlée d'une certaine quantité de ces substances.

Or, il est bien évident que la. tension électrique des extrémités des fils qui plongent dans le liquide ne saurait être augmentée dans le second cas $ elle ne peut qu'être diminuée à mesure que ee liquide devient meilleur conducteur ; ce qui augmente dans ce cas , c'est le courant électrique ; c'est donc à lui seul qu'est due la décompo» sition de l'eau et des sels. Il est aisé de constater que c est lui seul aussi qui agit sur l'aiguille aimantée dans les expériences de M. OErsted. 11 suffit pour çjçla de placer une aiguille aimantée sur une pile horizontale dont la direction soit à-peu-près dans le méridien magné* tique; tant que ses extrémités ne communiquent point, l'aiguille conserve sa direction ordinaire. Mais si l'on attache à l'une d'elles un fil métallique, et qu'on en mette l'autre extrémité en contact avec celle de la pile, l'aiguille change subitement de direction , et reste dans sa nouvelle position tant que dure le contact et que la pile conserve son énergie*, ce n'est qu'a mesure qu'elle, la perd , que l'aiguille se rapproche de sa direction ordinaire; au lieu que si on fait cesser le courant électrique: * en interrompant la communication, elle y révient à l'instant. Cependant c'est cette communication même ijui fait cesser ou diminue considérablement les tensions;

électriques -, ce ne peut donc être ces tensions, mais seulement le courant qui influe sur la direction de l'aiguille aimantée. Lorsque de. l'eau pure fait partie du circuit, et que la décomposition en est à peine sensible, l'aiguille aimantée placée au-dessus ou au-dessous d'une autre portion du circuit, est aussi faiblement déviée; l'acide nitrique qu'on mêle à cette eau, sans rien ebanger d'ailleurs à l'appareil, augmente. cette déviation en même temps qu'elle rend plus rapide la décomposition de l'eau.

L'électromètrc ordinaire indique quand il y a tension et l'intensité de cette tension ; il manquait un instrument qui fit connaître la présence du courant électrique dans une pilpjrmj^ron jnrU'nr^/qni en indiquât Ténei»^ gîe etla^dk*Çctîon. Cet instrument existe aujourd'hui ; ^-^îTsuffit que la pile ou une portion quelconque du conducteur soient platées horizontalement n-peu-près dans la direction du méridien magnétique, et qu'un appareil semblable à une iratissole , et qui n'en diffère que par l'usage qu'on eu fait , sjoit.mis sur la. pile, ou bien audessous ou au-dessus de celte portion du conducteur : tant qu'il y a quelque interruption dans le circuit , l'aiguille nimamée reste-dans sa situation ordinaire; mais e lié s'écarte de cette situation, dès que le courant s'établit, d'autant plus qne. l'énergie en est plus grande, et elle en fait connaître la direction d'après ce fait général ^ q Ue s ; p on se place par la pensée dans la direction du courant, de manière qu'il soit dirigé des pieds à la tête de l'observateur, et que celui-ci ait la face tournée vers l'aiguille ; c'est cou- • stamment à sa gauche que l'action du courant écartera de •

sa position ordinaire celle de ses extrémités qui se dirige vers le nord , et que je nommerai toujours pofc austral

de T aiguille aimantée, parce que c'est le pôle homologue au pôle austral de la terre. C'est ce que j'exprimer ai plus brièvement en disant que le pôle austral de l'aiguille est portée à gauche du courant qui agît sur l'aiguille. Je ptnse que pour distinguer cet instrument de 1 'électromètre ordinaire , on doit lui donner le nom de galvanomètre , et qu'il convient de l'employer dans toutes les expériences sur. les courans électriques , comme on adapte habituellement un electromètre aux machines électriques, afin de voir à chaque instant si le courant a lieu , et quelle en est l'énergie./ . .

Le premier usage que j'aie : fait de cet instrument a été de l'employer à constater que le. courant qui existe (dans la pile voltaïque , de l'extrémité négative à l'extrémité positive , avait sur l'aiguille aimantée la même influence que le courant du conducteur qui va, au contraire, de l'extrémité p*9Tttve à*itt négative.

Il est bon d'avoir pour cela deux aiguilles aimaniées, J'une placée sur la pile et l'autre au-dessus ou au-dessous du conducteur; on voit le pôle austral de chaque airguille se porter à gauche du courant près duquel elle est placée; en sorte que quand la seconde est au-dessus du conducteur, elle est portée du côté opposé à celui vers lequel tend l'aiguille posée sur la pile, à cause que «les courans ont des directions opposées dans ces deux portions du circuit; les deux aiguilles sont, au contraire, portées du même côté , en restant à-peu-près parallèles entre elles , quand l'une est au-dessus de la pile et l'autre au-dessous du conducteur (i). Dès qu'on inter-

(i) Pour que cette expérience ne laisse aucun doute sur l'action du courant qui est dans la pile , il convient de la faire

rompt le circuit, elles reviennent aussitôt, dans les deux cas , à leur position ordinaire. ^

Telles sont les différences reconnues avant moi entre les effets produits par l'électricité dans les deux états que je viens de décrire, et dont l'un consiste sinon datas le repos, du moins dans un mouvement lent et produit seule* ment parla difficulté d'isoler complètement les corps où se manifeste la tension électrique , l'autre dans un double courant d'électricité positive et négative le long d'un cir-» r.uît continu de corps conducteurs* On conçoit alors , dans la théorie ordinaire de l'électricité , que les deux fluides dont on la considère comme composée, sont sans cesse séparés l'un de l'autre dans une partie du circuit, et portés ' rapidement en sens contraire dans une autre partie du même circuit où ils se réunissent continuellement. Quoique le courant électrique ainsi défini puisse être produit avec une machine ordinaire , en la disposant de manière à développer les deux électricités , et en joignant par un conducteur les deux parties de l'appareil ou elles se pro* duisënt, on ne peut , à moins de se servir de très-grandes machines , obtenir ce courant avec une certaine éhergiè qu'à l'aide de la pile vol laïque , parce que la quantité de l'électricité produite par la machine à frottement reste la même dans un temps donné , quelle que soit la faculté conductrice du reste du circuit, au lieu que celle que la

comme je l'ai faite avec une pile à auges dont les plaques de zinc soient soudées à celles de cuivre par toute l'étendue d'une de leurs faces, et non pas simplement par une branche de métal qu'on pourrait regarder avec raison comme une portion de conducteur.

pîle met en mouvement pendant nn même temps croit indéfiniment à mesure que l'on en réunit les deux extrémités par un meilleur conducteur. ^

Mais les différences que je viens de rappeler ne sont pas les seules qui distinguent ces deux états de l'électricité. J'en ai découvert de plus remarquables encore en disposant, dans des directions parallèles, deux parties recti lignes de deux fils conducteurs joignant les extrémités de deux piles voltaïques ; Tune était fixe , et l'autre , suspendue' sur des pointes et rendue très -mobile par un contre -poids, pouvait s'en approcher ou s'en éloigner en conservant son parallélisme avec la première. J'ai observé alors qu'en faisant passer à la fois un courant électrique dans chacune d'elles, elles s'attiraient mutuellement quand les deux courans étaient dans le même sens.,- et qu'elles se repoussaient quand ils avaient lieu dans des directions opposées.

Or , ces attractions et répulsions des courans électriques diffèrent essentiel lemcm de celles que l'électricité produit dans l'état de repos -, d'abord, elles cessent comme le» décompositions chimiques, à l'instant où l'on interrompt le circuit des corps conducteurs. Secondement, dans les attractions et répulsions électriques ordinaires , ce sont les électricités d'espèces opposées qui s'attirent, et celles de même nom se repoussent ; dans les attractions et répulsions des courans électriques, c'est précisément le contraire, c'est lorsque les deux fils conducteurs sont placés parallèlement, de manière que les extrémités de même nom se trouvent du même côté e* très -près l'une de l'autre, qu'il y a attraction, et il y a répulsion quand les deux conducteurs étant

toujours parallèles, les courans sont en sens opposés, en sorte que les extrémités de même nom se trouvent à la plus grande distance possible. Troisièmement, dans le ras où c'est l'attraction qui a lieu, et qu'elle est assez forte pour amener le conducteur mobile èn contact avec le conducteur fixe, ils restent attachés l'un à l'autre comme deux aimans, et ne se séparent point aussitôt, comme il arrive lorsque deux corps conducteurs qui s'attirent parce qu'ils sont électrisés, l'un positivement , l'autre négativement, viennent à se toucher. Enfin, et il paraît que cette dernière circonstance tient à la même cause que la précédente , deux courans électriques s'attirent ou se repoussent dans le vide comme dans l'air ; ce qui est encore contraire à ce qu'on observe dans Taclion mutuelle de deux corps conducteurs électrisés à l'ojv din aire, line s'agit pas ici d'expliquer ces nouveaux priénomènes, les attractions et répulsions qui ont lieu entre deux courans parallèles, suivant qu'ils sont dirigés dans le même sens ou dans des sens opposés, sont des faits donnés par une expérience aisée à répéter. 11 est nécessaire, pour prévenir dans cette expérience les mouvemens qu'imprimeraient au conducteur mobile les petites agitations de l'air, de placer l'appareil sous une cage en verre sous laquelle on fait passer, dans le socle qui la porte, les portions des conducteurs qui doivent communiquer avec les deux extrémités de la pile. La disposition la plus commode de ces conducteurs est d'en placer un sur deux appuis dans une situation horizontalc où il est immobile, de suspendre l'autre par deux fils métalliques qui font corps avec lui, à un axe de verre qui se trouve au-dessus du premier conducteur, et

qui repose , par des pointes d'acier très-fines , sur deux aulres appuis de métal ; ces pointes sont soudées aux deux extrémités des fils métalliques dont je viens de parler 5 en sorte que la communication s'établit par les appuis à l'aide de ces pointes. ( Voyez la figure de cet appareil , plane. 1 , fig. i.J) ( ,}

Les deux conducteurs se trouvent ainsi parallèles , et à coté l'un de l'autre , dans un même plan horizontal 5 l'un d'eux est mobile par les oscillations qu'il peut faire autour de la ligne horizontale passant par les extrémités des deux pointes d'acier, et, dans ce mouvement, il reste nécessairement parallèle au conducteur fixe.

On ajoute au-dessus et au milieu de l'axe de verre un contre-poids, pour augmenter la mobilité de la partie de l'appareil susceptible d'ociller, en en élevant le centre de gravité.

J'avais cru d'abord qu'il faudrait établir le courant électrique dans les deux conducteurs au moyen de deux piles différentes *, mais cela n'est pas nécessaire , il suffit que ces conducteurs fassent tous deux partie du même circuit 5 car le courant électrique y existe par-tout avec la même intensité. On doit conclure de cette observation qué les. tensions électriques des deux extrémités de la pile ne sont pour rien dans les phénomènes dont nous nous occupons ; car il n'y a certainement pas de tension dans le reste du circuit. Ce qui est encore confirmé par la possibilité de faire mouvoir l'aiguille aimantée à une grande distance de la pile , au moyen d'un conducteur très-long dont le milieu se recourbe dans la direction du méridien magnétique au-dessus ou au-dessous de l'aiguille. Cette expérience m'a été indiquée par le. savant

illustre 'auquel les sciences physicc~mathémaliqùes doivent surtout les grands progrès qu elles ont faits de nos jours : elle a pleinement réussi.

Désignons par A et B les deux exl rémités du conducteur fixe, par C celle du conducteur mobile qui est du côté de A , et par celle du même conducteur qui est du côté de B ; il est clair que si une" des extrémités de la pile est mise en communication avec A, B avec C, et D avec l'autre extrémité de la pile, le courant électrique sera , dans le même sens , dans les deux conducteurs 5 c'est alors qu'on les verra s'attirer : si, au contraire, A communiquant toujours à une extrémité de la pile, 2? communique avec D, et Cavec l'autre extrémité de la pile , le courant sera en sens opposé dans les deux conducteurs, et c'est alors qu'ils se repousseront.

