CORSA PE DRE COM PILANTNERE DUN CEHIMISTE
Oh ! ces précipités de chimie organique, Sans cesse reformés, sans cesse redissous !
Malgré leur air candide et leur blanche tunique,
Méfiez-vous ! Le noir Carbone est au-dessous.
Dans nos matras, remplis de merveilleux breuvages, Verrons-nous, sans répit, virer le tournesol ? Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux... lavages,
Sentirons-nous toujours se dérober le sol!
Rien n'y fait! Filtre-t-on cette infernale engeance, Le corps qu’on veut saisir fuit le précipité! Vous en dites du mal : 1l le fait par vengeance;
Vous en dites du bien : c’est par humilité !
Il vous garde toujours l’une ou l’autre surprise Au fond du sac; il est changeant à l'infini.
Je laisse refroidir : 1l se polymérise,;
Je ne refroidis pas : 1l s’oxyde et brunit!
Pourtant j'arrive enfin au bout de la corvée, Et j'obtiens la substance... Est-ce fini? Mais non! Il faut lui procurer, comme à l'enfant trouvée,
Un poids moléculaire, une famille, un nom!
En vain je feuilletai Liebig et Poggendorff — e En vain, toujours en vain, le gros Wurtz y passa : — Sans couleur, sans odeur, sans goût, de forme amorphe,
D'aspect douteux : — va-t'en caractériser ça!
Oxygène, Hydrogène, âmes pures et bonnes, Chers gaz, nés pour l’azur et non point pour l’humus, Pauvres forçats rivés aux chaînes de Carbones
Je vous plains — Mais plaignons le Chimiste encor plus!
Laboratoire de Hoppe-Seyler, à Strasbourg, le 10 février 1882.