‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 3)Chapitre 5 sur 60 · NIX · texte numérisé non relu

NIX

Rien n’est plus beau Que de voir les flocons, aux plus étranges formes, Couvrir un jour d’hiver les Chênes et les Ormes

De leur manteau !

Par cette suite, — Milliards de flocons dont l’azur est ternt — On a la notion de ce qu'est l’Infini,

Le sans-limite !

Dans les forêts L’astre vient découper des dessins fantastiques, Fait naître en un instant mille couleurs magiques

Dans ses reflets!

L'âme est ravie !.… Surtout quand le soleil darde ses rayons d’or !... La neige meurt!... Mourante, elle est plus belle encor

Que dans sa vie !

En moins d’un jour Ces géants des forêts sous la neige blanchissent ; Mais, plus heureux que nous, bientôt ils rajeunissent

Au printemps : 1ls sont vieux et jeunes tour à tour !!

Ecrit à ma fenêtre en regardant le Parc,

le 21 janvier 1873.

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