L'instrument dont je me sers pour faire cette expé* rience , représenté plane. i re , fig. i rc , est placé sur un socle mn, auquel est attaché le cadre qui porte là cage de verre destinée à mettre tout l'appareil à l'abri des petites agitations de l'air. Au dehors de cette cage, j'ai disposé quatre coupes en buis R, 5, T, V (j), pour y

(f) Il est préférable, quoique cela ne soit pas nécessaire au Succès des expériences, d'isoler ces coupes comme je l'ai fait depuis dans d'autres appareils, parce que, quoique le buis soit un assez mauvais conducteur pour qu'il n'y ait qu'une petite partie Ju courant électrique qui puisse s'établir à trar vers ce corps, quelques observations me portent à soupçonner qu'il y en a quelques portions qui prennent celle route, surtout quand l'air est humide , et qu'on a par conséquent des effets un peu plus grands quand les coupes sont isolées, ou , cequi est plussimpleet revient au même, quand elles sont remplacées par de petits vases de verre.

mettre du mercure dans lequel plongent des fils de laiton qui traversent le cadre sur lequel elle repose, et qui sont soudés aux quatre supports M, TV, P, Q, dont les deux premiers portent le conducteur fixe A B , qu'on peut éloigner ou rapprocher de l'autre, en faisant glisser ces supports dans les fentes /, /, où on les fixe à volonté , au moyen d'écrous placés sous le socle , et les deux au-

très P, Q soi^ terminées par les chapes en acier X, JT, assez grandes pour retenir les globules de mercure qu'on y place, et où plongent deux pointes d'acier attachées aux boites en cuivre F, F, dans lesquelles entrent les deux extrémités d'un tube de verre OZ portant à son milieu une autre boîte en cuivre à laquelle est soudé un tube de cuivre V dans lequel erître à frottement la tige d'un contre-poids H; cette pge est coujjée, comme on le voit dans la figure, afin de faire varier la position du centre de gravité de toute la partie mobile de l'appareil , en faisant tourner la tige coudée sur elle-même dans le tube de cuivre. On peut approcher ou éloigner ces supports l'un de l'autre en les faisant glisser dans la fente KL , où on les fixe à la dislance qu'on veut, à l'aide dVcrous placés sous le socle. Aux deux boites de*cuivre E, F, sont soudées les deux extrémités du fil de laiton ECDF, dont la partie CD, parallèle à AB, est ce que j'ai nommé le conducteur mobile.

Quand on veut faire usage de cet appareil , après avoir fixé les deux supports P, Q, à une distance telle que les centres des chapes X, Y correspondent aux pointes d'acier portées par les boites E, F, et les supports il/, iV, à la distance des deux premiers qu'on juge la plus convenable, on place ces pointes d'acier dans les

chapes , et on fait tourner la tige du contre-poids H r dans le cylindre creux V , jusqu'à ce que le conducteur mobile reste deJm^èmj^nTns )a position qu'on veut lui donner, s oranches E C, FD, qui en fon£ partie , étant à-peu pr/ès verticales ; alors. , sj l'on yeu( mettre en évidence l'attraction des deux epurans lorsqu'ils opt lieu dans le., même sens, pu établit, par un fil de laiton passant par' dessous ( instrument, et dont les extrémités s,e recourbent pour plonger dans deux des coupes de buis, telles que R et Uovl S et T, la communication entre des extrémité» opposées des» deux conducteurs AB,CD y et on fait communiquer les p"eux coupes restantes avec les extrémités de la pile, par fieux autres fils de laiton. Si c'est la répulsion qu'on se prqppsc d'observer, il faut que le premier fil de laiton .établisse la communication entre, deux coupes telles que R et $ ou T et U correspondantes à des extrémités dps deux conducteurs situées du même coté, tandis qu'on fait communiquer ayee les extrémités de la pile les çl CQ $ coupes placées da côté oppqsé.

Ces coupes donnent, quand on le veut, le moyen de n'établir le courant électrique que dans uu seul conduc<* teur, en plougeant les. deux fils partant des extrémités de la pile dans le mercure des deux coupes qui communiquent avec ce conducteur. Cette disposition de quatre coupes de buis arrangées de cette manière , sç retrouvant dans plusieurs appareils que j'aurai bientôt a décrite , je l'explique ici une fois pour toutes , et je me contenterai de les représenter dans les, figures de ces instrumeus, sans en parler dans le texte, poqr éviter des répétitions inutiles.

On conçoit , au reste, que les attractions et répulsions des couraus électriques ayant lieu à tous les points du circuit ,

^on peut avec un seul conducteur fixe attirer et repousser autant de conducteurs et faire varier la direction d'autant d'aiguilles aimantées que l'on veut: je me propose de faire construire deux conducteurs mobiles sous une même cage de -verre, en sorte qu'en les rendant , ainsi qu'un conducteur fixe commun, pai lie d'un même circuit , ils soient alternativement tous deux attirés , tous deux repoussés , ou l'un attiré , l'autre repoussé en même temps , suivant la manière dont on établira les communications. D'après le succès de l'expérience que m'a indiquée M. le marquis de La-

• place, on pourrait, au moyeu d'autant de fils conducteurs et d'aiguilles aimantées qu'il y a de lettres, et en plaçant chaque lettre sur une aiguille différente , établir h l'aide d'une pile placée loin de ces aiguilles, et qu'on ferait communiquer alternativement par ses deux extrémités à celles de chaque conducteur, former une sorte de télégraphe propre a écrire tous les détails qu'on voudrait transmettre, à travers quelques obstacles que ce fût, à la personne chargée d'observer les lettres placées sur les aiguilles. En établissant sur la pile un clavier dont les touches porteraient les mêmes lettres et établiraient la communication par leur abaissement, ce mdycn de correspondance pourrait avoir lieu avec assez de facilité, et n'exigerait que le temps nécessaire pour tou-» dur d'un coté et lire de l'autre chaque lettre (i).

(i) Depuis la rédaction de ce Mémoire , j'ai su de M. Arago que ce télégraphe avait déjà été proposé par M. Sœmoiering :

Si le conducteur mobile, au lieu d'être assujetti â se mouvoir parallèlement à celui qui est fixe , ne peut que tourner dans un plan parallèle à ce conducteur fixe, autour* d'une perpendiculaire commune passant par leurs milieux, il est clair que , d'après la loi que nous venons de reconnaître pour les attractions et répulsions des courans électriques , les deux moitiés de chaque conducteur attireront et repousseront celles de l'autre, suivant que les courans seront dans le même sens ou dans des sens opposés ; et par conséquent que le conducteur mobile tournera jusqu'à ce qu'il arrive dans une situation où il soit parallèle à celui qui est fixe, et où les courans soient diriges dans le même sens : d'où il suit que dans l'action mutuelle de deux courans électriques , l'action directrice et l'action attractive ou répulsive dépendent d'un même principe , et ne sont que des effets différons d'une seule et. même action. Il n'est plus nécessaire alors d'établir entre ces deux effets la distinction qu'il est si important de faire j comme nous le verrons toul-à-l'heurc, quand il s'agit de l'action mutuelle d'un courant électrique et d'un aimant considéré comme on le fait ordinairement par rapport à son axe, parce que, dans cette action , les deux corps tendent à se placer dans des .directions perpendiculaires entre elles.

J'examinerai , dans les autres paragraphes de ce Mémoire et dans le Mémoire suivant , l'action mutuelle entre

à cela près qu'au lieu d'observer le changement de direction des aiguilles aimantées, qui n'était point connu alors, l'auteur proposait d'observer la décomposition de l'eau dans autant de vases qu'il y a de lettres.

un courant électrique et le globe terrestre ou un aimant, ainsi que celle de deux aimans l'un sur l'autre, et je montrerai qu'elles rentrent Tune et l'autre dans la loi de l'action mutuelle de deux courans électriques que je viens de faire connaître, en concevant sur la surface et dans l'intérieur d'un aimant autant de courans électriques , daus des plans perpendiculaires à l'axe de cet aimant , qu'on y peut concevoir de lignes formant, sans se couper mutuellement , des courbes fermées ; en sorte qu'il ne me paraît guère possible, d'après le simple rapprochement dès faits, de douter qu'il n'y ait réellement de tels courans autour de l'axe des aimans , ou plutôt que l'aimantation ne consiste que dans l'opération par laquelle on donne aux particules de l'acier la propriété de produire, dans le sens des courans dont nous venons de parler, la même action électromotrice qui se trouve dans la pile voltaïque , dans le zinc oxidé des minéralogistes , dans la tourmaline échauffée , et môme dans une pile formée de cartons mouillés et de disques d'un même métal à deux températures différentes. Seulement cette action électromotrice se développant dans le cas de l'aimant entre les différentes particules d'un même corps bon conducteur, elle ne peut jamais, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, produire aucune tension électrique , mais seulement un courant continu semblable à celui qui aurait lieu dans une pile voltaïque rentrant sur elle-même en formant un a courbe fermée : il est assez évident, d'après les observations précédentes, qu'une pareille pile ne pourrait produire en aucun de ses points ni tensions ni attractions ou répulsions électriques ordinaires, ni phénomènes chimi-

ques, puisqu'il est alors impossible d'interposer un liquide dans le circuit j mais que le courant qui s'établirait immédiatement dans cette pile agirait, pour le diriger, l'attirer ou le repousser, soit sur un autre courant électrique * soit sur un aimant que l'on considère alors comme n'étant lui-même qu'un assemblage de courans électriques.

C'en ainsi qu'on parvient à ce résultat inattendu, que les phénomènes de l'aimant sont uniquement produits par l'électricité, et qu'il n'y a aucune autre différence entre les deux pôles d'un aimant, que leur position, à l'égard des courans dont se compose l'aimant, en sorte

que le pôle austral (i) est celui qui se trouve à droite de ces courans., et le pôle boréal celui qui se trouve à gauche.

Avant de m'occuper de ces recherches, de décrire les expériences que j'ai faites sur ces divers genres d'action , et d'en déduire les conséquences que je viens d'indiquer, je crois devoir compléter le sujet que je traite ici en exposant les nouveaux résultats que j'ai obtenus depuis que ce qui précède a été publié dans les Annales de Chimie et de Physique. Ces résultats ont été communiqués à l'Académie des Sciences , dans deux Mémoires, dont l'un a été lu le 9 octobre «l l'autre le 6 novembre.

La première expérience que j'aie ajoutée à celles que

(1) Celui qui, dans l'aiguille aimantée, se dirige du cAté du nord ; il est à droite dos courans dont se compose l'aimant , parce qu'il est à gauche d'où courant dirigé dans le même sens et placé hors de l'aiguille ; en effet , d'après la définition domine précédemment de ce qu'on doit en tendre par ia droite et fa gauclic des courans électriques , Ceux que j'admets dans l'aiguille et ceux qui sont ainsi placés i et que Ton considère comme agissant su relie, se font (arc d* manière que U droite des uns est à la gauche des autres, et récinroquetueut.

]e viens de décrire a été faite avec l'instrument représenté pl. i Te , fig. 2.

Le courant électrique, arrivant dans cet instrument parle support CA ( fig. 2), parcourait d'abord le cônducteur AB , redescendait parle support BDE; de Ce support, paT la petite chape d'acier jF, où je plaçais nu globule de mercure , et dans laquelle tournait le pivot d'acier de Taxe dé verre Gtl, lé Courant se communiquait à la boîte de cuivre / et ati conducteur KLMNO P Q, dont l'extrémité Q plongeait drws da mercure mis eu communication avec l'antre extrémité de là pile; les t hoscs étàrit ainsi dfcpôsées , îl est clair que , flans la situàtion où ce conducteur est fefvrc'seufé et où je le mettais d'abord én l'appuyant contre ï appèndîCe T du premier conducteur, le courant de fa partie M If était . en sens contraire de celui de A B , tandis que quand on faisait décrire une denrr-c?rconféreîrcè a KLMNOPQ, les deux courans se trouvaient dans le même sentf.

J'ai vu alors sè produire l'effet qtfe J attendais ; à . l'instant où le circuit a été fermé, la partie mobile de l'appareil a tourné par l'action mutuelle de cette partie et cru conducteur fixe ^f/?, jusqu'à cé que les courans, qui étaient' d'abord en sens contraire, Vinssent sè pfacer de manière à être- parallèles ei dans" ïè même sens. Là vitesse acquise lui faisait dépasser cette dêrrtièré position 5 mais elle y revendit, repassait un peu au-delà , et finissait par s'y fixer après quéïques ose il fations.

La manière dont jé conçois l'aimant Comme un assemblage dé courant étéCffîqués dans des plans perpendiculaires à \à figne qui en joint les pôles, me fit d'abord eUercher à en imiter l'action par des conducteurs plies.

cri hélice , dont chaque spire me représentait un courant disposé comme ceux d'un aimant, et ma première idée fut que l'obliquité de ces spires pouvait être négligée quand elles avaient peu de hauteur : je ne faisais pas alors attention qu'à mesure que cette hauteur diminue , le nombre des spires , pour une longueur donnée, augmente dans le même rapport, et que par conséquent, comme, je l'ai reconnu plus tard , l'effet de cette obliquité reste toujours le môme.

