‹ Recueil d'opérasChapitre 1091 sur 1141 · GASPARD, MAX · texte numérisé non relu

GASPARD, MAX

(Max paraît nu sommet d'nn rocher très élcTe de l'aiiln rôle de \\\ cascade. Il se penche pour regartler JuU! l'ubîme.}

MAX

Ciel î Quel abimc horrible el sombrel

0 terreur!

Mon froid rrgard se perd dans l'ombre!

Avec horreur!

Snr moi s'imasse la tempête.

I,a lune scmlib; se voiler.

Des s;i('clrcs planent sur ma (ète...

Ces rocs sont aniiués... C«s rocs vont-ils parler ?

hécitatif.

(Eloignant les chauves-souris qui s'approchent.)

Ou.sh ! ou>h! jx-ntends des cris d'oiseaux funèbre* Et du sein des ténèbres Un bras géant Sur moi s'étend.

(11 descend quelques pas. — Gaspard lève les yeux et aper çoit Mas.)

MAX

Non! plus de làcUe effroi!

Puur moi Il n'e5t pas dépouvante!

(Il descend quelques pas.)

GASPARD, après avoh' soufflé le feu avec l'ail de l aigle. *

Mon sursis est gngné , merci , Samiel , merci ! , ,

(Il fait signe à Max en agitant l'aile de l'aigte.)

Arrive donc, camarade! raitenie Me paraît lonjue ici, Est-il bien de larder ainsi ?

MAX, lamainsur le front et regardant Paile a taigle.

Cet aigle immense Me doit la mort!

L'enfer commence.

Cédons au sort!

Malheur à moi!

(Il descend encore quelques pas tl s'arrête.) GASPARD,/? f/r/é"'.

Descends donv?, l'heure avanc(

MAX

Non! je n'ose pas.

Ga^^ard.

Poltron î

Qui ? moi ? vois-lu là bas ?

3iir lin roolicr ec-lairë par la lune, on TOit un spectre blanc étendant les mains.)

Spectacle affreux ! c'est l'ombre de ma mère ! Dans son froid cercueil Comme au jour du deuil.

Sa voix funôraire Me dit: fuis, Mon fils.

GASPARD

part) A mon aide, S.iraiel ! (à Max) Sottises dont

[ je ris! (?7?77)ah! ah! uli!

Ions, viens donc, et loin de toi la crainte Dont ton ame est atteinte.

; premier spectre a disparu. — On voit l'ombre d'Agathe éperdue, les cheveux épars, singulièrement parée de 'euillages et de branches de chêne. Elle ressemble à inie folle et parait vouloir se précipiter dans le torrent.) MAX.

Agathe s'élance au torrent.

Courons! Malheur trop gr; niî!

(L'ombre d'Agathe se jette dans la cascade.) descend tout à fait.— La lune commence à s'obscurcir.)

MAX, entrant dans le cercle.

«c Me voici... qu'ai-je à faire? »

GASPARD, lui jetant sa gourde.

is! l'air des nuits est froid... et puis à noire nf- Tu n'as pas peur? ( faire!

MAX, à part.

Non, non!

eva-t-il advenir de ceci ?

Compagnon, ux-lu fondre toi-raéme ?

MAX

Au pacte c'est contraire.

GASPARD

jarde pour apprendre à ton tour le métier, spard prend successivement dans sa gibecière des inrédients qu'il nomme et les met dans la cuiller à lomb.)

GASPARD, mettant les ingre'dients.

plomb! du vif argent, un peu de pierre grise, verre pilé pris à des vitraux d'église, ;il d'un coq et d'un lynx ; du buis de bénitier. — toi! roi ténébreux, tu veilles! Les cabales A nos vœux ne font pas défaut

Viens, viens bénir les balles, î la tienne surtout soitbien comme il la faut.»

mélange dans la cuiller commence à bouillir en bruisnt et donne une flamme blanchâtre. ^ — Un nuage passe ir le disque de la lune. — Le théâtre n'est éclairé que ir le brasier, les yeux du hibou €t le bois étincelant i l'arbre pourri.^

LE FREYSCHUTZ

GASPARD coule une balle dans le moule et la retire en disant

Une!

l'écho répond:

Une!

(A ce moment les oiseaux de la forêt descendent et se placent autour du cercle en sautillant et battaut des ailes.)

GASPARD coule une seconde balle et dit :

Deux !

l'ecuo répond :

Deux!

(Tout à coup un sanglier noir sort du bols en grognant et court comme effaré.)

GASPARD, saule effrayé, et compte.

Trois!

l'écho répond:

Trois!...

(Une tempête s'élève et mugit. On voit les pointes des arbres se rompre et jeter des étincelles.)

GASPARD compte :

Quatre!

l'écho répond:

Quatre!

(On entend des coups de fouet et un bruit de chevaux qui galopppnt. Quatre reues en feu sillonnent le théâtre, san» qu'on puisse apercevoir la forme du char à cause de la vitesse.)

GASPARD cotnpte :

Cinq!

l'écho répète:

Cinq!

(Aboiements et hennissements dans les airs. — On voit passer dans les nuages des fantômes de chasseurs à pied et à cheval, des cerfs et des limiers.)

CHASSE INFERNALE , CHOEUR, en dehors.

Par monts, par vaux, dans les ravines.

Au fond des bois, et dans les airs, Avec les vents et les éclairs, Parmi les morts et les ruines, Chantons , amis , comme aux enfers :

Jowau ! Jowau ! etc.

GASPARD, comptant.

Six!... Malheur î,

L /:ciio.

Six. Malheur!

(Tout le riel est enveloppe d'une nuit profonde. Les nuages qui auparavant se croisaii-nl , se rciinissenl et crèvent accompagnes d'cclairs et de tonnerres épouvantables. Bruissement de pluie très forte. Flammes bleues sortant de terre. Feux follets errant sur les montagnes. Les arbi-es sont déracines avec un fracas liorriLle. La cascade écume et bouillonne. Des quartiers de rochers roulent en bas. On entend de tous côtés le bruit de l'orage. La terre paraît s'cbranler. Gaspard est effrayé.)

GASPARD

Samie!, oU secours! {il compte) Sept,Samiel! l'écho recèle:

Sept, Siimiel!

(Gaspard est renversé à terre.)

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