‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 2)Chapitre 49 sur 66 · AVEC UN BOUQUET DE FLEURS DES DUNES · texte numérisé non relu

AVEC UN BOUQUET DE FLEURS DES DUNES

Les dunes ne sont rien que des sables mouvants ; Leurs formes sont des plis que la brise y dessine, Et chacun de leurs grains est le jouet des vents. Et pourtant, dans ce sol qui fuit sous la racine, L'herbe trouve moyen de se fixer : les fleurs. Tremblantes au sommet des pédoncules frêles, Étalent au soleil leurs riantes couleurs; Et l'air, tout alentour, est embaumé par elles.

La vie aussi n'est rien que sable ; les instants

En sont comme les grains; et ces grains disparaissent

Entraînés, balayés, sous le souffle du temps.

Mais sur ce sol mouvant, de loin en loin, se dressent

— Rayonnants, répandant autour d'eux leurs senteurs

Suaves, dominant la surface commune

Et sachant élever leur front vers les hauteurs —

Ceux qui sont, comme vous, les fleurs de cette dune.

Nieuport, août 1879.

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