Les renseignemaits manquent sur : Buxus
Si l'un résume ces listes sous forme de tableau statistique, on arrive au résultat suivimt. (N. B, J*ai pris le nombre des genres et non celui des espèces, parce qu'il s'agit de comparer entre eux les différents modes de défense etciuH est naturel, par conséquent, de ne compter (|ue pour une unité toutes les espèces d'un même genre (jui sont protégées de la même manière* D'ailleurs les propurtinns relatives ne changeraient guère si Ton substituait le nombre des espèces à celui des genres,)
NOMBklL DES GENRES 1
dédaignés.
évités
recherchés.
1, F'Ianles coriaces, hériàsécii, sl**bres, tranchantes . . , ,
n. Fiantes piqvianles
I II Plan les k h u i le esaen 1 1 1 -1 1 e * eti , . IV. Plante* à prmtipp <iinrr» . .
W plantes h j^Hycoside .....
VU Plantes à al caJoide ....
EHiS'dof^ii^tf rftmy, V«* Atrupme.i — Iïe Wê\rk. a cnirndii dire qiïf? le lail prnvenanï de Chèvres (]Ui ont mangé de la ficlladonf est toxique j>our THomme. On sait d*aillenrs que les Chèvres eu manj^ent impïmémcnt]
[(5) D'après Heckel, le tabac peut être impunément inséré à fortes dnsesï par le» Hiimmants (Mouton, Chèvre. Béliers). — SrniMi*Eit m*pcrit 1.17 juin 1887) i|u'au Brésil les très nombreuses Solanacées vénéneuse.'» sont dédaignées par le bétail, mais fort attaquées parles Insectes* sauf ]jar k-s Fotirmjs ctiijpe-fcuillcs qm n*y touchent pas ]
f(6) J*ai vu des Uoetifs, broutant dans les prairies» respecter s^rupuleuseinent les plantes de Cokkkum, (Lac de Genève» septembre tSgo.)]
mUVRES DE BOTANIQUE GÉNÉRALE
Quand nous aurons ces documents pour la plupart des espèces de notre flore, rinterprétation des structures i défensives cessera d'être faite de simples probabilités et s'appuiera sur une base solide,
2. Les botanistes ne devraient pas être les seuls à se livrer à ce genre d'obsei^ations. Nous avons dit, en effet, qu*à côté des adaptations protectrices des plantes, il 3' a à considérer les contre-adaptations agressives des animaux. Les zoologistes trouveront là un champ d^études presque vierge. Pourvu qu'ils aient quelques notions de botanique, ils découvriront, nous en sommes convaincu, dans la structure et dans les mœurs des quadrupèdes, des Oiseaux, des Insectes, des Limaces même, des traits qui ont passé inaperçus et qui permettent à ces êtres de vaincre les résistances des végétaux dont ils se nourrissent, d'en déchirer les carapaces, tVvn braver les épines, d'en suppurter les puisons. Nou,s connaîtrons alors dans ses détails la lutte qui se poursuit sans relâche entre les herbivores et les herbes, et nous pourrons nous rendre un compte exact des stratagèmes variés — s'il est permis de les appeler ainsi ^ que ces ennemis héréditaires emploient, les uns pour Tattaque, les autres pour la défense.
Le savant Président de la Société entomolngique de Belgique, M. Preudhomme de Borre, reprochait récemment aux entomologistes de ne pas s*enquérir assez des plantes sur lesquelles ils rencontrent les Insectes (i). L^étude parallèle de Tentomologie et de la botanit]ue c]u'il réclame avec raison, sera surtout fructueuse si on s'attache non seulement à constater les caractères biologiques des Plantes et des Insectes,
(n Comptés rfudm df ta S&aW iHtomGhffiqni dt Bilf^iqm^ ih iJ6cêinbr(^ i885,
UN ORDRE DE RECHERCHES TROP NÉGLIGÉ 3o7
mais encore à les expliquer par les actions et les réactions incessantes des uns sur les autres.
