NE OIE A TL RANSPIRATION
25. — L'eau absorbée par les racines et chargée de petites quantités de sels : nitrates, phosphates, sulfates, etc., qui proviennent du sol, s'élève dans la plante, va du tronc aux branches et arrive jusqu'aux feuilles. Là, elle s'évapore peu à peu dans l'air. Cette perte d’eau qui existe, à un degré plus ou moins marqué, pour tous les organes aériens, reçoit le nom de {ransprration. Les céréales émettent ainsi dans leur période de végétation de quelques mois, 1 à 2 millions de kilogrammes de vapeur d’eau par hectare.
26. — Il en résulte que la plante a sans cesse besoin d’absorber de l’eau pour remplacer celle qui s’évapore; et ce courant de transpiration a pour effet d'amener, de déposer et d’accumuler dans les feuilles les sels puisés dans le sol par les poils radicaux.
LECON II VIT. — LA FORMATION DE LA MATIÈRE VÉGÉTALE 27. — Les matériaux nécessaires à la plante sont
donc l’eau, les éléments des cendres empruntés au sol, le carbone emprunté à l’anhydride carbonique de l’atmosphère, et l’azote qu’elle prend ordinairement au sol à l’état de combinaison, rarement, comme azote gazeux, à l'atmosphère. Elle assimile ces éléments inertes, c’est-à-dire qu’elle en fait sa propre substance, la substance de ses racines, de ses feuilles, de ses tubercules, de ses fleurs, de ses fruits.
28. — On peut rattacher à trois séries principales les multiples composés qui prennent ainsi naissance dans les végétaux :
Les hydrates de carbone, tels que l’amidon, les sucres, la cellulose, qui renferment de 40 à 45 °/, de carbone, 6 à 7°), d'hydrogène et environ 50 °/, d'oxygène.
Les corps gras, c’est-à-dire les huiles et graisses végé- (és reniermant 70 à 78 °, de carbone, II à 13 2/0 d'hydrogène, 10 à 12 °/, d'oxygène.
Les matières albuminoïdes, analogues au blanc d'œuf Où à la viande, qui contiennent de 50 à 55 c/, de carbone, environ 7 °/, d'hydrogène, 22 à 25 °/, d'oxygène BP Houtre, 19 à 19045 d azote, 1/2-à 2 0}, desoufreet,
parfois, du phosphore.
VIDES SR ESEIRATEON
29. — Privée d’air, ou plus exactement d'oxygène, une bougie ne tarde pas à s’éteindre. [l en est de même
des êtres vivants : ils ne continuent à vivre que si de l'oxygène se trouve à leur disposition. Aussi bien que les animaux, toutes les plantes de nos cultures sont soumises à cette loi : l'oxygène est nécessaire à chacun de leurs organes, sous peine d’asphyxie.
30. — Tant que dure la vie, l'oxygène se jette sur les matières organiques de l’animal et de la plante, se combine avec elles, les brüle, les « oxyde », comme on dit. C’est la resprration. Les résultats en sont les mêmes que ceux de la combustion de la bougie. L’oxygène, s’emparant du carbone et de l'hydrogène, soit de la bougie, soit de l'organisme, les transforme en anhydride carbonique ($ 2) et en vapeur d’eau (S 5).
Ainsi, à côté des phénomènes de construction, il y a sans cesse chez les végétaux, comme chez les animaux, des phénomènes de destruction. La vie use le vivant.
EX. — La DESTRUCTION DE LA MATIÈRE VÉCEREES
31. — Une portion de la substance végétale retourne directement à l’atmosphère par l'effet de la respiration. Une autre sert de nourriture aux herbivores, et une partie de ceux-ci, à leur tour, deviennent la proie des carnivores. Par cet enchainement, il est visible que tout le règne animal est formé, en réalité, au moyen de substance végétale. La matière organique du globe vient tout entière des plantes; les animaux ne sont que les parasites des végétaux.
32. — Ceux des végétaux et des animaux qui ne sont pas mangés par les herbivores ou les carnivores, n’en meurent pas moins au bout d’un certain temps. Leurs
cadavres, en tombant sur le sol, y apportent une quantité notable de matière organique; les déjections des animaux, la chute des feuilles, en apportent également. Que deviennent, dans la terre, ces cadavres et ces déchets?
33. — Ils fermentent, se putréfient, se décomposent, c'est-à-dire que, peu à peu, le soufre, le phosphore, l’azote, etc., qui les constituent sont ramenés à l’état de sels inorganiques où minéraux (sulfates, phosphates, sels ammoniacaux et nitrates, etc.) et se mélangent à la terre, tandis que leur carbone, ainsi qu'une partie de leur azote et de leur hydrogène sont rendus à l’air sous forme d’anhydride carbonique, d'azote gazeux et de vapeur d'eau.
34. — On a cru longtemps que ces phénomènes sont inhérents à la matière organique, que, d’elle-même, elle s'écroule et se décompose toujours. Il n’en est rien. Sous l'influence de la lumière et de l’oxygène de l’air, la matière organique peut, il est vrai, se consumer très lentement (DucLraux); mais, à quelques centimètres de profondeur dans le sol, cette oxydation-là ne se fait déjà plus, et les fermentations et putréfactions subsistent seules. Celles-ci sont dues à l'activité d'êtres vivants d’une extrême petitesse, de #icrobes (Amibes, Levures, Bactéries), qui s’attaquent à tous les résidus organiques, s'en nourrissent et les détruisent (SCHWANN, 1837; PAsTEUR, 1857). Sans microbes, les cadavres et les déchets enfouis dans la terre y persisteraient indéfiniment, et notre globe ne serait bientôt qu'une vaste nécropole.
35. — On donne le nom d’humus à la série complexe des produits de décomposition par lesquels passent dans le sol les cadavres et les déchets des animaux et
des plantes, avant d’aboutir, comme derniers termes, à l’état de sels inorganiques, d’eau, d’anhydride carbonique et d'azote libre. Ces produits intermédiaires, les uns neutres, les autres acides, sont généralement bruns ou noirâtres; c’est à leur présence que la terre arable doit en majeure partie sa coloration foncée.
36. — Le mélange intime de l’humus avec les autres constituants du sol (sable, argile, calcaire) est dû en certains endroits, et surtout dans les prairies, à l'intervention des Vers de terre. Ils avalent constamment de la terre prise à une certaine profondeur, ils en extraient les produits encore assimilables pour eux, puis ils la rejettent à la surface du sol, dans un état de trituration extrême, très favorable à la nutrition végétale. La quantité de terre ameublie de la sorte par les Vers, mieux que par la charrue ou par la herse, représente (dans différentes parties de l'Angleterre) environ 2 kilogrammes 1/2 de terre sèche par mètre carré et par an, soit 25,000 kilogrammes par hectare. Le Ver de terre peut devenir par là un des plus précieux auxiliaires de lagriculteur (DARwIN, 1881; WOLLNY, 1890).