J'annonçai , dans le JYIémoire lu à l'Académie le 1 8 septembre , l'intention où j'étais de faire construire des hélices en fil de laiton pour imiter tous les effets de l'aimant, soit d'un aimant fixe avec une hélice fixe, soit d'une aiguille aimantée avec une bélice roulée autour d'un tube de verre suspendu à son milieu sur une pointe très-fine comme l'aiguille d'une boussole (i). J'espérais que non-seulement les extrémités de cette hélice seraient attirées et repoussées comme les pôles d'une aiguille, par ceux d'un barreau aimanté, mais encore qu'elle se dirigerait par l'action du globe terrestre : j'ai réussi complètement à l'égard de l'action du barreau aimanté } mais à l'égard de la force directrice de la terre, l'appareil n'était pas assez mobile, et cette force agissait par un bras de levier trop court pour produire l'effet désiré*, je ne l'ai obtenu que quelque temps après, à l'aide des appareils qui seront décrits dans- le paragraphe suivant. Le fil de laiton dont est formée l'hélice que j'ai fait construire, entoure de ses spires les deux tubes de verre

(0 J'ai changé depuis ce mode de suspension ainsi que je vais le dire.

^4 CD y BE F (fig. 3), et se prolonge ensuite de part et d'autre en revenant par l'intérieur de ces tubes; ses deux extrémités sortent en D et en F, Tune DG descend verticalement, l'autre est recourbée comme on le voit enFHK; elles sont toutes deux terminées par des pointes d'acier qui plongent dans le mercure contenu dans les deux petites coupes M et N et mis en communication avec les deux extrémités de la pile, la pointe supérieure appuyant seule contre le fond de la coupe >N. Je n'ai pas besoin de dire que celle des deux extrémités de celte aiguille à hélice électrique qui se trouve à droite-dés courans est celle qui présente , à l'égard du barreau aimanté , les phénomènes qu'offre le pôle austral d'une aiguille de boussole , et l'autre ceux du pôle boréal.

Jfffïsensuite construire un appareil semblable à celui

de la fig. i rC , dans lequel le conducteur fixe et le conducteur mobile étaient remplacés par des hélices de laiton entourant des tubes de verre , mais dont les prolongemens , au lieu de revenir par ces tubes , étaient mis en communication avec les deux extrémités de la pile , comme les conducteurs rectilignes de la fig. i rc . C'est en faisant usage de cet instrument que je découvris un fait nouveau qui ne me parut pas d'abord s'accorder avec les autres phénomènes que j'avais jusqu'alors observés dans l'action mutuelle de deux courans électriques ou d'un courant et d'un aimant*, j'ai reconnu depuis qu'il n'a rien de contraire à l'ensemble de ces phénomènes, mais qu'il faut , pour en rendre raison , admettre comme une loi générale de l'action mutuelle des courans électriques , un principe que je n'ai encore vérifié d'une manière précise qu'à l'c'gard des courans dans des fils métal-

liques plies en hélice, mais que je crois vrai en généra), à l'éga rd des portions inû nimen t peli tes de eourâu t électrique dont on doit concevoir loat courant d'une grandeur 6nie comme composé, lorsqu'on veut eu calculer tes effets , soit qu'il ait lieu suivant une ligne droite Od iule conrbe.

Pour se faire une idée nette de cette loi , il faut concevoir dans l'espace une ligne représentant en grandenr et en direction la résultante de deux forces qui sont semblahlement représentées par deux autres lignes , et supposer, dans les directions de ces trois lignés, trois portions infiniment petites de couraUs éiéfctrtqùès dont les intensités soient proportionnelles h leurs longueurs. La loi dont il s'agit consiste en ce que la pétite portion de courant électrique, dirigée suivant la résultante, exetee, dans quelque direction que ce soit , su? un attire courant ou sur un aimant, une action attractive ou répulsive égale à celle qui résulterait, dans la même direction, de la réunion des deux portions de eourans dirigées suivant les composantes. On conçoif -aliment pourquoi il en est ainsi, dans le cas ou l'oit considère lé courant dans un fil conducteur plié en hélice, à l'égard des 1 actions qu'il exerce parallèlement à l'axe dé l'hélice et dans 1 des plans perpendiculaires à cet âxe, puis^ù' alors le Rapport de la résultante et des composantes est le même pour chaque arc infiniment petit èe cette courbe , ainsi crue celui des action* prouvées psf les portions de cotirans électriques correspondantes , à*ou H suit que ce dernier rapport

existe aussi eutre les intégrales de ces actions. Au reste ^sjpa loi dont nous venons de parler est vraîé pour x composantes relativement à leur résuîtante , elle peut manquer de Têtre pour un nombre quelconque

de forces relativement à la résultante de toutes ces forces , comme on le voit aisément, en l'appliquant successivement d'al>ord à deux des forces donrrées, puis à leur résultante et à une autre de ces forées, et ett cdrttinùant toujouns de même jusqu'à ce qu'on attire à ht résultante de toutes les forces données. Il suit de ce qué? Wous venons de dire relativement aux courans éleefriqtfe* dans des Gis pliés en hélice, que l'action pfoYhiité par le courant de chaque spire se compose de deux autres, dont Tune se» rait produite par un courait parallèle à Taxe de l'hélice, représenté en intensité par la hauteur de cette spire , et l'autre par un courant circulaire représenté par la section faite perpendiculairement à cet atté dans la surface cylindrique sur laquelle se trouve l'hétfce; et comme la somme des hauteurs de toutes les spires, prise parallèlement à l'axe de l'hélice, est nécessairement égale à cet axe, il s'ensuit qu'outre l'action produite par les courans circulaires transversaux , que j'ai comparée à Celle d'un aimant, l'hélice produit en même temps la même action qu'un courant d'égale intensité qui aurait lie* dlns son axé.

Si l'on fait revenir par cet axe le fit eondnctenr' qui forme l'hélice , en T enfermant dans un toibe àVverre pffoeé dans celte hélice pour l'isoler des spires dont elle so compose, le* courant de cette partie rectrligtte du lîl conducteur étant .én sens contraire de celui qui équivaudrait à la partie de Vàètiàh de l'hélice qtii a lietï parallèlement à son axe, repoussera Ce que celui-ci attirerait , et attirera ce qu'H repousserait ; l'action longitudinale de l'hélice sera donc détruite par celle de la portion rectiïigne du conducteur, et il ne résultera de la réunion de celui-ci *vec l'hélice que la seule action- des courans circulaires

transversaux, parfaitement semblable à celle d'un aimant cylindrique. Cette réunion avait lieu dans l'instrument représenté dans la fig. 3 , sans que j'en eusse prévu les avantages, et c'est pour cela qu'il m'a présenté exactement les effets d'un aimant, et que les hélices où il ne revenait pas dans l'axe une portion rectiligne du conducteur, me présentaient en outre les effets d'un conducteur rectiligne égal à l'axe de ces hélices 5 et comme le rayon des surfaces cylindriques sur lesquelles elles se trouvaient était assez petit dans les hélices dont je me servais , c'étaient même les effets dans le sens longitudinal qui étaient les plus sensibles, phénomène qui m'élonnait beaucoup avant que j'en eusse découvert la cause 5 j'étais encore à la chercher, et je voulais , par de nouvelles expériences , étudier toutes les circonstances de ce phénomène, que j'avais d'abord observé dans l'action de deux conducteurs pliés en hélice, et ensuite dans celle d'un conducteur de ce genre et d'une aiguille aimantée, lorsque M. Arago l'observa dans ce dernier cas, avant que je lui en eusse parlé. Ces hélices, dont le fil revient en ligne droite par l'axe, seront un instrument précieux pour les expériences de recherche , non-seulement parce qu'elles offrirent le même genre d'action que les aimans , en donnant peu de hauteur aux spires, mais encore parce qu'en leur en donnant beau* coup, on aura un conducteur à-peu-près adynamique, pour porter et rapporter le courant électrique, sans qu'il y ait lieu de craindre que les courans qui se .trouvent dans cette portion du conducteur altèrent les effets* des autres parties du circuit , dont il s'agirait d'observer ou de mesurer l'action.

On peut aussi imiter exactement les phénomènes de

l'aimant au moyen d'un fil conducteur plié comme dans k fig. 4 ? où il y a , entre toutes les portions du conducteur qui se trouvent dans le sens de l'axe , la même compensation qui a lieu , dans les hélices dont nous venons de parler, entre l'action de la portion recti ligne du conducteur et celle que les spires exercent en sens contraire parallèlement à l'axe de l'hélice.

On voit que, dans cet instrument, le 61 de laiton qui est renfermé dans le tube BH est le prolongement de celui qui forme les anneaux circulaires E 9 F, G, etc. , et que chaque anneau tient au suivant par un petit arc

d'une hélice dont chaque spire aurait une grande hauteur relativement au rayon de la surface cylindrique sur • laquelle elle se trouve.

L'action qu'exercent les projections parallèles à l'axe du tube de ces petits arcs d'hélice, désignes dans la figure par les lettres M, N, O, etc. , étant égale et opposée à celle de la portion AB du conducteur, il ne reste, dans cet appareil , que les actions des projections dans des plans perpendiculaires à Taxe du tube 5 et comme celles des arcs M,N,0, etc. dans ces plans sont très -peti tes , ce seront les actions des anneaux E, F, G, etc. , dont on obtiendra les effets dans les expériences faites avec cet instrument.

Dès mes premières recherches sur le sujet dont nous nous occupons, j'avais cherché à trouver la loi suivant laquelle varie l'action attractive ou répulsive de deux courans électriques , lorsque leur distance et les angles qui déterminent leur position respective changent de valeurs. Je fus bientôt convaincu qu'on ne pouvait conclure cette loi d'expériences directes , parce qu'elle ne peut

avoir une expression simple qu'en considérant des portions pie courans d une longueur infiniment petite, et qu'on up peut faire d'expérience sur de tels courans 5 l'action tlç £cux dont on peut oiesurer les effets! est la son) W de* Plions infiniment petites de leurs éjémens , somme qn'pn ne peut obtenir que par deux intégrations successives , dont Tune doit se faire dans toute retendue d'un des. courts pour m même point de l'autre , et la seconde s'$*éçnter sur le résultat de la première pris en* tre les limitas marquées par les extrémités du premier courant, dans toute J'ptendue du second; c'est le résultat de celte dernière intégration, pris entre les limites marquées pap les extrémités du second courant; qui peut seul être comparé aux données de l'expérience; d'où il suit, comme je l'ai dit dsns le Mémoire que j'ai lu à TAcadé^ie Je 9 octobre dernier, que ces intégrations sont la première rUose dont il faut s'occuper lorsqu'on veut délermjgçç, d'abord l'action mutuelle de deux courans d'une longueur finie, soit rectilignes, soit curvilignes, en faisaut attenj|ou que, dans un courant curviligne, la direction d$S partions dont il se compose est déterminée, à chaque. pojjB| , par la tangente à la courbe suivant laquelle il a lie\» , et ensuite celle d'un courant électrique sur un aimant, ou de deux aimans l'un sur l'autre, en considérant, dans ces deux derniers cas, les aimans comme des assemblages de courans électriques disposés comme je l'ai dit plus haut. D'après une belle expérience de M. Biot t las courans situés dans un même plan perpendiculaire à l axe de l'aimant doivent être regardés comme ayant la tnètne intensité, puisqu'il résulte de cette expérience, où il a comparé les effets produits par l'action

^ Digiti^d by Gû

de la tçpre sur deux harreaux de même grandeur, ke même forme et aimantés de la même manière , dont l'un était vide et non l'autre , que la force motrice était proportionnelje 4 la masse , fit que par conséquent les causes auxquelles elle était due agissaient avec la même intensité sur toutes les particules, d'une même tranche perpendiculaire à Taxe , l'intensité variant d'ailleurs d'une tranche à l'autre, suivant que ces tranches sont plus loin ou plus près des pôles. Quand l'aimant est un solide de révolution autour de la ligne^ui en joint les deux pôles , tou9 les courans d'une même tranche doivent en outre être des cercles i ce qui donne un moyen pour simplifier les calculs relatifs aux aimans de cette forme, en calculant d'abord l'action d'une portion infiniment petite d : nn courant électrique sur un assemblage de courans circulaires concentriques occupant tout l'espace renfermé dans la surface d'un cercle, de manière que les intensités qu'on leur attribue dans le calcul soient proportionnelles à la distance infiniment petite de deux courans consécutifs mesurée sur un rayon, puisque. sans cela le résultat de l'intégration dépendrait du nombre des pan lies infiniment petites dans lesquelles on aurait divisé ce rayon par les circonférences qui représentent les courans ; ce qui est absurde. Comme au courant circulaire est attiré dans la partie où il a lieu dans la direction du courant qui agit sur lui , et repoussé dans la partie où il a lieu en sens contraire, l'action sur une surface de cercle perpendiculaire à l'axe de l'aimant consistera en une résultante çgalc à 1* différence entre les attractions et répulsions décomposées parallèlement à cette résultante, et

un couple résultant que les attractions et répulsions

tendront également à produire. On en trouvera la valeur par des intégrations relatives aux rayons des courans circulaires, qui devront être prises depuis zéro jusqu'au rayon de la surface quand l'aimant est plein , et entre les rayons des surfaces intérieure et extérieure quand c'est un cylindre creux. Il faudra multiplier alors le résultat de cette opération :

i°. Par l'épaisseur infiniment petite de la tranche et par l'intensité commune des courans dont elle est composée; 2° par l'intensité et la^flongneur d'une portion infiniment petite du courant électrique qu'on suppose agir sur elle ; et on aura ainsi les valeurs de la résultante et du couple résultant dont se compose l'action élémentaire entre une tranche circulaire ou en forme de couronne, et une portion infiniment petite de ce courant.

