PLANCHE XIII. — FIGURES 1-5. PLANTES GRIMPANTES
planche IV, figures 2-3). Examinons-en de plus près le
fonctionnement chez une Cucurbitacée, la Bryone (Bryoma dioica).
On a représenté à la figure 1 un rameau de cette
plante muni de plusieurs vrilles. L'une d’elles n’a ren-
contré aucun support et finira par s’enrouler inutile-
ment en spirale. Deux autres se sont enroulées autour d’une branche ligneuse, l’une dans le sens direct,.du mouvement des aiguilles d’une montre, l’autre dans le sens inverse. Chez deux autres, on constate, outre l’enroulement de la portion terminale, la torsion en tire-bouchon de la base des vrilles. Enfin, une baguette a été mise en contact avec la vrille la plus jeune (à droite) : les figures 2 à 4 nous montrent, à une échelle plus grande, la marche de cette expérience.
De même que pour les plantes volubles, 1l faut d’abord tenir compte 1c1 de la croissance de l'organe. En second lieu, l’allongement ne se faisant pas d’une manière uniforme sur toutes les faces longitudinales de la vrille, 1l en résulte pour celle-ci une courbure (nutation), provoquée par le jeu de ses forces internes; comme la ligne d’allongenient maximum se déplace tout autour de son axe, elle exécute ainsi une nutation révolutive ou circummnutation. L'’extrémité de la vrille s’infléchit donc successivement en tous sens et balaie l’espace environnant, ce qui multiplie ses chances de rencontrer un support.
Un troisième facteur intervient d’une façon essentielle : la sensibilité au contact ou haptotropisme. Une vrille se courbe vers tout objet qui frotte contre elle, parce que la croissance de la face touchée est ralentie ; si le contact se prolonge, elle arrive donc bientôt à enlacer étroitement l’objet étranger (figures 3 et 4).
On voit que le mouvement des vrilles, qui offre en apparence quelque analogie avec celui des tiges volubles, en diffère en ce qu’il est tout à fait indépendant du géotropisme. Aussi, l’enroulement de la vrille se fait-1l indifféremment de bas en haut ou de haut en bas, et quelle que soit la direction du tuteur.
Dès que la vrille a touché un support, l'excitation se
propage à la fois vers son extrémité libre qui s’enroule graduellement par de nouveaux tours de spire, et vers sa base qui ne peut s’enrouler autour du support, mais se contracte en hélice (figure 5). Sous peine d’arracher la vrille à son attache, cette hélice ne peut avoir tous ses tours dirigés dans le même sens et 1l se produit, de place en place, des points d’inversion (1), visibles dans les figures 1 et 5. Il ne s’agit pas dans cette inversion d’une adaptation physiologique spéciale : c’est une simple conséquence mécanique, qui se produit tout aussi bien dans un ressort en caoutchouc qu’on laisse se contracter en fixant ses deux bouts.
La torsion hélicoïdale de la base de la vrille a pour effet d'exercer une traction sur la tige, tout en lui laissant un certain jeu. La plante est ainsi fixée de tous côtés par ses vrilles, comme un navire est attaché par ses amartes.