JE TE REMETS CECI... PAR ERREUR
T'en souvient-il, parmi ma collection sèche, Je fus pris du désir d'aller herboriser...
Tout près de moi voyant une rose si fraîche, ... Je cueillis... un baiser
Par erreur! — Et parmi toutes mes fleurs sans vie. Tout près de moi je crus (par erreur!) aviser Une rose vivante et belle... j'eus envie, ... D'y cueillir un baiser
Par erreur ! Oh ! c'était une charmante rose Sans épine; un joyau dont on ne peut causer Ou'en la langue des Dieux, en vers... jamais en prose; Un joyau que l'on doit baiser
Par erreur ! . . . —
Lorsqu'on a fini de lire un livre, Qui sut par ses attraits, ses charmes, vous griser. Il en reste un parfum divin qui vous enivre... C'en est de même d'un baiser!...
Certes, il est bref l'instant, cet instant plein de joie, Où la lèvre tendue attend pour déposer Sur un minois, au teint de velours et de soie Un rapide et furtif baiser!...
Par erreur ! —
Mais l'instant dure dans la mémoire; Il dure bien longtemps, pour qui sait le priser ; A moi, ce court moment inspire ce grimoire...
Le souvenir... c'est le baiser!
Mais il est temps ici de cesser mon poème :
Et si l'instant te fut — j'ose le supposer! — Aussi doux de moitié seulement qu'à moi-même, Je dirai : « Vive le baiser ! » —
Ou plutôt... non! voici ce que je voulais dire. Ma chère! Lorsqu'un livre a su m'électriser, Pourquoi ne dois-je point le lire et le relire...
Ainsi ! « Revive le baiser !
Revive cent fois le baiser ! »
linixcllcs, le 22 décembre iSyi.