‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 4)Chapitre 59 sur 76 · PLANCHE XIV.— FIGURES 5-6. MOUVEMENTS DES FEUILLES DE MIMOSA PUDICA · texte numérisé non relu

PLANCHE XIV.— FIGURES 5-6. MOUVEMENTS DES FEUILLES DE MIMOSA PUDICA

À la suite d’un choc, même léger, tous ces renflements moteurs entrent en action : les folioles se relèvent et s'appliquent l’une contre l’autre, les pétioles secondaires se rapprochent latéralement, le pétiole primaire s’infléchit vers le bas, faisant décrire un trajet consi-

dérable à la feuille tout entière (figure 6). C’est par une expulsion d’eau de l’une des faces des renflements moteurs et par la diminution de volume qui en résulte que le mouvement s'explique. De plus, l’excitation se transmet de proche en proche et peut même se communiquer d’un bout à l’autre de la plante, probablement par l’intermédiaire de grandes cellules à mucilage situées dans le liber (HABERLANDT). Après quelques minutes, la feuille se relève, les folioles s’étalent et ont repris leur situation normale.

Les mouvements que les organes floraux exécutent sous l’influence d’un contact sont en rapport avec la fécondation : ils sont provoqués, dans les conditions naturelles, par les visites des Insectes. Les étamines des Cynarées (Centaurea, etc.) et du Cichorium Intybus, les stigmates de Mimulus, les étamines de Mahonia et de Berberis en sont des exemples bien connus. C’est le dernier de ces cas que nos figures 3 et 4 représentent.

La fleur de l’Épine-vinette (Berberis vulgaris, figure 3) est formée généralement de verticilles trimères : deux externes, jaune verdâtre, constituent le calice; les deux suivants, dont les pièces, d’un beau jaune, sont munies à la base de deux glandes nectarifères, charnues, orangées, représentent la corolle; puis viennent deux verticilles d’étamines. Chacune de celles-ci est par conséquent opposée à l’un des pétales et placée entre deux glandes nectarifères; les anthères s'ouvrent sur le côté au moyen de deux petits clapets. Le gynécée, au centre, est réduit à un seul carpelle, à style presque nul, à stigmate en forme de disque.

Le nectar s’accumule autour de la base de l'ovaire. En venant butiner, les Insectes touchent donc la face interne des filets staminaux près de leur insertion :

aussitôt, les étamines se relèvent vers le centre de la fleur (figure 4) et couvrent de pollen la tête de l’Insecte. Celui-ci, étonné, s'envole d'habitude vers une autre fleur de la même espèce, et, en la visitant, pourra

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