Au moyen de cette valeur, s'il s'agit de l'action mutuelle d'un aimant et d'un courant, soit rectiligno d'une longueur finie , soit curviligne , il n'y aura plus , pour trouver la valeur de cette action , qu'à exécuter les intégrations qu'exigera le calcul de la résultante et du couple résultant de toutes les actions élémentaires entre chaque tranche de l'aimant et chaque portion infiniment pc iie du courant électrique.

Mais s'il s'agit de l'action mutuelle de deux aimans cylindriques, creux on solides, il faudra d'abord reprendre la valeur de celle d'une tranche circulaire ou en forme de couronne et d'une portion infiniment peiite de courant électrique, pour en conclure, par deux intégrations, l'action mutuelle entre cette tranche et une tranche semblable, en considérant celle-ci comme composée de courans circulaires , disposés comme dans la pre-

tmère ; on aura aipsi la rjésuliante et 1« couple résultant de Faction mutuelle de. deux tranches infiniment mrnces, etpar ; de uouvclles intégrations, on obtiendra les

mêmes choses relativement à.celle de deux aimans compris sous des surfaces de révolution-, après toutefois qu'on aura déterminé par la comparaison des résultats du calcul et de ceux de. l'expérience, suivant quelle fonction de la distance de chaque tranche à un des pôles de l'aimant, varie l'intensité des courans électriques de cette tranche. Je n'ai point encore achevé les calculs qui, sont relatifs, soit à l'action d'un aimant et d'un courant électrique, soit à L'action mutuelle de deux aimans ,(i) , .mais seulement ceux par lesquels j'ai déterminé l'action mntuelle.de deux courans rectitygnes d'une grandeur finie, en admettait que l'action qui a lieu entre les portions infiniment petites de ces; courans est exprimée par une

(î) Ces calculs supposent que la présence d'un courant électrique ou d'un autre aîuiani, ne cliauge rien au^ courans .électriques de l'aimant sur lequel ils agissent. Cela n'a jamais lieu pour le fer doux ; mais comme l'acier trempé, conserve les modifications qu'on lui fait éprouver par çe moyen, soit dans les expériences de M. Arago sur l'aimantation do l'acier par un courant électrique, soit dans l'emploi des procédés de l'aimantation ordinaire, il me paraît que quand de l'acier aimanté 'se trouve précisément dans le même état qu'auparavant, après qu'un autre aimant ou un courant électrique ont agi sur lui, on peut en conclure qu'ils" n'avaient pas, pendant leur action , changé sensiblement la 1 direction et l'intensité des courans dont il se compose, sans quoi les modifications qu'ils leur auraient 'Tait 'subir subsisteraient après que celle action aurait cessé.

formule cm'il est aisé de déduire de la loi dont j'ai

parlé tout à-l'heure. J'avais d'abord projeté de ne publier celte formule et ses diverse^ applications que quand j'aurais pu en comparer les résulats à des expériences de mesures précises j mais , après avoir considéré toutes les circonstances que présentent les phénomènes, j'ai pensé qu'elle était appuyée sur des preuves suffisantes poi r n'en pas retarder davantage la publication, et ee sera Te premier «bjet dont je m'occuperai dans le Mémoire suivant. : ' ,

J'avais fait construire, pour ces expériences , un ïnstru ment que je montrai , le 1 7 octobre dernier, à MM. Biot e: Gay-Lussac , cl qui ne différait de celui qui est représenu fig. i re , qu'on ce que le conducteur fixe de ce dernier était remplacé par un conducteur attaché à un cercle qui tournait autour d'un axe horizontal perpendiculaire à la direction du conducteur mobile, au moyen d'une poulie de renvoi x et gradué de manière qu'on voyait sur le limbe l'angle formé par les directions des deux courans, dîtns les différentes positions qu'on pouvait donner successivement au conducteur porté par le cercle gradué.

J*» ne figure pas cel appareil dans les planches jointes à ce Mémoire, parce qu'en conservant la môme disposition pour ce dernier conducteur, et en plaçant le conducteur mobile dans.une situation verticale, j'ai construi l'appareil représenté fig- 6, qui est beaucoup plus propre à faire exactement les mesures que j'avais en vue, surtout depuis que j'ai donné au support du cercle gradué, outre le mouvement par lequel on peut l'éloignet ou le rapprocher du conducteur mobile , an moyen d'un* vis de rappel, deux autres mouvemens, l'un vertical.

et l'autre dans le sens horizontal et perpendiculaire à la direction des deux autres. Le premier du ces trois mou- . Vemens est indispensable pour toute mesure à prendre avec l'instrument, il avait seul lieu dans mon premier appareil , les deux mouvemens que j'y ai ajoutés ont pour objet de donner la facilité de faite des*nesures dans ^ le cas où la ligne qui joint les milieux des deux courans •ne leur est pas perpendiculaire. C'est pourquoi j'ai pensé ;qu'on pouvait se dispenser de. les régler par des vis de rappel, et les faire a la main avant l'-expérience , pourvu qu'on pût ensuite fixer d'une manière .stable le support «lu cercle gradué dans, la position qu'on lui aurait ainsi donnée.

C'est ce nouvel instrument que j'ai fait représenter, fig. 6, et dont je vais expliquer la construction : si je parle ici du premier, c'est parce que c'est avec lui que j'ai remarqué, pour la première fois, l'action du globt terrestre sur les courans électriques, qui altérait les à de l'action inutuelle des deux conducteurs que /[gavais l'intention de mesurer. J'interrompis alors ces ofiservations , et je fis construire les deux appareils qui mettent celle action de la terre dans tout son jour, et avec les*, quels j'ai produit également, dans des courans électriques, les mouvemens qui correspondent à la direction de la boussole dans le plan de l'horizon suivant la ligne de déclinaison, et à celle de l'aiguille d'inclinaison dans le plan du méridien magnétique-, ces derniers instrumens, et les expériences que j'ai faîtes avec eux , seront décrits dans le paragraphe suivant, comme ils l'ont été dans le Mémoire qu^ je lus à l'Académie des Sciences le 3o octobre dernier. Revenons à l'appareil pour mesurer Tac-

tïou de deux courans électriques dans toutes sortes de positions , et qui est représenté dans la fig. 6.

Les trois mouvemens du support KFG ont lieu , le premier à l'aide de la vis de rappel M , les deux autres au moyen de ce que ce support est fixé à une pièce de bois N, quLpeut glisser, dans les deux sens horizontal et vertical , sur une autre pièce de bois O fixée au pied de l'instrument. Dans Tune est pratiquée une fente horizontale , dans l'autre Une fente verticale, et à l'intersection des directions de ces deux fentes , se trouve un écrou Q qui sert à arrêter la pièce mobile sur celle qui est fixe, dans In position qu'on veut lui donner. -Le mouvement de rotation du cercle gradué à l'aide duquel on incline à volonté la portion du fil conducteur attachée à ce cercle, s'exécute au moyen des deux poulies de renvoi P cvP\ Pour que la terre n'exerce aucune action sur le rcbnducteur mobile, qui est équilibré par les petits contrepoids x , y, il est composé de deux parties égales et opposées ABCd, abc DE , auxquelles j«i donné la forme qn'on voit dans la figure; et pour que ses deux extrémités puissent être mises en communication avec celles delà pile, i Lest interrompu à l'angle A , par lequel il est -suspendu à un fil H H' dont la torsion doit faire équilibre à i attraction ou répulsion dés deux courans. La :branche BA se prolonge au-delà de , et la branche. DE au-delà de E, et elles se terminent par les pointes A", L, qui plongent dans deux petites coupes pleines de mercure, mais n'en atteignent point le fond.

Le pied qui porte ces deux petites coupes peut être -avancé ou reculé au moyen de l'écrou ^, qui le fixe dans la rainure cfi elles peuvent être en fer ou en

platine; Tune d'elles est mise en communication arec une des deux extrémités de la pile par le conducteur XXI enfermé dans un tube de verre autour duquel est 'plié en hélice à hautes spires le conducteur YFT, terminé par une sorte :de ressort en cuivre, qui s'appuie en T sur la circonférence du cercle gradué, où il se trouve.cn: contact avec un cercle en fil de laiton communiquant avec la branche S S' du conducteur dont la partie $R est destinée à agir sur le conducteur mobile, et dont la branche RR' tient à un second cercle en fil de laiton sur lequel s'appuie en Z un ressort ZI Semblable au. premier, et qui communique, du coté de I, avec, l'autre extrémité de la pile. Il est clair qu'en faisant tourner, le cercle gradué autour de l'axe horizontal qui le supporte, la partie SR du conducteur tournera dans Uiv plan vertical, de manière à former tous les angles qu'on voudra avec la direction de la partie BÇ du conducteur mobile, sur laquelle elle agit à, travers la cage de verre où est reufermé ce conducteur mobile, pour qui! ne puisse participer aux agitations de l'air.

Pour mesurer les attractions et les répulsions des deux eonducteurs à dilïérentes distances, lorsqu'ils sont parallèles, et que la ligne qui en joint les milieux leur est perpendiculaire j on tourne l'axe vertical auquel est attaché le fil de suspension , de manière que la partie BÇ du conducteur mobile réponde.au zéro de l'échelle gh; ce qu'on obtient en la plaçant immédiatement au-dessus du biseau qui termine la pièce en cuivre m; un, indice n p attaché en n au support du cercle gradué marqua sur cette échelle la distance des deux portions de cpnducunr BC et SR. Lorsqu'on établit la commun? c&tiou

des deux extrémités du circuit avec celles delà pile, la portion mobile BC se porte en avant ou en arrière suivant qu'elle est attirée ou repoussée par S R ,• mais on la ramène dans la position où elle se trouvait auparavant en faisant tourner Taxe du 61 de supension ; le nombre des tours et portions de tour marqué par l'indice r sur le cadran p q attaché à cet axe, donne la valeur de l'attraction ou de la répulsion des deux courans électriques , mesurée par la torsion du 61.