3. Aux mycologues, nous conseillerions d*examiner jusqu^à quel point les Champignons amers ou poivrés ou vénéneux réussissent à se soustraire aux dévastations des Insectes, des Limaces, etc. Et ici encore, on trouvera sans doute, comme contre-adaptation, des immunités remarquables chez certains Animaux (i).
4. On sait que les graines sont disséminées au loin par plusieurs procédés. Les unes sont projetées par la plante même à une certaine distance, d'autres sont entraînées par le vent, d'autres s'accrochent aux poils des quadrupèdes et voyagent avec eux, d'autres encore, qui sont résistantes mais entourées d'une pulpe savoureuse, sont mangées par les animaux, se retrouvent intactes dans leurs déjections et sont ainsi munies, au moment de la germination, d'un engrais naturel. fliLDEHRAND a fait remarquer (2) qu'il n'y a pas de gaspillage dans ces mécanismes de dissémination : chaque graine n'en possède généralement qu'un seul. Et cela se conçoit, car il suffit à la plante que sa dissémination soit assurée d'une ou d'autre manière. Lorsqu'il s'agit de ses moyens de défense, les cundi* tions sont tout autres pour elle. Ses ennemis sont nombreux et divers, et ce n'est souvent pas trop de plusieurs cuirasses à leur opposer (3). Les poils rai des des Borr agi nées, par exemple, pnïtègent d*une façon efficace contre quelques animaux, tels que les Limaces, mais mm pas contre le bétail, comme on a pu le voir par nos listes. Aussi, plusieurs espèces [Eckiuni^ Cymo-
\{i] Sur les itisccifs piinisites des Chamj>i^nnti s charnus, vnjr Lévsillé dans k* DutiottHitirt umventl d'histotre aatunU* di d'ihhgftv^ IX, 2B0.]
(3) Cf. au flujcç des il eu m, Kehk^m, hc nL, p« 2o3<
ŒUVRES DE ROTA NIQUE GÉNÉRALE
glùsstim...) paraissent-elles chercher dans la production d*un alcaloïde (i) un supplément de protection. Les cas de ce genre sont fréquents (Berhens, Rhamuus caîhardca, Ilex, A du lien MUle/olinm, Lmitica vit osa, Humulm, Htpptfphaës, Juniptrus, etc.).
Il y aura donc lieu d'étudier les caractères défensifi^ qui marchent ensemble et ceux qui s'excluent généralement. Peut-être parviendra-t-on à établir ainsi c|ue tel caractère garantit surtout de tel groupe d'animaux, tel autre de tel autre. Ce sera une sorte de prophylactique comparée (2), Dès à présent, il semble dans bieij des cas (|ue les principes amers et les alcaloïdes éloignent plutôt les Mammifcres que les Oiseaux; tandis que le contraire aurait lieu pour les huiles essentielles.
3. Les plantes que nous avons nommées nnmétiqitrs sont dignes aussi d^uiîc étude spéciale. Kî'NTî^e (3| et LuBHurK (4) y ont déjà fait allusion (5).
Le Lamium album qui ressemble à T Ortie est évité par le bétail ; mais la Campanule à feuilles d'Ortie (C. nrtkarfidia), qui lui ressemble également, est recherchée (6)* Le Limiria vttlgans i\n\ imite une Euphorbe est dédaigné; mais il est lui-même acre et amer, LuB- ROCK suppose (lue le Lathyrns Nissoim passe inaperçu, grâce à sa ressemlïlancc avec les Graminées envirunnantes ; t|ue ie Maf ricana hwdora est peut-être protégé par sa similitude avec le M. Chamomilla; mais cela n'est pas prouvé. Il reste donc à déterminer jusqu'à
\i) S'il faut en croirr Bluiiheim e» Lt>os, cité dans Husimank **1 Hii^diR, p. 1145.
\{^\ Sur ractinn Jes puisouÈi sur les Cjastm^nxies I-'nlmonfa» voir VuMi>* Escitigof, pp. M S et suivantes, i^ui liotin^ la bibliographie.]
(3) Lac. dLf p, 36.
(4) L0i\ (it.t p^ ï-i?'
