X.- La CIRCULATION DE LA MATIÈRE ET DE CA Vre
37. — Si nous embrassons d’un coup d’œ1l toute la matière végétale existant dans le monde à un moment donné, nous voyons, par ce qui précède, qu’elle aura une quadruple destinée :
1° Une partie est sans cesse détruite dans les plantes mêmes par leur propre respiration.
2° Une partie sera mangée par les animaux ou
utilisée par eux (nids, constructions humaines, fomers...).
3 Une partie formera des graines ou d’autres organes reproducteurs et perpétuera les espèces végétales.
4° Le reste, enfin, — cadavres et déchets de toute sorte — tombera sur le sol et pourrira peu à peu, grâce à l'intervention des microbes.
38. — Nous pouvons aussi nous servir de ces notions pour écrire l’histoire complète d'une bouchée de pain.
Au moyen de l’eau, des sels minéraux du sol, de l’'anhydride carbonique de l'atmosphère, le blé se nourrit et se développe; le grain mürit; on le moud et, dépouillé du son par le blutage, il constitue la farine ; celle-ci est pétrie avec de l’eau, on la mélange de levain ou de levure, elle fermente, lève, se boursoufle; cette pâte, mise au four et cuite, devient du pain; l’homme le mange, l’assimile, en fabrique ses tissus et ses organes, et en élimine une partie sous forme de déjections. Le corps de l’homme, à son tOub Se consume en. partie. par. sa vie même, se perpétue en partie dans ses enfants et en partie retourne au sol après la mort. Son cadavre comme ses déjections servent de pâture à plusieurs sortes d'animaux, de Champignons et de microbes successifs, jusqu’à ce que, d’écroulement en écroulement, toute cette matière qui a été vivante soit retombée à l’état inorganique, à l’état d’eau, de sels minéraux, d’anhydride carbonique, que de nouvelles plantes vertes assimileront de nouveau.