‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 3)Chapitre 45 sur 60 · LAMARTINE · texte numérisé non relu

LAMARTINE

Ne vous étonnez pas si je vous fais des vers

Et n'allez pas surtout le prendre de travers. Mais, quand on est piqué du saint enthousiasme, Il n’est n1 sinapisme, hélas! n1 cataplasme

Oui vous fasse échapper à ces divins guêpiers

Et qui puisse, une fois que la Muse est pincée, Aux vers (alexandrins) faire rentrer leurs... pieds!

Donc, d’un nouvel Ulysse écoutez l'Odyssée.

Hélas! que j'en ai vu passer d'appartements!

Grands ou petits avec ou sans ameublements, Juchés au haut d’un vieil escalier incommode

Près des combles — le mot est, je crois, à la mode —

D'autres fois au premier étage, ou même au rez- De-chaussée, et tantôt dans une grande rue, Et tantôt tout au fond des coins très retirés.

Parfois propres, souvent couverts de crasse drue!

Serruriers, vitriers, charpentiers, ferblantiers, Chemisiers, cordonniers, boulangers, bijoutiers, Rentiers.. j'ai parcouru les gammes chromatiques Des métiers, visitant et toutes les boutiques,

Et toute la boutique! — et, nouveau juif errant, Tombant d’un vieux réduit dans une maison neuve, D'un petit trou malpropre en un autre plus grand,

Et d’une vieille fille en une jeune veuvel —

Hammmrdes lits de fer, de bois blanc, d'acajou:

Un même, avec dessins bleus d’azur — un bijou! — Et j'ai gravi pas mal d’escaliers!! [Je transpire Rien qu’en songeant combien j'ai fait de tours de spire, Et de tire-bouchons et de colimaçons.

Certaines gens avaient beaucoup de complaisance, Et d’autres pas du tout. Dans certaines maisons On sentait le bien-être, et dans d’autres.

….Paisance !

Les jeunes veuves sont ce qui m’a plu le mieux. L'une d'elles m'a dit, tout en baissant les eux « Ah non! la pension, Monsieur, c’est impossible! Car une jeune veuve est! si vite la cible Des mille dards que la médisance revêt!

Les préjugés, Monsieur!... Les préjugés!!... Vous n'êtes, Certes, pas VENBIS tennis

Ai-je dit qu’elle avait

Passé la quarantaine et portait des lunettes ?

Une madame V..., surtout, m’aimait beaucoup.

Elle aurait, pour m'avoir, diminué le coût

Du loyer; je vis donc, avec un bonheur d'âme,

Que je valais cinq francs aux yeux de cette dame J'ai dit « francs ». En effet, malgré Wilhelm, Bismarck Et Manteuffel, Strasbourg #s{ noch nicht deutsch, -1ch glaube. Le /ranc n’est pas encor détrôné par le #”ark,

Le képr: perce encor malgré la Pichelhaube.

Les costumes;nles noms, les typestet les vos Sont du pur germanique. À chaque instant, je vois La tresse blonde sur la nuque, et non la frange

De cheveux sur le front. Aussi rien n’est étrange

Comme ces cœurs français dans des corps allemands : Monsieur Allgeyer dit qu’il « gérit dant la Vrance! » Monsieur Fischer «drouvait dous les Vranzais jarmants »;

Madame Fuchs attend aussi sa délivrance

Politique s'entend! —

Enfin, bref, j'en aurais Pour quinze pages, si je vous énumérais Les impasses sans jour, les ruelles, les rues, Que, dans ces derniers temps, j'ai cent fois parcourues, Arpentant en tous sens la ville et le faubourg, Guettant, entrant, grimpant !.….

Plüt aux dieux que tu pusses

M'indiquer un logis dans un coin de Strasbourg,

Sans bruit, sans piano, sans enfants et sans .....!

Strasbourg, le 17 octobre 1879.

LES EUSEAUSMTORAMIRES OU

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