[(5) Sur un Arum qui imile étûnnainment le Serpent Cobrii, vt>ir Ju&ii JmkrtS' bnickté, i877t p. yS^, ti** ^a]
FN ORDRE DE HECHERCHns VHnV }iÛG]AGV.
quel point ces ressemblances peuvent s*expliquer comme moyens de protection et si les animaux s'y laissent prendre. Pour TOrtie blanche, il est certain que la plupart des enfants la craignent et à ce titre elle mérite bien Tépithète de matamore ou de croquemitaine, si Ton aime mieux. Et comme TOrtie véritable, aussi bien que le Lamium album sont par excellence des plantes qui accompagnent les habitations humaines p il ne serait pas si absurde d'admettre que les poils urticants de Tune et la ressemblance de l'autre soient surtout des adaptations défensives contre les atteintes de THomme,
6, Enfin %m pourra comparer pour chaque plante son mode de protection avec son mode de dissémination. II est à prévoir, par exemple, que les plantes complètement dédaignées des animaux à cause des substances désagréables ou toxicjues qu^elles contiennent, n'auront pas de fruits charnus, puisque ces fruits n'ont d'utilité que s* ils sont mangés par les animaux. Et de fait, les espèces qui figurent dans nos listes III-VI sous la rubrique ^< dédaignées » ont presque toutes des graines qui tombent spontanément de ta plante ou qui sont légères et adaptées au transport par le vent. Cependant les genres Vaccinium, Solanum, Atropa et Paris font exception et présentent des baies. Mais il ne faut pas perdre de vue que nos listes se rapportent au liétail et que les principaux mangeurs de fruits charnus sont les Oiseaux. Les exceptions ne sont donc probablement <|u'apparentes et Ton peut prédire tjue certains animaux absorbent ces baies impunément (i), Uuant au
rt) La Hnrc e\otu|Lte présenic plnsieitrs failâ atialo^ues. Le«» baie^ du Stnchitos w« v-tviwiVif , \mï exemple» si^it man^^es utiputiémFnt par un Oise**iu, le liHarûs BkitiOi^ros, qui VTaJsemhîalilcwienl en dissémine les traînes. [Le< tlrupt^s^ charnues ri roUf^cs de VAtutmtrta CWr^/wi renferment mi principe mt\Cf ipitToîoKme) qui e^i vénéneux pour la plitpuri *Ips aniînauK. H ta«dr*iïi
3lO ŒUVRES DE BOTANIQUE GÉNÉRALE
Vacctniumf cela ne fait pas de doute (i) ; pour les trois autres genres^ c'est un point que nous engageons botanistes et ornithologistes à vérifier. En tout cas, voici un rapprochement assez significatif. L'atropine est très inégalement toxique pour les différentes espèces animales : la Chèvre, le Lapin, le Cobaye, plusieurs Oiseaux, notamment les Merles, jouissent d'une immunité relative {2); tandis que la nicotine, par exemple, est toxique pour tous les animaux indistinctement (3). Comme on pouvait s*y attendre d*après cela, le Nkotiana produit non pas une baie, mais une capsule sèche dont les graines sont dispersées par le vent (4). En étudiant les plantes au point de vue biologique, on soulève, on le voit, des questions vastes et nom* breuses. Mais si chacun de nous se met à Tœuvre afin d'apporter sa pierre à Fédifice, les matériaux seront vite réunis et nous pourrons, dans quelques années ^ indiquer pour chaque plante indigène son mode de
examiner si celte substance se trouve aussi dans la partie charnue du fruit : probablement pas. HI'îîemann, y. Sçïi, dit en effet que la picrotoxine se trouve dans TAmande de l'Anamirta Cocculus. — Voir Ludv^^ig. Biùlùgit âtr Ffianzen, pp. 365 et suivantes.]
(i) QL ausii Tarticle de Picxone^ Pmntt Ligurt dissent inatf du nccM mrp&ffîgit dans A'wocn GiotNiiIe hûfitniro ffaiidma, 1886* XV'in, p. 290* qui me parvient pendant l'impressùiît.
