FRAGMENTS
L'Univi-rsité de Bruxelles est-elle une machine politique? *
Chacun voudrait bien la faire servir à ses petits desseins ambitieux, chacun voudrait y subordonner renseignement à sa petite chapelle philosophique, y voir prêcher ses petits dogmes politiques. L* Université libre, qui n'a qu'une seule devise : libre examen, ne peut pas plus accepter un dogme politique qu'un dogme religieux, et rintolérance libérale nt^ lui serait pas beaucoup moins funeste que Tintolérance cléricale.
On reproche à juste titre à Louvain d'infester son enseignement de préoccupations dogmatiques, d^avoir constamment sous la pensée scientifique des arrière* pensées religieuses et de faire de la science, non pas pour la science mais pour la théologie. Bruxelles ne doit pas s'exposer à des reproches semblables. Ses professeurs doivent y expliquer en toute liberté les termes de tous les problèmes, ils peuvent y ajouter leur solution personnelle, s'ils le veulent : mais ils
* Cet article et le suivant ne mmt que des canevas que noui jugeuns cepen^ dant asse^ intéressants pour être publiés»
n'en doivent imposer aucune. Le haut enseignement a pour but de donner à chacun les faits d'observations et, plus que cela, la méthode de penser et de raisonner : mais elle ne doit pas fournir aux élèves des solutions toutes faites et des catéchismes politiques.
Il doit donner les chiffres et laisser à chacun le soin de faire l'addition. Les convictions, pour être fortes et sérieuses, doivent être le résultat du travail personnel de l'élève; toute conviction imposée n'est plus une conviction : c'est un dogme.
On a parlé aussi de faire signer aux élèves, à leur entrée à l'Université de Bruxelles, une sorte de profession de foi. Est-ce là la tolérance, l'amour de la liberté? Est-ce ainsi qu'on prétend rallier aux idées libérales de nouvelles recrues? — C'est là une proposition absurde, une véritable insanité.
Bref, le libéralisme, les idées progressistes et démocratiques doivent être un effet de l'enseignement universitaire, elles ne doivent jamais être un but.
Ce qui manque a nos Universités
Rappeler l'anecdote de Freiheit, Elire U7id Geld *. La liberté existant ici à suffisance, c'est l'honneur et l'argent qui doivent faire défaut.
Dans l'estime publique, les chercheurs désintéressés n'occupent pas assez de place. On n'a de respect que pour ceux qui s'enrichissent, non pour ceux qui enrichissent l'esprit humain. — Ce que la presse pourrait
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faire en cela. — Puis il faut donner dans Penseignement universitaire plus de place à la recherche originale, au travail personnel, *
Rétablissement de la thèse obligatoire dans les doctorats scientifiques.—^ Nécessité des études superflues. Guerre à raméricanisme.
Mais pour réaliser ces deux desiderata, il n'y a qu'un moyen efficace : organiser plus complètement les laboratoires, et mieux payer les professeurs. Pour inspirer le respect et être en droit d'exiger beaucoup d'abnégation de la part des professeurs, rien de tel que d*en faire des personnages en les payant mieux. On n'en imposera à une époque mercantile qu'en relevant financièrement ceux qui représentent l'antipode du mercantilisme, l'amour désintéressé de la science et de l'art.
Les Allemands l'ont bien compris et certainement l'un des facteurs essentiels de leur prospérité universitaire, c'^est la libéralité avec laquelle l'Allemagne, pays pauvre cependant, donne les fonds nécessaires pour les écoles, les universités, les laboratoires, les professeurs- Et le maître d'école a vaincu à Sadowa. — Montrer par chiffres que les universités et leurs professeurs sont mal payés en Belgique, Comparer à d ^autres pays
L'enseignement obligatoire, la paix scolaire, comme bases nécessaires du respect général pour les hommes de science et d'enseignement.
Et où trouver les fonds pour doter T Enseignement supérieur? En réformant les abus du fonctionnarisme.
* Voir : Lf ràU du Lat&ratoin da/ts la icùm^ Biograpkiis it Pédd^ogie^ du présent RecueiL
tHifdetttf^ dans le volume