‹ Recueil d'opérasChapitre 1030 sur 1141 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MASANIELLO; FENELLA, abattue et chancelante. MASANIELLO.

Que vois-je? Fenella ! quelle horrible pâleur! Nous venons, ô rna sœur ! de venger ton outrage. Qui peut encore exciter ta douleur ?

FENELLA

(Elle lui peint le désordre deNaples.) MASÂMELLO.

J'ai voulu, mais en vain, mettre un terme au cai-

FENELLA. ["^fie.

(Elle lui représente, par ses gestes, les horreurs auxquelles la ville est livrée: le pillage, le meurtre, l'incendie.)

MASANIELLO

Oui, des torches en feu dévorant les palais. Des enfants étouffés sur le sein de leurs mères , Des frères frappés par leurs frères :

Oui , des forfaits ont puni des forfaits ;

Mais, tu le sais, je n'en suis pas coupable.

Viens dans mes bras, dissipe ton effroi.

FENELLA

(Elle lui fait entendre qu'elle ne peut résister à la fatigue.)

La fatigue t'accable :

Repose en paix, je veillerai sur toi.

Du pauvre seul ami fidèle.

Descends à ma voix qui t'appelle.

Sommeil, descends du haut des cieux!

De son cœur bannis les alarmes; Qu'un songe heureux sèche les larmes Qui tombent encor de ses yeux.

(Fenella s'endort sur le lit à gauche.) Un doux sommeil apaise sa souffrance...

Mais on vient.

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