‹ Recueil d'œuvres de Léo ErreraChapitre 23 sur 31 · ET DES ANTHÈRES DANS LES DEUX SORTES DE FX-HURS · texte numérisé non relu

ET DES ANTHÈRES DANS LES DEUX SORTES DE FX-HURS

Observations faites sur des Primula elaiior cueillis dans le bois de Braine-le-Château^ le 26 mars igoS.

a) Examen d*une inflorescence macrostj'^le présentant des fleurs épanouies, d*autres à peine épanouies, un bouton floral dont le calice commence à s'entr'ouvrir et des boutons floraux encore complètement fermés.

Dans la fleur à peine épanouie, les anthères sont placées un peu moins haut que dans la fleur largement épanouie, le tube de la corolle étant plus court. Le style est aussi long que celui de la fleur bien éclose, il dépasse un peu la gorge de la corolle, et de y^^^S le sommet des anthères.

Dans le bouton floral prêt à s*épanouir, le tube de la corolle est plus court encore, les anthères sont placées plus bas que dans la fleur à peine épanouie, les divisions de la corolle encore petites et reployées les unes parndessus les autres sont dépassées par le st3''le qui est un peu plus court que dans les fleurs précédemment examinées, mais qui dépasse encore de 5 millimètres le sommet des anthères.

Dans le petit bouton floral encore complètement fermé, le tube de la corolle est très court, les anthères sont placées presque au fond du bouton et sont déjà dépassées de i millimètre par la surface stîgmatique.

b) Examen d'une inflorescence microstyle, présentant également des fleurs aux différents stades d'épanouissement.

Dans la fleur à peine épanouie, le tube de la corolle n'ayant pas encore atteint sa longueur définitive, les

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anthères sont placées 3 millimètres plus bas que dans la fleur bien épanouie, le style a acquis toute sa croissance, le stigmate est situé 3 millimètres plus bas que la base des anthères.

Dans le bouton floral prêt à s'épanouir, les anthères sont placées 3 millimètres plus bas que les anthères des fleurs précédemment examinées, le tube de la corolle étant plus court. Le style ayant déjà sa longueur normale, ta surface stigmatique touche la base des anthères.

Dans le bouton floral complètement fermé, le sommet des anthères, lesquelles ont à peu de chose près leurs dimensions normales, arrive à la même hauteur que le sommet des divisions de la corolle en préfloraison, le tube coroUin étant pour ainsi dire nul. Le style n'est que de i millimètre plus court que dans les cas précédents, et le stigmate touche les anthères au tiers de leur longueur vers le bas.

Donc, dans les fleurs microstyles à Tétat de bouton^ le stigmate est en contact avec les anthères, tandis que dans les macrostyles, il les dépasse : la croissance de la corolle étant en quelque sorte en retard sur celle du style et celui*ci ayant déjà à peu près sa longueur avant rallongement de celle-là (i).

Je ferai remarquer, cependant, que dans aucun des boutons de cette inflorescence microstyle, les anthères ne s^étaient ouvertes avant Tépanouissement de la fleur (a). Cette déhiscence hâtive des anthères,

(i) Ce fait, qui a été vérifié sur plusieurs inflorescences^ est en aintradiclion avec Tafiirmation dt^nnée par W. BRElTEN^ACH♦ B&ianiiçhi Zafnng. îSSci, t, XXX VI H, p* ^77; d'après lui, les stades jeuises des fleurs hctèroslyles seraient homostyles.

(2) Je n*ai tautefuis étudié aucune autre inHoreaceace micrusiyle à ce point de vue.

ŒUVRES BE BOTANIQUE GÉNÉRALE

signalée à la page 244 du présent travail, avait été observée par Errera. Je retrouve dans ses notes

de 1876 :

« Dans une fleur non encore épanouie, je vois des grains de pollen sur le style, dus évidemment à une autofécondation, à moins que je ne les aie fait tomber en ouvrant violemment la fleur. La grande abondance du pollen dans les anthères déjà ouvertes alors que la fleur ne Test pas encore, me fait croire à une autofécondation. »

V. — Errera n*a pu s*assurer, ainsi qu'il le désirait, si les Insectes ont une tendance à visiter les fleurs de

Primula claiior dans un ordre déterminé.

VI et VIL — Prépondérance relative de chaque

ESPÈCE DE pollen SUR LES STIGMATES DES I>EUX SORTES DE FLEURS ET CHANGEMENTS DE DIRECTION DES FLEURS SUIVANT LEUR AGE OU L'HEURE DE LA JOURNÉE.

Errera examine surplace, au microscope de voyage, un certain nombre de stigmates des deux sortes. 11 y a ordinairement sur chaque stigmate de fleur épanouie les deux sortes de pollen, facilement reconnaissables : le a légitime » (hétéromorphe) surtout vers le milieu du stigmate, V « illégitime » (homomorphe) surtout vers les bords du stigmate et sur sa face inférieure.

Il lui a semblé souvent voir plus de pollen microstyle sur les stigmates microstyles que de pollen macrostyle sur les stigmates macrostyles, mais il est très diflficile de décider cela d'une façon certaine.

Le pollen tombe assez facilement des authères ouvertes. Dans les fleurs microstyles^ on comprend que

CAIL^CTÈRES HÉTÉROSTYilQUES DES PKIMEVÈEES 267

du pollen de la fleur même tombe assez abondamment sur le stigmate, et cela même au milieu de la surface de celui-ci. Dans les fleurs macrostyles, il en tombe aussi, à cause de la position déclinée que les fleurs des deux sortes prennent à un certain âge (ou à certaines heures : vers le soir? Le fait semble presque général vers 5 heures du soir); mais ce pollen ne peut guère arriver qu'à la face inférieure du gros stigmate macrostyle, où Ton en voit, en effet, souvent des quantités notables. Il est douteux qu*à cet endroit il puisse servir à quelque chose.

§4 Conclusions

On constate donc que renchainement de faits qu'on a laissé entrevoir page 254 se trouve vérifié par robservation. En effet :

l^ Les fleurs microstyles sont, ainsi que leur structure le faisait prévoir, plus souvent que les fleurs macrostyles, Tobjet de fécondations directes (voir IV et VI);

2" Bien que les fécondations directes donnent une prépondérance de pieds de la forme même, et que la moindre prépondérance irait s*accentuant rapidement grâce à l'hérédité et à la faculté de multiplication végétative des Primevères, Téquilibre est maintenu dans la répartition des deux formes, qui sont également fréquentes dans les stations naturelles;

3^ Cet équilibre est obtenu par Tcxistence de caractères hétérostyliques secondaires, lesquels rendent les fleurs de la forme macrostyle plus voyantes, par con-

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