‹ Recueil d'opérasChapitre 1056 sur 1141 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE SÉNÉCHAL, LUCAS, LA MAR- QLISE, arriodtit pur le fond à droite .^ parlant a une femme de chambre qui traverse le théâtre pour aller au pavillon à gauche, et qui porte quelques hardes de femme et des flambeaux garnis sans être allumés.

LA MARQUISE. Oui, VOUS dis-je , allez achever de ranger les meubles du pavillon; que tout soit bientôt prêt, on arrive ce soir.

LE SÉNÉCHAL , il part. Elle attend des visites ?

LA MARQUISE , im^ement et ii part., en voyant le sénéchul. Que vois-je ! encore ici !

LUCAS , riant., à part. Qu'est-ce qu'elle va lui dire ?

LA MARQUISE, à part. Il est insupportable! {Haut et gracieust-ment.) Eh ! que vois-je? c'est vous, monsieur le sénéchal? quelle aimable stuprise! vous avez donc pitié de ma solitude ! Vous venez, j'espère, diucr avec moi pour me dédommager de la lareté de vos visites. Ob ! je vous en voulais ! vous êtes uri voisin bien peu galant; et voilà quinze jouis que je ne vous ai vu...

LUCAS , à part., regardant le balcon. Oh ! est-elle effrontée !

LA MARQUISE , has au sénéchal. Parlez donc, maladroit !

LE SÉNÉCHAL. Madame la marquise est trop bonne ; mais de graves occupations... .

LUCAS , à part. C'est ça ! des promenades sur mon éclielle.

LA MARQUISE , regardant Lucas. Plaîtil, Lucas?... que dites-vous, et que faitesvous là ?

LUCAS. Moiî... madame?

LE SÉNÉCHAL. Je causais avec lui....

et il m'a arrêté pour me demander mes ordres sur des plantations que je veux faire à ma terre.

LA MARQUISE , bas au scnccluil. Et n'aurait -il pas vu?

LE SÉNÉCHAL, bus cl vile. Non, rien.

LA MARQUISE. C'est bon, Lucas; allez comme hier me f;iire un bouquet.

MAGASIN THEATRAL

LUCAS. Oui, madame. Il a fleuri ce malin des roses superbes.

LA 3IAUQUISK. A propos. .. dites-moi, aurez-vous bientôt terii.iaé ici votre ouvrage?

LUCAS. Dans trois ou quatre jours, madame la marquise, et la semaine qui vient je reverrons ma ménagère ; et il m'en larde, voyez-vous I l'antoinne est une saison qui m'est lout-à-fait disgracieuse.

LA MARQUISE. Pourquoi donc?

LUCAS. C'est que je fais alors ma tournée dans la province , et ma femme reste seule dans notre village , voyez-vous, et aile a plus d'esprit que moi. Sa mère a été nourrie dans un château. Sans compter que chacun prétend qu'elle est encore plus jolie que je ne suis btau garçon.

LA MARQUISE. Ah I VOUS êtes jaloux?

LE SÉNÉCHAL, à demi- vuix . Hélas !

LUCAS. Oui, c'est ça, hélas I... et pis, voyez-vous, ce qui me tarabuste l'esprit, c'est qu'elle est rieuse, ma femme.

LA MARQUISE. Vraiment?

LUCAS. Oh ! rieuse I... ça fait trembler! elle rit avec l'un , elle rit avec l'autre... et moi, voyez-vous, je voudrais rire aussi, mais je fais la grimace et ça fait rire les voisins... Tenez, tenez, madame, v'ià que ça vous gagne tout de même avec M. le sénéchal. Ben des pardons, je vas cueillir vot' bouquet.

Il sort, eeeeoeeeooeosoovooeocooeooceoo&oeeee eee eeo

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