LA MARQUISE , LE CHEVALIER
LE CHEVALIER. Ah ! que la peste soit des voisins de campagne !
LA MARQUISE. C'est le meilleur homme du monde.
LE CHEVALIER. Soit; mais puisqu'il s'en va, un moment d'entretien , là, bien sentimental.
LA MARQUISE , à part. Il faut le renvoyer , car son étourderie...
LE CHEVALIER. Un tour de promenade.
LA MARQUISE , minaudant. Eh bien !
vous reviendrez ; mais votre femme veut
absolument vous pailer , et si vous n'y
allez , elle va descendre.
LE CHEVALIER , gaiment. Oh I qu'à cela ne tienne ; je vais lui dire de se rendormir, crac I sur son oreiller ; obéissante à la minute : j'en fais tout ce que je veux, c'est le plus joli petit caractère !...
LA MARQUISE , riant. Oui , je vous félicite sur votre mariage.
LE CHEVALIER. Sans adieu; je reviens.
( Bas en entrant dans le pavillon. ) Déjà un rendez -vous , la nuit, sous les charmillesl je parlais de huit jours, il n'en faudra pas quatre.
LA MARQUISE, /eroîon^ la porte du pat^illon et criant à trav>ers la serrure. A votre tour , cousin , bonsoir et bonne nuit.
LE CHEVALIER , en dedans. Comment !
LA MARQUISE. Je VOUS enferme.
LE CHEVALIER. Quelle plaisanterie !
LA MAnQuiSE. Dormez bien.
LE CHEVALIER. Ma cousine !. ..
LA MARQUISE. Bonsoir, jusqu'à demain, et j'emporte la clef ! ( Bas., en sortant. ) Adieu le rendez-vous de monseigneur Lucas.