W n'est pas nécessaire de rappeler aux physiciens accoutumés à faire des mesures de ce genre , que l'intensité des Courans variant sans cesse avec l'énergie de la pile , il faut, entre chaque expérience à différentes distancé, en faire une à une distance constante, afin de connaître, par l'action observée chaque fois à cette distance constante, et les règles ordinaires d'inteipolation , comment varie l'intensité des courans, et quelle en est la valeur à chaque instant. On s'y Rendra de la même manière pour comparer lés attractions et répulsions à une distance constante lorsque- Ton fait varier l'angle des directions des deux courans , dans le cas où la ligne qui en joint les milieux ne cesse pas de leur être perpendiculaire. Les observations intermédiaires, pour déterminer par interpolation l'énergie de la pile à chaque instant , seront même alors plus faciles, puisque la distance des deux portions de conducteur BC et SR ne variant point, il sriffiia de fime tourner le cercle gradué pour ramener chaque fois SR dans la direction parallèle h B C. Enfin \ lorsqu'on voudra mesurer faction mutuelle de BC et de SR, lorsque la ligne qui en joint les milieux n'est pas perpendiculaire à leur direction , on donnera

*u support du cercle gradué la situation convenable au moyen de l'écrou Q qui le fixe au reste de l'appareil dans la position qu'on veut lui donner, et en faisant alors une série d'expériences semblables à celles du cas précédent , on pourra comparer les résultats obtenus dans chaque situation des conducteurs des courans électriques , à ceux qu'on aura eu dans le cas où la ligne qui en joint l'es milieux leur est perpendiculaire, en faisant celte comparaison pour une même plus courte distance des courans , et ensuite pour des distances différentes. On aura ainsi tout ce qu'il faut pour voir comment et jusqu'à quel point ces diverses circonstances influent sur l'action mutuelle des courans électriques : il ne s'agira plus que <le voir si l'ensemble de ces résultats s'accorde avec le calcul des effets qui doivent être produits dans i liaque circonstance , d'après fa loi d attraction qu'on aura admise entre deux portionsinfiniment petites de courans électriques. 1 ( l )

Par l'addition d'un autre conducteur mobile dont la suspension est exactement la même, qui est de même composé de denx parties égales et opposées, et que j'ai fait représenter à part ( fig. 10, plane. 5), j'ai rendu cet instrument propre à mesurer aussi le moment des forces qui tendent à fairo tourner un conducteur, par l'action d'un autre conducteur qui fait successivement avec lui diflerens angles auxquels répondent différens momens. Ce conducteur mobile A B O C D E F a la forme qu'on voit dans la figure io, et se trouve suspendu an milieu de son côté horizontal supérieur , où il est interrompu entre les points A, .F, où les deux extrémités de ce conducteur portent^ les. deux

pointes d'acier il/, N, qui sont situées dans une même ligne veuicale, et plongent dans le mercure des deux petites coupes de la figure 6, sans en toucher le fond à cause de la suspension au fil de torsion. Pour mesurer le moment de rotation produit par uu conducteur rectiligne, on en place un sous la cage de verre très-près du côté horizontal inférieur CD (lig. 10) du conducteur mobile, de manière qu'il réponde à son milieu : cédernier tourne alors par l'action du conducteur fixe sans être iniluencé par celle de la terre, parce qu'il y a compensation entre les actions qu'elle exerce sur les deux moitiés égales et opposées du conducteur mobile.

§ II. Direction des courons électriques par Faction dy,

globe terrestre (t).

Je n'ai pas réussi dans les premières expériences que j'ai tentées pour faire mouvoir le fil conducteur d'un courant électrique par l'action du globe terrestre, moins peut-être par la difficulté d'obtenir une suspension assez mobile, que parce qu'au lieu de chercher dans la théorie qui ramène les phénomènes de l'aimant à ceux des courans électriques , la disposition la plus favorable à cette sorte d'action , j'étais préoccupé de l'idée d'imiter le plus que je le pouvais la disposition des courans électriques de l'aimant dans l'arrangement de ceux sur lesquels je voulais observer l'action de la terre dans le cas où ils sont

produits par la pile de Volta ; celle seule idée m'avait

(i) Ce qui est contenu dans ce paragraphe a été lu à l'Académie royale des Sciences, dans sa séance du 5o octobre dernier. .

guidé dans la conslruction de l'instrument représenté fig. 3 , ei elle m'empêchait de faire attention que ce n*est en quelque sorte que d'nne manière indirecte que cefte action porte le pôle austral de l'aiguille aimantée au nord et en bas , et le pôle boréal au sud et en haut 5 que son effet immédiat est de placer les plans perpendiculaires à Taxe de l'aimant, dans lesquels se trouvent lescourans électriques dont il se compose, parallèlement à un plan déterminé par l'aclkm résultante de tous ceux de notre globe , et qui est , <lans chaque lieu , perpendiculaire a l'aiguille d'inclinaison. Il suit de cette considération que ce n'est pas vfnc ligne droite, mais un plan, que l'action terrestre doit immédiatement diriger ; qu'ainsi ce qu'il faut i mi ier, c'est la disposition de l'électricité suivan t l'équaleur de l'aiguille aiman téc, équateur qui est une courbe rentrante sur elle-même, et voir ensuite si lorsqu'un courant électrique est ainsi disposé, l'action de la terre tend à amener le plan où il se trouve dans une direction parallèle à celle où elle tend à amener l'équateur de l'aimant, c'est-à-dire, dans une direction perpendiculaire à l'aiguille d'inclinaison , de manière que le courant qu'on essaie de diriger ainsi soit dans le même sens que ceux de l'aiguille aimantée qui a obéi à l'action du globe terrestre.

'aimant rcçcfit des mouvemens diflférens suivant qu'il ne peut' que tourner dans le plan de l'horizon comme l'aiguille d'une boussole, ou dans le plan du méridien ■ magnétique, comme l'aiguille d'inclinaison attachée à un axe horizontal et perpendiculaire au méridien magnétique. Pour imiter ces deux mouvemens en en imprimant d'analogues à un courant électrique , il faut que le

plan dans lequel il se irouve soit, dans le premier cas, vertical comme celui de l'équaleur d'une aiguille aimantée horizontale, et tourne autour de la verticale qui pisse par son centre de gravité ; et dans le second , qu'il 11e puisse , comme l'équateur de l'aiguille d'inclinaison , tourner qu'<autour d'une ligne comprise dans ce plan , qui soit à la fois horizontale et perpendiculaire au méridien magnétique.

J'ai mis d abord dans ces deux positions une double spirale de cuivre qui m'a paru très-propre à représenter les courans électriques de 1 equateur d'un aimant ; et j'ai vu cet appareil se mouvoir quand j'y ai établi un courant électrique , précisément comme l'aurait fait , dans le premier cas l'équateur de l'aiguille d'une boussole , et dans le second celui d'une aiguille d'inclinaison. Mais il m'est arrivé-la même chose qu'à M. OErsted. Dans ses expériences, la force directrice du courant électrique qu'il faisait agir sur une aiguille aimantée tendait, à la placer dans une direction qui fit un angle droit' avec celle du courant; mais il n'obtenait jamais une déviation décent degrés en laissant le fil conducteur dans la- cl î — 1 action du méri lien magnétique, parce que l'action du globe terrestre se combinant avec ce% du courant électrique, Taigtiille aimantée se dirigeait suivant la résultante de ces deux actions. Dans les expériences faites avec ia double spirale, la force directrice de la terre était contrariée, dans le premier cas , par la torsion du fil auquel cet instrument était suspendu ; dans le sccontl , par sa pesanteur, parce que le centre de gravité ne pouvait être exactement situé dans la ligne horizontale autour de laquelle tournait le plan de la double spirale.

Je pensai alors qu'en multipliant Je nombre des- spires dont celle spirale était composée, on n'augmentait pas pour cela l'effet produit par l'actionne la terre, parce que la masse à mouvoir «augmentait proportionnellement à la force motrice, d'où je conclus que j'obtiendrais plus simplement les mêmes phénomènes de direction en employant, pour représenter lequateur d'une aiguille aimantée, un seul courant électrique revenant sur luimême, et formant un circuit si ce n'est absolument fermé, car alors il eût été impossible d'établir le courant dans le fil de cuivre, du moins ne laissant que l'interruption suffisante pour faire communiquer ses deux extrémités avec celles de la pile.

Je compris en même temps que là forme du circuit ëtail indifférente, pourvu que toutes les parties en fusr sent dans un même plan , puisque c*étail un plan qu'il s'agissait de diriger.

Je ûs construire alors deux appareils ; dans l'un, le Gl conducteura là forme d'une circonférence ABCD (pl. 3, fig. 7), dont le rayon a un peu plus de deux décimètres. Les deux extrémités du fil de laiton dont cette circonférence est formée sont soudées aux deux boîtes de cuivre F, F, attachées à un tube de verre Q, et qui portent deux pointes d'acier M et iV", plongeant dans le mercure contenu dans les deux petites coupes de platine O, P, et dont la supérieure N atteint seule le fond de la coupe P. Ces deux coupes .sont portées par les boites de cuivre G, H; qui communiquent aux deux extrémités de la pile , au moyen de deux conducteurs en fil de laiton , dont l'un est renfermé dans le tube de verre qui port* ces deux dernières boîtes , et sert de pied à l'instrument,

et l'autre forme autour de ce tube une hélice dont les spires ont une assez grande hauteur relativement au diamètre du tube , afin AJue les actions exercées par les deux portions do courans qui parcourent ces conducteurs en sens contraire se neutralisent à-peu-près concrètement'. J'ai placé sous la cage de verre, qui recouvre cet instru> ment pour le mettre à l'abri- des agitations de l'air, un autre cercle en fil de laiton , d'un diamètre un peu plus grand , qui est fixe et supporté par un pied semblable à celui du cercle mobile, dans la situation qu'on voit dans la figure. Ce cercle communique aussi avec deux conducteurs disposés de la même manière, et qui servent de même à y faire passer le courant électrique Jorseju'au lieu d'observer l'action du globe terrestre sur le cercle mobile, on veut voir les effets de celle de deux courans circulaires l'un sur l'autre , tandis que quand on veut observer l'aclion qit'exerce la terre sur un courant électrique, on ne fait passer ce courant que dans le cercle mobile. Comme 51 n'est question ici que de l'action du globe terrestre, je ne parlerai que du cas où les conducteurs du cercle mobile sont seuls en communication avec les deux extrémités de là pile. Le cercle fixe ne sert alors qu'à indiquer d'une manière précise le plan vertical et perpendiculaire au méridien magnétique, oi'Hc cercle mobile doit être amené par l'action dç la terre. On place donc d'abord le cercle fixe dans ce plan au moyen d'une boussole, et le cercle mobile dans une autre situation qui sera , par exemple, celle du méridien magnétique lui-même; alors, dès qu'on y fera passer un courant électrique , il tournera pour se porter dans le plan indiqué parle cercle ♦fixe, le dépassera d'abord en vertu de la vitesse acquise,

puis y reviendra, et s'y arrêtera après quelques oscillai ionr. j

Lo sens dans lequel ce mouvement a lieu dépend de celui du courant électrique établi dans le cercle mobile 5 pour le prévoir d'avance, on considérera une ligne pa$7 sant par le centre de ce cercle, et perpendiculaire à son. plan, cette ligne. arrivera dans le méridien magnétique lorsque le cercle mobile sera amené dans le plan qui lui est perpendiculaire, et elle y arrivera de manière que celle de ces deux extrémités qui est à droite du courant considéré comme agissant sur un point pris à volonté hors de ce cercle, et par conséquent à gauche de l'observateur qui, place dans le sens du courant,. regarderait l'aiguille > extrémité qui représente le pôle austral d'une aiguille aimantée , se trouve dirigée du côté du nord -, ce qui suffit pour déterraiper le sens du mouvement que prendra le cercle mobile.

