‹ Recueil d'œuvresChapitre 5 sur 38 · V. Hor riNKS KT PROGKKS l)K L.A P.OTAMQUK · texte numérisé non relu

V. Hor riNKS KT PROGKKS l)K L.A P.OTAMQUK

SYSTIM ATK^UK 269

VI. UN ORDHK 1)F. RKCHHRCHKS TROP NÉ- CjLKîÉ. — I/eiiicac rrii des structures défensives DES plantes 289

Aperçu des principai'x moyens de proieciton

des plantes contre les ANnL\ux .... 297

Vil. SUR LA iMin'HODli DKS l'.ACri'RlKS . . . 3i2

\III LKS PLANTKS-BOUSSOLES 3i5

LETTRE SUR LA VEGETATION DES ENVIRONS DE NICE (i)

Cher Monsieur,

Vous avez bien voulu me demander, avant mon départ, une lettre de Nice. Vous voyez que je tiens ma promesse, et c'est avec un vif plaisir que je vous envoie ces quelques mots à propos de toutes les belles choses que j'ai vues.

Je ne me souviens pas d'avoir jamais passé des vacances de nouvelle année aussi délicieuses. Avoir chaud, tandis que vous grelottez, contempler un soleil radieux et bienfaisant au lieu de votre atmosphère froide et brumeuse, aller se plonger dans les flots tièdes de la Méditerranée alors que pour vous toutes les eaux sont des glaçons, quitter la neige blanche et monotone pour une végétation verte, variée, fleurie, échanger, en un mot, l'hiver pour le printemps, voilà un programme qui, certes, ne manque pas des attraits les plus alléchants !...

Vous savez sans doute que tout le littoral de la Méditerranée est déchiqueté en baies irrégulières affectant la forme d'un croissant, décomposé à son tour en d'autres croissants plus petits. Nice est au fond de l'une de ces baies, qui a pour extrémités le Cap d'Antibes vers l'ouest et le Cap Ferrât vers l'est.

(i) Cette lettre, adressée au Secrétaire de la Société royale de Botanique de Belgique, a paru dans le t. XIV, p. 200, du Bulletin de 1875.

Entre ces deux limites, s'avance la pointe du Mont Boron qui sépare Nice de sa voisine, \^illefranche.

Cette partie de la côte est des plus superbes. D'abord, tout le long, les flots calmes et bleus, miroir sans ride d'un ciel sans tache, bordés de leur frange d'écume, qu'(^n croirait une dentelle blanche sur les rochers du rivage, tantôt couverts de verdure et doucement déclives, tantôt sombres, nus et descendant à pic. La plage n'est point occupée par du sable comme chez nous, mais bien par une infinité de petits cailloux sur lesquels vient clapoter la mer et qui, échappant sous les pieds, rendent la marche fort pénible. Puis vient Nice avec ses quais et ses promenades, son torrent du Paillon séparant l'ancienne ville pittoresque aux ruelles sombres, étroites et tortueuses, aux escaliers et aux montées, aux masures délabrées et noircies, de la ville nouvelle, aux rues larges et droites, aux maisons blanches, aux jardins et aux squares tirés au cordeau. Ensuite, derrière tout cela, s'étend la campagne toujours belle et riante, et enfin pour arrière-plan à ce tableau, pour fond à toutes ces teintes diverses, se dressent les premiers contreforts des Alpes.

Sur le galet de la plage, à l'embouchure de ce Paillon, qui, paraît-il, n'a plus gelé depuis plus de deux siècles — ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'il est presque toujours à sec — à son embouchure, dis-je, on voit des femmes agenouillées dans des paniers d'osier, pour ne pas se blesser sur les petites pierres. Ce sont les blanchisseuses : elles profitent des quelques gouttes d'eau du torrent pour y plonger et y laver le linge sale... en public. Après quoi elles le suspendent à des cordes au bord de la mer, immédiatement en dessous de l'élégante et célèbre Promenade des Anglais. Ici, toutes les belles dames, avec leurs éblouissantes

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