‹ Recueil d'œuvres de Léo Errera (volume 4)Chapitre 58 sur 76 · PLANCHE XIV. — FIGURES 1-2. « VEILLE » ET « SOMMEIL » DES FEUILLES · texte numérisé non relu

PLANCHE XIV. — FIGURES 1-2. « VEILLE » ET « SOMMEIL » DES FEUILLES

S1 l’on recouvre d’une cloche noire un pied d’'Oxalis Acetosella dont les feuilles sont étalées (position de veille, figure 1), on constate, après une heure environ, qu’une courbure énergique s’est produite à chaque renflement et a déterminé le rabattement des folioles les unes contre les autres (position de sommeil, figure 2). Toutefois, les feuilles très jeunes ne présentent pas cette sensibilité.

Chez la plupart des plantes à feuilles mobiles, une clarté trop vive amène une position semblable à celle du sommeil : c’est ce qu’on a parfois nommé position de sieste diurne. Notre Oxalis qui est une plante

des lieux ombragés présente déjà cet effet par une lumière diffuse modérément intense.

De même qu’on l’a indiqué pour leurs courbures géotropiques (et héliotropiques), les mouvements de veille et de sommeil des renflements moteurs se font sans croissance définitive, par de simples modifications de la turgescence et par conséquent du volume des cellules. À la vérité, des variations de turgescence déterminées par les conditions extérieures ont lieu pendant toute la durée des vingt-quatre heures et font se déplacer incessamment les folioles. Mais ces mouvements s’accélèrent vers le matin et vers le soir, amenant ainsi un passage relativement rapide de la position de sommeil à celle de veille, et vice versa.

Une plante qu’on laisse à l'obscurité ou à la lumière continues ne conserve pas indéfiniment, comme on pourrait le croire, l’attitude du sommeil ou celle de la veille. Habituée aux altérnances quotidiennes d’éclairage, elle en a gardé en quelque sorte le souvenir, et passe encore d’elle-même, pendant quelques jours, de la position diurne à la position nocturne, et réciproquement. Ces mouvements induits s’affaiblissent peu à peu et finissent par s'arrêter.

Il existe enfin chez ces feuilles, à des intervalles plus ou moins réguliers, des mouvements dus à des fluctuations de la turgescence, indépendamment des conditions externes : on les a appelés mouvements autonomes périodiques.

En dehors de tous les mouvements propres aux feuilles articulées que nous venons d’énumérer, les feuilles de la Sensitive (Mimosa pudica) répondent, comme on sait, à un contact par des déplacements brusques. Cette Léguminée brésilienne a des feuilles

bipennées: les premières formées n’ont qu’une paire de segments, les suivantes en ont deux paires (figure 5). Chaque segment comprend un grand nombredefolioles. À la base de chaque foliole, de chaque segment et de chaque pétiole principal, 1l y a un renflement moteur.

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