Dans l'autre appareil, l'équateur de l'aiguille d'inclinaison est représenté par un rectangle en fil de' laiton d'environ 3 décimètres de largeur sur 6 de longueur. La suspension est d'ailleurs la môme que celle de l'aiguille d'inclinaison. C'est avec ces.dëux instrumens que, dans des expériences souvent répétées , j'ai observé les phénomènes de direction par l'action de la terre, bien plus complètement que je ne l'avais fait avec la double spirale. Dans le premier, le cercle, mobile s'ëst, ainsi que je viens de le dire , arrêté précisément dans la situation où l'action du^globe terrestre devait l'amener d'après la théorie*, dans le second, le conducteur mobile a constamment quitté une position où j'avais constaté , en le faisant osciller, que l'équilibre était stable, pour se porter dans

une situation plus ou moins rapprochée de celle qu'aurait prise, dans les mêmes circonstance*, lYquateur d'une aiguille aimantée , et il s'y arrêtait, après quelques oscillations, en équilibre entre la force directrice de la terre et la pesanteur qui agissait alors en faisant plier le fil de laiton , ce qui abaissait le centre de gravité du conducteur au-dessous de l'axe horizontal. Dès qu'on interrompait le circuit, on le voyait revenir à sa première position , ou s'il n'y revenait pas précisément, s'il en restait même quelquefois assez éloigné, il était évident, par toutes les circonstances de l'expérience, que cela tenait à la flexion dont je viens de parler, qui avait produit, dans la situation du centre de gravhé , une légère altération qui subsîstait quand on faisait cesser le courant électrque. Dans les expériences faites avec ces deux instrumens , j'ai eu soin de ch inger les extrémités des 61s conducteurs relativement à celles de la pile, pour constate! que le rourant qui est dans celle-ci n'était pas 1* cause de l'effet produit , pni qu'alors il aurait toujours eu lieu dans le même sens , et que cet effet avait lieu en sens contraire, conformément à la. -théorie. J'ai aussi , en laissant les mêmes extrémités en communication, fait passer, de la droite à la gauche de l'instrument, les fils qui faisaient communiquer le conducteur mobile aux deux extrémités de la pile , pour constater que les courans deefs fils, dout je tenais d'ailleurs la plus grande portion loin de l'instrument , n'avaîent pas d'influence sensible sur 1 ses mouvemens. Je n'ai pas besoin de dire que, dans tous le* cas, les mouvemens ont lieu dans le sens où se mouvrait l'équatenr d'une aiguille aimantée * c'est-à-dire que l'extrémité de la perpendiculaire au plan du conducteur, qui se

trouve à droite du courant , et par conséquent à gauche de la personne qui le* regarde dans la situation, décrite dans le premier paragraphe de ce Mémoire, est porté «h^ / n

moçà dons lo premier c as, p t pji bas dans le second , comme j % <c ^ 5^ léserait le pôle austral d'un aimant que cette exirémiiéj ^j^fX^ représente. L'instrument avec lequel j'ai fait celle expé- \^'/ a r^j!!Z rience secompose d'un fil de laiion A B CDEFG.soudé \^^tr ^^j^j en A à un morceau de fil semblable HAK porté par c'ofc* Je tube de verre XY au moyen de la boite en cuivre H 9 4 * •

et auquel est fixé un petit axe en acier qui repose sur le rebord taillé eu biseau d'une lame en fer N sur laquelle on mel du mercure en contact avec cet axe. La partie FG de ce fil de laiion passe dans le tube de verre et se soude à la boite en cuivre G, à laquelle est attaché un pelil axe en acier séViblable à l'autre cl qui repose sur lerebord d'uue autre lame Moii l'on met aussi du mercure. Les deux lames en fer M, N 9 sont supportées par les pieds PQ 9 RS f qui communiquent avec le mercure dès coupes de buis T y U, où Ton fait plonger les deux conducteurs partant des deux extrémités de la pile. Pour empêcher la flexion du fil de laiton ABC DE F, le tube de verre XY porte, au moyen d'une autre boite en cuivre /, un losange en bois ZV très- léger et très-mince, dont les extrémité* soutiennent les milieux des portions BC,DE y du fil de laiton qui sont parallèles au tube de verre XY.

L'interposition du mercure dans cet instrument, et dans ceux que je viens de décrire, par-tout où la communication doit avoir lieu par des parties qui ne sont pas soudées, sans être toujours nécessaire, est lé meilleur moyeu que je connaisst pour assurer la réussite des expériences. ' Ainsi, j avais deux fois tenté sans succès une expérience

qui a parfaitement réussi quand, en l'essayant une troisième fois, j'ai rendu la communication plus complète par un globule de mercure.

§ III. De V Action mutuelle entre un conducteur clectiique et un aimant.

C'est cette action découverte par M. OErsted, qui ma conduit à reconnaître celle de deux courans électriques l'un sur l'autre, celle du globe terrestre sur un courant, et la manière dont l'électricité produisait tous les phénomènes que présentent les aima us, par une distribution semblable à celle qui a lieu dans le conducteur d'un courant électrique, suivant des courbes fermées perpendiculaires à Taxe de chaque aimant. Ces vues, dont la plus grande partie n'a été que plus tard continuée, par l'expérience, furent communiquées à l'Académie royale des Sciences , dans sa séance du 18 septembre 1820; je vais transcrire ce que je lus dans cette séance, sans autres changemens que Ja suppression des passages qui ne seraient qu'une répétition de ce que je viens de dire, et en particulier de ceux où je décrivais Jes appareils que je me proposais de faire construire; ils Vont été depuis, et la plupart sont décrits. dans les paragraphes précédens. On pourra , par ce moyen , se faire une idée plus juste de la marche que j'ai suivie dans mes recherches sur le sujet dont nous nous occupons. *

Les expériences que j'ai faites sur l'action mutuelle des conducteurs qui mettent en communication les extrémités d'une pile voltaïquc, m'ont.montré que tous les faits relatifs à celte action peuvent être ramenés à deux résultats généraux, qu'on doit considérer d'abord comme

tmiquement donnés par l'observation , en attendant qu'on puisse les ramènera un principe-unique, en déterminant Ja nature et, s'il se peut, l'expression analytique de la force qui les produit. Je commencerai par les énoncer sous la forme qui me paraît la plus simple et la plus générale.

Ces résultats consistent, d'une part, dans Faction directrice d'un de ces corps sur l'autre 5 de l'autre part , dans l'action attractive ou répulsive qui s'établit entre eux , suivant les circonstances.

Action directrice. Lorsqu'un aimant et un conducteur agissent l'un sur l'autre, et que l'un d'eux étant fixe y l'autre ne peut que tourner dans un plan perpendiculaire à la plus courte distance du conducteur et de l'axe de l'aimant , celui qui est mobile tend à se mouvoir, de manière que les directions du conducteur et de l'axe de l'aimant forment un angle droit , et que le pôle de l'aimant qui regarde habituellement le nord soit à gauche de ce qu'on appelle ordinairement le courant galvanique , dénomination que j'ai cru devoir changer en celle de couran t électrique , et le pôle opposé à sa droite , bien entendu que la ligne qui mesure la plus courte distance du conducteur et l'axe de Uaimant rencontre la direction de cet -axe entre les deux pôles. Pour conserver à cet énoncé .toute la généralité dont il est susceptible , il faut distinguer deux sortes de conducteurs : i° la pile même, dans laquelle le courant électrique, dans le sens où j'emploie ce mot , se porte de l'extrémité où il se produit de l'hydrogène dans la décomposition de l'eau , à celle d'où i'oxigène se dégage; 2 0 le fil métallique qui unit les deux extrémités de la pile, et où l'on doit alors considérer le même coûtant comme se portant, au contraire, de l'extrémité* qui

donne de l'oxigène, à celle qui développe de l'hydrogène. On peut comprendre ces deux cas dans une même définition , en disant qu'on entend par courant électrique la direction suivant laquelle l'hydrogène et les bases des sels sont transportés par l'action de toute la pile , en concevant celle-ci comme formaut avec le -conducteur un seul circuit , lorsqu'on interrompt ce circuit pour y placer, soit de l'eau , soit une dissolution saline que cette action décompose. Au reste, tout ce que je vais dire sur ce sujet ne suppose aucunement qu'il y ait réellement un conrant dans cette direction , et on peut ne considérer que comme une manière commode et usitée de la désigner l'emploi que je fais ici de cette dénomination de courant électrique.

Dans les expériences de M. Œrsted , cette action dïrectrice se combine toujours avec celle que le globe ter»» restre exerce sur l'aiguille aimantée , et se combine en outre quelquefois avec l'aelion que je décrirai toutà-l'heure sous la dénomination d'action attractive où rêv pulsive ; ce qui conduit à des résultats compliqués dont il est difficile d'analyser lês circonstances et de reconnaître les lois.

Pour pouvoir observer les effets de Y action directrice d'un courant électrique sur un aimant , sans qu'ils fussent altérés par ces diverses causes , j'ai fait construire un instrument que j'ai nommé aiguille aimantée asiatique* Cet instrument , représenté pî . 4 1 %• 8 , consiste dans une aiguille aimantée AB fixée perpendiculairement à un axe CD, qu'on peut placer dans la direction que l'on veut, au moyen d'un mouvement semblablen celui du pied d'un télescope et de deux vis de rappel £,F\

TJatguîlle ainsi disposée ne peut se mouvoir qu'en tournant dans un plan perpendiculaire à cet axe, dans lequel on a soin que son centre de gravité soit exactement placé , en sorte qu'avant qu'elle soit aimantée on puisse s'assurer que la pesanteur n'a aucune action pour là faire changer de position. On l'aimante alors, et cet instrument sert à vérifier que tant que le plan où se meut l'aiguille n'est pas perpendiculaire à la direction de l'aiguille d'inclinaison , le magnétisme terrestre tend à faire prendre à l'aiguille aimantée la direction de celle des lignes tracées sur ce plan qui est le plus rapprochée possible de l'axe de l'aiguille d'inclinaison, c'est-à-dire, la direction de la projection de cet axe sur le même plan. On rend ensuite, au moyen des vis de rappel , le plan où se meut l'aiguille aimantée perpendiculaire à la direction de l'aiguille d'inclinaison, le magnétisme terrestre n'a plus alors aucune . action pour la diriger, et elle devient ainsi complètement asiatique. L'instrument porte, dans le morne plan un cercle L3IIY divisé en degrés, sUr lequel sont fixés deux petits hàrreaux de verre G//, 1K , pour attacher les fils conducteurs, dont l'action directrice agit alors seule et sans complication avec la pesanteur et le magnétisme terrestre.

La principale expérience à faire avec cet appareil est de montrer que l'angle entre les directions de l'aiguille et du conducteur est toujours droit quand l'action directrice est la seule qui ait lieu.

Action attractive ou répul$ive.\Ce second résultat général consiste, i° en ce qu'un eonduçteur joignant les deux extrémités d'une pile voltaïque , et un aimant dont l'axe fait un angle droit avec la direction du courant

qui a lieu dans ce conducteur conformément aux définitions précédentes , s'attirent quand le pôle austral est à gauche du courant qui agit sur lui , c'est-à-dire , quand la position est celle que le conducteur et l'aimant tendent à prendre en vertu de leur action mutuelle , et se repoussent quand le pôle austral de l'aimant est à la droite du courant, c'est-à-dire, quand le conducteur et l'aimant sont maintenus dans la position opposée à celle qu'ils tendent à se donner mutuellement. On voit , par l'énoncé même de ces deux résultats , que l'action entre le conducteur et l'aimant est toujours réciproque. C'est cette réciprocité que je me suis d'abord attaché à vérifier, quoiqu'elle me parût assez évidente par elle-même ; il me semble qu'il serait superflu de décrire ici les expériences que j'ai faites pour la constater : il suffit de dire qu'elles ont pleinement réussi.

Les deux modes d'action entre un aimant et un Cl conjonctif, que . je viens d'exposer^en les tmnsi-r*" dérant comme de simples résultats de l'expérience, suffisent pour rendre raison des faits observés par M. OErsted, et pour prévoir ce qui doit arriver dans les cas analogues à l'égard desquels on n'a point encore fait d^cJ»et£âtion. Ils indiquent , par exemple , d'avance tout ce qui doit arriver quand un courant électrique agit sur l'aiguille d'inclinaison. Je n'entrerai dans aucun détail à cet égard , puisque tout ce que je pourrais dire sur ce sujet découle immédiatement des énoncés ,précédens. Je me bornerai à dire qu après avoir déduit seulement le premier résultat général de la note de M. OErsted, j'en déduisis l'explication des phénomènes magnétiques , fondée sur l'existence des courans électriques dans le globe

de la terre et dans les aimans , que cette explication me conduisit au second résultat général , et me suggéra , pour le constater, une expérience qui réussit complètement. Lorsque je la communiquai à M. Arago, il me fît remarquer avec raison que cette attraction entre un aimant et un conducteur électrique placés à angles droits dans la direction où ils tendent à se mettre mutuellement , et celte répulsion , dans la direction opposée, pouvaient seules rendre raison des résultats publiés par l'auteur de la découverte , dans le cas où l'aiguille aimantée étant horizontale on en approche le fil* conducteur d'une pile vol laïque dans une situation verticale, et qu'on pouvait même déduire aisément cette loi , dejtytne des expériences de M. OErsted , celle qu'il énonce ainsi: Posito autem filo ( eu jus extremitas superior electricitatem à termina negativo apparatûs galvanici accipit) è regione puncto infer polum et médium acus sito r occidenlem versàs ogitur.

Car ce mouvement de l'aiguille aimantée , indiqué comme ayant lieu soit que le conducteur se trouve à l'occident ou à l'orient de l'aiguille , est dans le premier cas une attraction , parce que le pôle austral est à la gauche du courant , et dans le second une répulsion , parce qu'il se trouve à droite.

