MAS POUR DES NOCES D'ARGENT
S1 pour chanter la fête en rythmes poétiques Je lève au nom de tous et mon verre et ma voix, C’est que des nœuds nouveaux et des liens antiques
M'y font participer deux fois.
Sans doute, ce n’est pas une chose facile D’écrire sur commande en un pareil moment; Maus 1c1 tout va bien et ma lyre docile
Vibre déjà spontanément.
Puisque pour célébrer l’union, la constance Oui depuis vingt-cinq ans ont poursuivi leur cours, Je n’ai qu’à revêtir de vers de circonstance
Nos sentiments de tous les jours!
Vingt-cinq ans! C’est un grand morceau de vie humaine! Mais combien tôt pourtant vingt-cinq ans passent-1ls, Quand le bonheur sourit, quand c’est l’amour qui mène
Deux cœurs tendrement assortis.
Car vous avez goûté tous les bonheurs qu’on goûte Sans qu’un devoir restât jamais inaccompli, Et vous pouvez vous dire, en mesurant la route :
Ce quart de siècle est bien rempli!
Et tenez! ces objets dont on vous fait hommage, Dont les amis vous ont comblés de tous côtés,
Semblent réaliser une parfaite image
la déterque vous tetes
De même que les fleurs aux couleurs radieuses, Des vases précieux vont partout émergeant, La vie est pleine encor de promesses Joyeuses
Au sortir des noces d'argent!
Oui! tandis que pour vous le souvenir décore Tout le passé de tons brillants et triomphants, Un avenir bien doux vient vous sourire encore
Dans les yeux des petits-enfants.
En les voyant, l’âme est rajeunie et ravie, On sent que les bonheurs ne sont pas épuisés Quand les petits enfants enguirlandent la vie
De sourires et de baisers!
Unissons dans nos vœux l’âge mür et l’enfance, Songeons aux jours heureux qu’encor vous méritez. Et c’est le cœur rempli d'amour et d'espérance
Que nous buvons à vos santés !
Le 3 novembre 1889.
ID
RÉPONSE À UN 'CADEMU
Après mon examen de Doctorat, Me ** m'a fait hommage d'une vitrine de papillons plus ou moins exotiques; deux jours plus
lard elle devait venir ici avec sa nièce.
Les papillons sont des docteurs, Docteurs ès-nectars, ès-senteurs !
Et bien doctes, car 1ls connaissent Tous les recoins où les fleurs naissent.
À l'oreille des boutons frais,
Ils disent de douces paroles
Et savent les chemins secrets
Qui mènent au cœur... des corolles.
Les papillons sont des docteurs.
Les docteurs sont des papillons Quelquefois. Car nous ne brillons Pas tous par de graves lunettes.
Parfois nous contons des sornettes, Croyez-moi, de toute couleur.
Nous aimons parfois le nectaire… N'oubliez pas, lundi, la fleur
Qui brille dans votre parterre.
Les docteurs sont des papillons.
Vivier d'Oye, août 1879