‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 4)Chapitre 57 sur 76 · EXPEICATION DE LA PLANCHE XIII · texte numérisé non relu

EXPEICATION DE LA PLANCHE XIII

FIGURE 1 (3/4). — Rameau de Bryonia dioica, accroché au moyen de ses vrilles. L'une de celles-ci s’est enroulée en sens direct, une autre en sens inverse de la rotation des aiguilles d’une montre. Deux vrilles plus âgées présentent, vers leur base, une contraction en hélice avec point d’inversion. Une vrille plus jeune, dont l'extrémité est incurvée, n’a pas saisi de support. Enfin, la plus proche du sommet a été mise en contact avec une baguette de bois : c’est à cette même vrille que se rapportent les figures 2 à 4.

(1) Nous appelons point d'inversion l'endroit où la rotation d’un organe végétal passe du sens direct au sens inverse. Ce terme nous paraît préférable à celui de « point de rebroussement » qui a déjà, en géométrie, une signification différente.

Ficure 2 (2/1). — La vrille supérieure de la figure 1, mise en contact avec une baguette de bois, à 4 heures.

FicurEe 3 (2/1). — La mème vrille, à 4 heures 15. L'extrémité s'est recourbée au point de contact.

Ficure 4 (2/1). — La même vrille, à 6 heures 5. Ella accompli un tour entier.

FiGure 5 (2/1). — Une vrille âgée de Bryonia dioica dont l'extrémité s’est enroulée autour d’une baguette en sens direct, et dont la partie inférieure s’est contractée en hélice avec un point d’inversion.

FiGure 6 (1/1). — Tige d’une plante en pot de Phaseolus multiflorus enroulée autour de son tuteur, qui a été retournée la pointe en bas. Le renflement moteur de la feuille la plus âgée est bien visible.

FiGurE 7 (1/1). — Le même spécimen de Phaseolus, après quarante heures d'expérience : les tours de spire les plus jeunes se sont détachés, puis enroulés de nouveau autour du tuteur, de bas en haut — Cette expérience montre l'importance du géotropisme négatif dans l’enroulement des plantes volubles. Toutes les feuilles se sont également relevées par la courbure géotropique de leurs renflements moteurs.

PEANCENEMNIN MOUVEMENTS FOLIAIRES ET FLORAUX — SENSITIVE

Les organes des végétaux accomplissent encore d’autres mouvements que ceux dont 1l vient d’être question (géotropisme, héliotropisme, haptotropisme) et qui dépendent de l'influence unilatérale des agents extérieurs. Tel est le cas pour les mouvements dits de veille et de sommeil, pour les mouvements de la Sensitive et de divers organes floraux auxquels la planche XIV est consacrée.

Beaucoup de fleurs s'ouvrent ou se ferment suivant Hntensitende Mlarchaleur et de la lumière qu'elles reçoivent. C’est ainsi qu'il suffit de transporter des fleurs de Tulipa ou de Crocus dans un espace chauffé pour provoquer leur épanouissement en quelques minutes. Et le passage d’un nuage sur le soleil peut déjà amener la fermeture des fleurs d’Erythronium et des capitules de certaines Composées.

Ces mouvements s’exécutent par une croissance inégale des deux faces des pétales et ne sont possibles qu'aussi longtemps que dure la croissance. Un grand nombre de feuilles se conduisent de même : Balsaminacées, Convolvulacées, diverses Solanacées, etc. Ici encore, la courbure est liée à la croissance et se fait par son intermédiaire.

Mais il en est autrement pour les feuilles pourvues de renflements moteurs : on en voit surtout parmi les Léguminées et les Oxalidacées. Ces feuilles articulées sont tout spécialement adaptées à l’accomplissement des mouvements de veille et de sommeil. Nous

avons déjà signalé chez le Phaseolus (planche XIII) les renflements moteurs de la base du pétiole général et de chacune des folioles. Il en existe de pareils chez l’'Oxahs (planche XIV, figures 1 et 2) et chez le Mimosa (figures 5 et 6). Ces renflements se caractérisent d'ordinaire par la réunion des faisceaux vers l’axe et le développement considérable du parenchyme, siège de la turgescence.

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