Mais en convenant de la justesse de cette observation , il me semble que la distinction que j'ai faite des deux résultats généraux de l'action mutuelle d'un aimant et d'un fil conducteur n'en devient que plus importante pour expliquer ce qui arrive alors, en montrant que, dans ce cas , c'est tantôt une attraction et tantôt une répulsion , toujours conformément à la loi du second lésultat général

que je viens d'exposer, tandis que , dans l'expérience que M. OErsted énonce immédiatement avant en ces termes : Quando filum conjungens perpendiculare ponitur è regione polo acûs magne ticœ , et extremitas supcriof jili eîectricitatem à termino negativo apparatûs galvanici accipit, polus orientera versus movetur, ce mouvement n'a lieu que pour que l'aiguille aimantée prenne , à 1 egard du conducteur, la direction déterminée par le premier résultat général , avec toutes les circonstances que j'ai comprises dans son énoncé, et en particulier la remarque qui Je termine.

Il me reste à décrire l'instrument avec lequel j'ai constaté l'existence de cette action entre un courant électrique et un aimant , désignée, dans ce qui précède, sous le nom d'action attractive ou répulsive, et -j'en ai observé les effets sans que V action directrice vint les altérer en se combinant avec elle. Cet instrument, représenté pl. 4i fig» 9> est composé d'un pied A^BC dont les bras BEG, BFH supportent le fil conducteur horizontal KL, auprès duquel on suspend une petite aiguille aimantée cylindrique M N, à l'extrémité C de ce pied , au moyvn d'un fil de soie MC, tantôt par son pôle austral et tantôt par son pôle boréal (i).

(i) C'est ici qu'était placée, dans le Me'moire que je lus à l'Académie le 1 8 septembre 1820, la description des iustrumens que je me proposais de faire construire", celle entre autres des conducteurs pfîés en spirale et en hélice; je me procurai la plupart de ces instrumens entre celte séance et celle du 25 septembre, ou je fis l'expérience des attractions et répulsions des courans électriques , sans l'intermède d'au-

La première réflexion que je fis lorsque je voulus chercher les causes des nouveaux phénomènes découverts, par M. QErsted, est que Tordre dans lequel on a découvert deux faits ne faisant rien aux conséquences des analogies qu'ils présentent, nous pouvions supposer qu'avant de savoir que l'aiguille aimantée prend une direction constante du sud au nord , on avait d'abord connu la propriété qu'elle a d'être amenée par un courant électrique dans une situation perpendiculaire à ce couxant, de manière qu'un même pôle de l'aiguille fût toujours porté â gauche du courant , et qu'on découvrit ensuite la propriété qu'elle a de tourner constamment au nord celui de ses pôles qui se portait ainsi à gauche du courant l'idée la plus simple, et celle qui se présenterait immédiatement à celui qui voudrait expliquer celtç direction constante de l'aiguille, ne serait-elle pas d'admettre dans la terre un courant électrique , dans, une direction telle que le nord se trouvât à gauche d'un homme qui, couché sur sa surface pour avoir la face tournée du côté de l'aiguille , recevrait ce courant dans la direction, de ses pieds à sa tête, et d'en conclure qu'il a lieu, de Test à l'ouest, dans une direction perpendiculaire au méridien magnétique ?

Cetie hypothèse devienl d'autant plus probable qu'on fait plus attention à l'ensemble des faits connus; ce courant, s'il existe, doit être comparé à celui que j'ai

cud aimant ; je supprime ici cette description, parce qu'elle se retrouve , soit dans ce que je lus a cette dernière séance et que je Vais, bientôt transcrire , soit dans les antres pas«age<? de ce Mémoire relatifs à l'explication des planches donl il est accompagné.

montré dans la pile agir sur l'aiguille aimantée , comme $e dirigeant de l'extrémité cuivre à l'extrémité ziuc, quand on établissait un conducteur entre elles , et qui aurait lieu de même si , la pile formant une courbe fermée, elles étaient réunies par un couple semblable aux autres : car il n'y a probablement rien dans notre globe qui ressemble à un conducteur continu et homogène; mais les matières diverses dont il est composé «ont précisément dans le cas d'une pile voltaïque formée d'élémens disposés au hasard, et qui, revenant sur ellemême , formerait comme une ceinture continue tout autour de la terre. Des élémens ainsi disposés donnent moins d énergie électrique sans doute que s'ils l'étaient dans un ordre périodiquement régulier ; mais il faudrait qu'ils fussent arrangés à dessein pour que, dans une série de substances différentes formant une courbe fermée autour de la terre, il n'y eût pas de courant dans un sens ou dans l'autre. Il se trouve que , d'après l'arrangement des substances de la terre , ce Courant a lieu de l'est à l'ouest, et qu'il dirige par-tout l'aiguille aimantée perpendiculairement à sa propre direction. Cette direction trace ainsi sur la terre un parallèle magnétique , de manière que le pôle de l'aiguille qui doit être à gauche du courant se trouve par-là constamment porté vers le nord , et l'aiguille dirigée suivant le. méridien magnétique. Je ferai remarquer, à ce sujet , que les effets produits par les piles de la construction anglaise, où l'on brûle un fil fin de métal même avec une seule paire dont le zinc et le cuivre plongent dans un acide, prouvent suffisamment que c'est une supposition trop restreinte de n'admettre l'action électro-motrice qu'entre les métaux ,

el de ne regarder le liquide interposé que comme conducteur. Il y a sans doute action entre deux métaux , Volta Ta démontré de la manière la plus complète ; mais est-ce une raison pour qu'il n'y en ait pas entre eux et d'autres corps , ou entre ceux-ci seulement ? Il y en a probablement dans le contact entre tous les corps qui peuvent conduire plus ou moins l'électricité sous une faible tension ; mais cette action est plus sensible dans les piles composées de métaux et d acides étendus , tant parce qu'il parait que ce sont les substances où elle se développe avec le plus d'énergie , que parce que ce sont celles qui conduisent le mieux l'électricité.

Les divers arrangemens que nous pouvons donner à des corps non métalliques ne sauraient produire une acûon électro-motrice comparable à celle d'une pile voltaïque à disques métalliques séparés alternativement par des liquides, à cause du peu de longueur qu'il nous est. permis de donner à nos appareils ; mais une pile qui ferait le tour de la terre conserverait sans doute quelque intensité lors même qu'elle ne serait pas composée de métaux, et que les élémens en seraient arrangés au hasard ; car sur une si grande longueur, il faudrait , comme je viens de le. dire, que l'arrangement fût fait à dessein pour que les actions dans un sens fussent exactement détruites par

les actions dans l'autre.

Je crois devoir faire observer à ce sujet que des courans électriques dans un même corps ne peuvent être indépendans les uns des autres , à moins qu'ils ne fussent séparés par des substances qui les isoleraient complètement dans toute leur étendue , et encore , dans ce cas-là même , ils devraient influer les uns sur les autres ,

puisque leur action se transmet à travers tous les corps; à plus forte raison lorsqu'ils coexistent dans un globe dont toutes les parties sont continues, doivent-ils se ' diriger tous dans le même sens, suivant la direction que tend à leur donner la réunion de toutes les actions électro-motrices de ce globe. Je suis bien loin , au reste t de croire que ce soit seulement dans ces actions , qne réside la cause des courans électriques qui y sont indiqués par la direction que prend l'aiguille aimantée à chaque point de la surface de la terre;, je crois , au contraire, que la cause principale en est toute différente, comme j aurai occasion de le dire ailleurs; au reste, cette cause, dépendant de la rotation de la terre, donnerait en chaque lieu une direction constante à l'aiguille, ce qui est contraire à l'observation, je regarde donc l'action électro-motrice des substances dont se compose Ja planète que nous habitons , comme se combinant avec cette action géuérale, et expliquant les variations de la déclinaison à mesure que l'oxidation fait des progrès dans Tune ou l'autre région continentale de la terre.

Quant aux variations diurnes, elles s'expliquent aisément par le changement de température alternatif de ces deux régions pendant la durée d'une rotation du globe terrestre, d'autant plus facilement qu'on connaît depuis longtemps l'influence de la température sur l'action électromotrice, influence sur laquelle M. Dessaignes a fait des observations très -intéressantes. Il faut aussi compter parmi les actions électro-motrices des différentes parties delà terre celle des minerais aimantés qu'elle contient, et qui doivent <, d'après mes idées sur la nature de l'aimant T être considérés comme autant de piles vol taïques. L eléva-

lion de température qui a lieu dans les conducteurs des courans électriques doit avoir lieu aussi dans «'ux du globe terrestre. Ne serait-ce pas là la cause de cette chaleur interne constatée récemment par les expériences rapportées, dans une des dernières séances de l'Académie, par un de ses membres dont les travaux sur la chaleur ont fait rentrer celte partie de la physique dans le domaine des Mathématiques ? Et quand on fait attention que cette élévation de température produit , lorsque le courant est assez énergique , une incandescence permanente, accompagnée de la plus vive lumière, sans combustion ni déperdition de substance, ne pourrait-on pas en conclure que les globes opaques ne le sont qu'à cause du peu d'énergie des courans électriques qui s'y établissent , et trouver dans des courans plus actifs la cause de la cha- Jeuretdela lumière des globes qui brillent par eux-mêmes?

On sait qu'on expliquait autrefois par des courans les phénomènes magnétiques, mais on les supposait parallèles à Taxe de l'aimant , situation dans laquelle ils ne pourraient exister sans se croiser et se détruire.

Maintenant, si des courans électriques sont la cause de l'action directrice de la terre, des courans électriques seront aussi. la cause de celle d'un aimant surunautre aimant; d'où il suit qu'un aimant doit être considéré comme un assemblage de courans électriques qui ont lieu dans des plans perpendiculaires à son axe, dirigés de manière que le pôle austral de l'aimant , qui se porte du côté du nord , se trouve à droite de ces courans, puisqu'il est toujours à gauche d'un courant placé hors de l'aimant, et qui lui fait face dans une direction parallèle, ou plutôt ces couràns s établissent d'abord dans l'aimant suivant les courbes fermées

les plus courtes , soit de gauche à droite, soit de droite à gauche, et alors la ligne perpendiculaire aux plans de ces courans devient Taxe de 1 aimant, et ses extrémités en deviennent les pôles. Ainsi , à chacun des pôles d un aimant, les courans électriques dont il se compose sont dirigés suivant des courbes fermées concentriques ; j'ai imité cette disposition autant qu'il était possible avec un courant électrique, en en pliant le fil conducteur en spirale : .cette spirale était formée avec un fil de laiton et terminée par deux portions rectilignes de ce même fil , qui étaient renfermées dans deux tubes de verre (i),afin qu'elles ne communiquassent pas entre elles, et pussent être attachées aux" deux extrémités de la pile.

Suivant le sens dans lequel on fait passer le courant dans une telle spirale , elle est en effet fortement attirée ou repoussée par le pôle d'un aimant qu'on lui présente de manière que la direction de son axe soit perpendiculaire au plan de la spirale , selon que lès courans électriques de la spirale et du pôle de l'aimant sont dans le même sens ou en sens contraire. En remplaçant l'aimant par une autre spirale dont le courant soit dans le même sens que le sien , on a les mêmes attractions et répulsions-, c'est ainsi que j'ai découvert que deux courans électriques s'attirent quand ils ont Heu dans le même sens , et se repoussent dans le cas contraire. .

En remplaçant ensuite , dans l'expérience de l'action mutuelle d'un des pôles d'un aimant et d'un courant dans un fil métallique plié en spirale, cette spirale

(i) J'ai depuis changé cette disposition, comme je le dirai ci-après.

par tin autre aimant, on a encore les mêmes effets, soit en attraction, soit en répulsion, conformément à la loi des phénomènes connus de l'aimant ; il est évident d'ailleurs que toutes les circonstances de ces derniers phénomènes sont une suite nécessaire de la disposition des courans électriques que j'y admets , d'après la manière dont ces courans s'attirent et se repoussent.

