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les noms de glairine et de barégine. En langage technique, ce sont des Bactéries sulfuraires ou Sulfobactéries, ainsi nommées parce qu’elles contiennent dans leurs tissus une quantité souvent considérable de granules de soufre. Ces organismes ont fait, dans les dernières années, l’objet d’études extrêmement intéressantes. Diverses expériences ont conduit à l’opinion que les Sulfobactéries respirent en brülant du soufre, comme les êtres ordinaires brülent des composés carbonés. Ce qui semble certain, c’est que le soufre est indispensable à leur développement et qu’il s’oxyde pendant toute leur vie en donnant de l’acide sulfurique; on le retrouve alors dans l’eau ambiante sous forme de sulfate. On comprendrait ainsi comment ces organismes peuvent se multiplier dans des milieux où 1l y a si peu de carbone à leur disposition.
Encore une fois, la chose, en théorie, n’a rien d’impossible. C'est comme si nous chargions le foyer de la locomotive au moyen de soufre, au lieu de charbon. La marche de la machine resterait la même, 1l n’y aurait que le combustible de changé.
L’enchainement des phénomènes que nous avons étudiés jusqu'ici va maintenant nous apparaître dans toute son évidence.
L’être vivant, aussi longtemps qu'il vit, dépense de la force. Cette force, il ne peut la créer : il faut qu'il la tire de quelque part, et il la trouve, au moins en partie, dans la combustion dont il est incessamment le siège. Il brüle des parcelles de sa propre substance, afin d'entretenir les manifestations de sa vie. Ilisacrifie
constamment une portion de la matière dont il est formé. Ainsi, de toute nécessité, la vie use et détruit le vivant.
Nous voilà revenus à notre point de départ et capables d'envisager sous cet autre aspect le rôle de la nutrition. Elle n’est pas seulement nécessaire pour ajouter de nouvelles assises à l'édifice vivant. Nous constatons dès à présent une première brèche, une brèche profonde qui doit se produire sans cesse dans l'organisme pour qu'il vive, et qu’il doit réparer sous peine de mort : c’est la brèche respiratoire.
Il faut donc pour l'être vivant, comme pour la machine, que l’on charge le foyer; la nutrition lui est indispensable non seulement pour qu’il s’accroisse, mais déjà pour qu’il se conserve.