FRAGMENT
J'étais à ma fenêtre. Un vent frais et léger Faisait frissonner le feuillage ;
Dans l’herbe, les grillons ne cessaient d'échanger Leur monotone babillage ;
Mais l’insecte des champs et les arbres touffus Perdus dans la Nature immense
Ne produisaient qu'un bruit faible, qu’un bruit confus,
Oui meurt et recommence !...
J'étais à ma fenêtre : et tels les sons divers Mêlaient leurs notes presque éteintes
Tels les jaunes-épis, le-ciel bleu, lespréswes Le bois sombre mêlaient leurs teintes !
Dans ce vaste théâtre et chez ses gais chanteurs, La paix règne, le calme plane,
Et le zéphyr cueillant les dernières senteurs
Me jette ce qu'il glane!
J'étais à ma fenêtre... et la voûte des cieux, Veuve de l’astre de lumière,
S’assombrissait ! Là-haut dans l’éther spacieux Vénus scintillait la première !
L'étoile de l'amour, des belles nuits d’été La mystérieuse compagne,
Verse sa langoureuse et tremblante clarté
Sur toute la campagne.
BaSemble dire à tous: O!vous, êtres épars, Tournez les yeux vers mon front pâle :
Phpremière je viens, la dernière je pars.
Ux
JE TE REÉMETS CECI. PARPERREMIS
T’en souvient-1l, parmi ma collection sèche, Je fus pris durdésir! d’allèr Rerboriser® Tout près de moi voyant une rose si fraîche,
0e Cueillis/ untbaiser
Par erreur! — Et parmi toutes mes fleurs sans vie, Tout près de moi je crus (par erreur!) aviser Une rose vivante et belle... j’eus envie,
.. Dycuetllir unwbaiser
Par erreur ! Oh! c'était une charmante rose Sans épine; un joyau dont on ne peut causer Qu'en la languc des Dieux, en vers... jamais en prose;
Un joyau que l’on doit baiser
Par erreur !... —
Lorsqu'on a fini de lire un livre, Qui sut par ses attraits, ses charmes, vous griser, Il en reste un parfum divin qui vous enivre….
C’'en est de même d’un baiser!
Certes, 1l est bref l'instant, cet instant plein de joie, Où la lèvre tendue attend pour déposer Sur un minois, au teint de velours et de soie
Un rapide et furtif baiser!
Par erreur! —
Mais l'instant dure dans la mémoire: Il dure bien longtemps, pour qui sait le priser; À moi, ce court moment inspire ce grimoire…
Le souvenir... c’est le baiser!
Mais 1l est temps 1c1 de cesser mon poème :
Et si l'instant te fut — j'ose Le supposer! — Aussi doux de moitié seulement qu'à moi-même,
JE dirai : « Vive le baiser ! » —
Ou plutôt... non! voici ce que je voulais dire, Ma chère! Lorsqu'un livre a su m'électriser,
Pourquoi ne dois-je point le lire et le relire...
Ainsi! « Reuve le baiser!
Revive cent fois le baiser! »
Bruxelles, le 22 décembre 1873.
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