J'ai construit un autre appareil où le fil conduct est plié en hélice autour d'un tube de verre^-d après la théorie que je me suis faite de ces sortes^de phénomènes , ce conducteur doit présenter, quand on y fera passer le courant électrique, une actionTsemblable à celle d'une aiguille ou d'un barreau aimanté , dans toutes les circonstances où ceux-ci agissent sur d'autres corps, ou sont mus par le magnétisme terrestre (i). J'ai * déjà observé une partie des effets que j'attendais de l'emploi d'un conducteur plié en hélice , et je ne doute pas que plus on variera les expériences fondées sur l'analogie qn 'établit la théorie entre cet instrument et un barreau aimanté , plus on obtiendra de preuves que l'existence

(i) Quand j'écrivais cela , je ne connaissais pas bien celle des deux actions exercées par une hélice, qui correspond aux projections de ses spires sur son axe , et je croyais qu'on pouvait la négliger , ce qui n'est pas j mais tout ce que je dis ici sera vrai si on l'entend d'une hélice ou Ton ait détruit cette action par un courant rectiligne opposé, établi dans le tube de verre qu'elle entoure de ses spires, en sorte qu'il ne reste plus que l'action qu'exerce chaque spire dans un plan perpendiculaire à l'axe de l'hélice, ainsi que je l'ai expliqué dans le premier paragraphe de ce Mémoire.

des courans électriques dans les aimans est la cause unique de tous les phénomènes magnétiques.

Je ne pus achever la lecture que je fis à l'Académie de ce que je viens de transcrire, que dans la séance du a5- septembre ; je terminai cette lecture par un résumé où je déduisais , des feits qui y étaient exposés , les conclusions suivantes :

i°. Deux courans électriques s'attirent quand ils se meuvent parallèlement dans le même sens; ils repoussent quand ils se meuvent parallèlement en sens contraire.

2°. Il s'ensuit que quand les fils métalliques qu'ils parcourent ne peuvent que tourner dans des plans parallèles , chacun des deux courans tend à amener l'autre • dans une situation où il lui soit parallèle et dirigé dans le même sens»

3°. Ces attractions et répulsions sont absolument différentes des attractions et répulsions électriques ordinaires.

4°. Tous les phénomènes que présente l'action mutuelled'un courant électrique et d'un aimant, découverts par M. OErsted , que j'ai analysés et réduits à deux faits généraux dans un Mémoire précédent, lu à l'Académie Je 18 septembre 1820, rentrent dans la loi d'attraction et de répulsion de deux courans électriques , telle qu'elle vient d'être énoncée, en admettant qu'un aimant n'est qu'un assemblage de courans électriques qui sont produits par une action des particules de l'acier les unes sur les autres analogue à celle des élémens d'une pile vol ta ïque, et qui ont lieu dans des plans perpendiculaires h la ligne qui joint les deux pôles de l'aimant.

5*. Lorsque l'aimant est dans la situation qu'il tend à prendre par l'action du globe terrestre , ces courans sont dirigés dans le sens opposé à celui du mouvement apparent du soleil 5 en sorte que quand on place l'aimant dans la situation contraire, afin que ceux de ses pôles qui regardent les pôles de la terre soient de même espèce queux , les mêmes courans se trouvent dans le sens du mouvement apparent du soleil.

6°. Les phénomènes conuus qu'on observe lorsque deux aimans agissent L'un sur l'autre rentrent dans la même loi.

7°. Il en esl de même de l'action que le globe terrestre exerce sur un aimant, en y admettant des courans «électriques dans des plans perpendiculaires à la direction 4e l'aiguille d'inclinaison , et qui se meuvent de Test à l'ouest, au-dessous de cette direction.

8°. II n'y a rien de plus à l'un des pôles d'un aimant qu'à l'autre^ la seule différence qu'il y ait entre eux est que l'un se trouve à gauche et l'autre à droite des courans électriques qui donnent à l'acier les propriétés magnétiques.

9°» Lorsque Volta eut prouvé que les deux électricités, positive et négative, des deux extrémités de là pile s'attiraient et se repoussaient d'après les mêmes lois que les deux électricités produites par les moyens connus avant lui , il n'avait pas pour cela démontré complètement l'identité des fluides mis e» action par la pile et par le frottement ; mais cette identité le fut , autant qu'on* vérité physique peut l'être , lorsqu'il montra que deux corps, dont l'un était électrisé par le contact des métaux, et l'autre par le frottement, agissaient l'un sur l'autre,

dans toutes les circonstances, comme s'ils avaient été tous les deux électrisés avec la pile ou avec la machine électrique ordinaire. Le même genre de preuves se trouve ici à 1 égard de l'identité des attractions et répulsions des courans électriques et des aimans. Je viens de montrer à l'Académie l'action mutuelle de deux courans ; les phénomènes anciennement connus relativement à celle de «deux aimans rentrent dans la même loi ; en partant de cette similitude, on prouverait seulement que les fluides électriques et magnétiques sont soumis aux mêmes lois, comme on l'admet depuis long-temps , et le seul changement à faire à la théorie ordinaire de l'aimantation serait d'admettre que les attractions et répulsions magnétiques ne doivent pas être assimilées à celles qui résultent de la tension électrique, mais à celles que j'ai observées entre deux courans. Les expériences de M. OErsted , où un courant électrique produk eeewe les mêmes effets sur un aimaut , prouvent de plus que ce sont les mêmes fluides qui agissent dans les deux cas.

Dans la séance du 9 octobre , j'insistai de nouveau sut cette identité de l'électricité et de la cause des phénomènes magnétiques, en montrant que l'aimant ne jouit des propriétés qui le caractérise que parce qu'il se trouve, dans les plans perpendiculaires à la ligne qui en joint les pôles, la même disposition d'électricité qui existe dans le conducteur par lequel on fait communiquer les deux extrémités d'une pile voltaïque; disposition que j'ai désignée sous le nom de courant électrique, tout en insistant, dans les Mémoires que j'ai lus à l'Académie , sur * ce que l'identité des parallèles magnétiques et des conducteurs d'une pile de Volta, que j'avais surtout en vue

d établir, était indépendante de l'idée, quelle qu'elle fût, qu'on se faisait de cette disposition électrique.

Pour mettre dans tout son jour l'identité des courans des conducteurs voltaïques et de ceux que j'admets dans les aimans , je me suis procuré deux petites aiguilles fortement aimantées, garnies au milieu d'un double crochet en laiton , portant une flèche qui indique la direction du courant de l'aimant ; j'ai fait représenter une de ces aiguilles de face, et l'autre de champ, à côté de la figure i rc . ab est l'aiguille, cd le double crochet, ef la flèche. Au moyen du double crochet, ces aiguilles s'adaptent t quand on veut les y placer, sur les conduo teurs AB, CD (fig. i), dans une situation où la ligne qui joint leurs pôles est verticale , et où leurs courans, toujours parallèles aux conducteurs, sont à volonté dirigés dans le même sens ou dans des sens opposés. Voici l'usage de ces aiguilles : après avoir produit les attractions et répulsions entre les conducteurs AB,£D, en faisant' passer dans tous deux le courant électrique , on ne le fait plus passer que dans l'un des deux, et on place sur l'autre une des aiguilles aimantées dans la situation que je viens d'indiquer, de manière que le courant que j'admets dans l'aiguille soit d'abord dans le même sens que celui qui avait lieu auparavant dans le conducteur auquel elle est adaptée ; on voit alors que le phénomène d'attraction ou de répulsion , qu'offraient d'abord les deux conducteurs, continue d'avoir lieu en vertu de ce que j'ai nommé Y action attractive ou répulsive au commencement de ce paragraphe-, on place ensuite la même - aiguille de manière que son courant soit dirigé en sens contraire , et on obtient le phénomène inverse , en vertu.

de la même action , précisément comme si on avait changé la direction du courant que cette aiguille remplace , en faisant communiquer, dans un ordre opposé à celui qui avait d'abord été établi,, les deux extrémités de la pile avec celles du, conducteur de ce courant.

Enfin, en ne faisant plus passer de courant électrique dans aucun des deux conducteurs . et en plaçant sur chacun une aiguille aimantée toujours dans la même situation verticale où son axe fait un angle droit avec le conducteur qui la porte, pour que ses courans continuent d'être parallèles à ce conducteur, on a de nouveau , d'après 1 action connue de deux aimans l'un sur l'autre , le» mêmes attractions et répulsions que quand des courans étaient établis dans les deux conducteurs, lorsque les courans des aiguilles sont tous deux dans le même sens, ou tous deux en sens contraire, relativement aux courans électriques qu'ils remplacent, et des phénomènes inverses quand l'un est dans le même sens et l'autre dans le sens opposé ; le tout conformément à la théorie fondée sur l'identité des courans de l'aimant et de ceux qu'on produit avec la pile de Volta.

On peut aussi vérifier cette identité dans l'instrument représenté 6g. a. En remplaçant le conducteur fixe AB par un barreau aimanté situé horizontalement dans une direction perpendiculaire à celle de ce conducteur, et de manière que les courans de cet aimant soient dans le même sens que le courant électrique établi d'abord dans le conducteur fixe , on ne fait plus alors passer le courant que dans le conducteur mobile , et on voit que celui-ci tourne par l'action de 1 aimant précisément comme il le faisait dans l'expérience où le courant était établi dans les deux conducteurs, et où il n'y avait point

<1e barreau aimanté. C'est pour attacher ce barreau , que j'ai fait joindre à cet appareil le support XY, terminé en Y par la boite Z ouverte aux deux bouts où l'on» fixe l'aimant dans la position que je viens (l'expliquer au moyen de la vis de .pression V.

Quant à l'appareil représenté* pl. 5, fig. n , on voit par cette figure que les moyens de communication avec les extrémités de la pile , et le mode de suspension du conducteur mobile, étant à-peu-près les mêmes que dans celui qui est représenté dans la fig. i re , ces deux instrumens ne diffèrent qu'en ce que, dans celui de la fig. 1 1 , les deux conducteurs A, B sont plies en spirale, et le conducteur mobile B suspendu à un tube de verre vertical CD. Ce tube est terminé inférieu rement au centre de la spirale que forme ce conducteur, et reçoit dans son intérieur le prolongement du fil de laiton de cette spirale ; ce prolongement arrivé en D, au haut du tube , y est soudé à la boîte de cuivre JE 1 , qui porte le tube de cuivre V • où entre à frottement le contre-poids H, et une pointe d'acier L qu'on plonge dans le globule de mercure de la chape Y, tandis que l'autre extrémité du même fil de laiton, après avoir entouré le tube CD en forme d'hélice, vient se souder à la boîte de cuivre D, à laquelle s'attache l'autre pointe d'acier K destioée à être plongée aussi dans un globule de mercure placé dans la chape X. Ces deux chapes sont d'acier, afin de n'être point endommagées par le mercure; les pointes reposent sur leur su i (ace concave comme dans l'instrument représenté fig. i.

Ce serait ici le lieu de parler d'un autre genre d'ac«* tîon descourans électriques sur l'acier, celle par laquelle ils lui communiquent les propriétés, magnétiques , et de montrer que toutes les circonstances de cette action,

dont nous devons la connaissance k M. Arago , sont atf-* tant de preuves de la théorie exposée dans ce Mémoire relativement à la nature électrique de l'aimant; théorie dont il me semble qu'on peut dire que ces preuves complètent la démonstration. J'aurais aussi , pour ne rien omettre de ce qui est connu sur l'action mutuelle des fils conjonctifs et des aimans, à parler d'expériences très-intéressantes communiquées à l'Académie dans un Mémoire qu'un physicien plein de sagacité, M. Boisgiraud , a lu dans la séance du 9 octobre 1820.* 'Une de ces expériences ne laisse aucun doute sur un point important de la théorie de l'action mutuelle d'un fil conducteur et d'un, aimant, en prouvant que cette action a lieu entre ce conducteur et toutes les tranches perpendiculaires à la ligne qui joint les deux pôles du petit aimant soumis à son action, sans se développer avec une plus grande énergie sur les pôles de cet aimant , comme il arrive lorsqu'on observe l'action que les divers points de la longueur d'un barreau aimanté exercent sur une petite aiguille. Mais les découvertes de M. Arago ont été exposées par lui-même dans les Annales de Cldmie et de Physique ( t. xv, p. 93-102), et j'aurai occasion , dans le Mémoire suivant (1), de parler des expériences de M. Boisgiraud, et d'en déduire les conséquences qui découlent naturellement des faits qu'il a observés.

(ij Comme ce que j'ai à dire sur l'action mutuelle de deux aimans se oompose bien moins de faits nouveaux que de calculs par lesquels on ramène cette action a celle de deux courans électriques , fai cru devoir renvoyer à ce second Mémoire, le paragraphe où je me proposais d'examiner dan* celui-ci les lois suivant lesquelles ellè s'exerce , et de montrer que ces lois sont une suite nécessaire de la cause que je lui ai assignée dans les conclusions que j'ai lues à l'Académie le a5 septembre dernier.

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