[Sauvent, dans les fruits, là chair est romestible et 1» graine vénéneuse et déiagréable, ce qui a le double a\ antage d'assurer a la fois la proteciioti des graines et îa dissémination par le% Animaux . Comparer» par exemple, le ^oùt de la chair du RaisLo* de TOranj^e, etc., à celui des pépins f u Le CotiariM iannttiiiiSiî. arbrisseau buiss^mneux de la Knuvelle*i£élande. produit des (laies pleines d'un suc vineux, que ies indi^^ènes et les colons br vivent sans inconvénient* (^n évitant avet snin d'avaler les y^raines, qui sont éminemment vénéneuses. Il en est de même tlu dwidria ntpalrnsis. *i (LmMAOt'T et Décaisse^ p. J72.)]
[(z) Voyej? plus hautp p. 3cj2» note 4.]
[(3) RfcKKL est d'un fiMtre avis K'oyo: \k 3fiJ, note 5J» |
[4 4) Il n'y a pas de nicotine dans les graines de A^ùoliami, d'après Cî.A.t'TKiAtt| i»E ToM, Molle, Albo, Mais suivant ce dernier, il n'y trouverait de la Bdlanine, ce qui est cnntrouvé par Starxe,]
UN ORDRE DE RECHERCHES TROP NÉGLIGÉ 3ll
protection, de pollination, de dissémination, de germination, dire quels Insectes la butinent, quels animaux l'attaquent et quels autres la négligent. Nous aurons alors, à côté de la flore descriptive, une véritable Flore biologique de notre pays (i). Celle-là nous servira à connaître les formes végétales ; celle-ci nous les fera comprendre.
[ I ) Depuis mon article, a paru : Dr ( ). Kirchnek, Fltfit lou N/m//^./// uhJ L'iii- <;<•/'««;•. Mit hesondertr Iktiicksiihtiiinn!: tifr pftan .enhivîo'^isclKH Vnfniltmssf. iSS8, et LoEW, BlUtenbiolo^ische Floristik, 1894.]
SUR LA MÉTHODE DES BACTÉRIES (i)
A ])r«HK>s (lu travail du j)r(>fpsse!ir IlNtiKLMAXN, à l'irecht
Avant Engelmann, on ne connaissait pas de réactif démontrant que les plastides chlorophylliennes (grains de chlorophylle) sont le siège exclusif de l'assimilation de Tacide carbonique. La méthode des Bactéries (2) fournit de ce fait une preuve directe. Klle est d'une sensibilité telle qu'elle permet de déceler la trillionième partie d'un milligramme d'oxygène, c'està-dire, suivant les calculs des physiciens, une quantité qui ne représente plus que quelques molécules. On comprend aisément l'importance de cette méthode ingénieuse pour la biologie tout entière.
La méthode est basée sur cette observation connue que le mouvement de certaines Bactéries est lié à la présence de Toxygène libre. Lorsque, dans une goutte d'eau chargée de semblables Bactéries, on introduit des fragments d'Algues, la mobilité des Bactéries persiste aussi longtemps que la lumière agit sur la préparation ; dans l'obscurité les mouvements s'arrêtent et ils ne reprennent que si on laisse arriver de nouveau un rayon de soleil. Le même phénomène se manifeste en présence de plastides chlorophylliennes isolées, obtenues par l'écrasement des cellules vertes.
' i) Résumé de la causerie faite à la Société hel^e de microscopit, dans la séance du 29 janvier 1887.
2) Th. W. Engelmann. A r cimes néerlandaises des iciences exactts et naturellts, XVII, 1882, p. 417: XVIII. 1883, p. 20, p. 280: XIX, 1884, p. 186; XXI, 1886; — Botanische Zeifu/tg, iS8i, n" 28; 1882, nœ 20-21. 26, M)', i883, no« 1-2: 1S84, n«« 7-8; 188O, n«»> .^4; — Pflûgcr's Archiv *'ftr die gesamwie Physichgie. XXV; XXVI; XXIX; XXX et XXXII.