LE DL'C
Non , vraiment,
Un instant , A me fuir tu mets la gloire;
Non , ma foi ,
Souviens-toi , Ah! tu n'as plus de mémoire.
Jamais son œil vif et piquant N'eut plus d'attraits qu'eu ce moment.
CHARLOTTE
Allons, finissez, ou sinon...
LE DUC
Crier ainsi...
CHARLOTTE
Mais il le faut.
LE DUC
Vit-on jamais crier si haut ?
CHARLOTTE
Finissez , ou sinon Je m'en vais, etc.
LE DUC
Non, vraiment, etc.
Il faut franchement qu'on s'explique ,
C'est héroïque.
Servir un rival !
CHARLOTTE
C'est très-bien î
LE DUC
Mais en ce monde, rien pour rien.
CHARLOTTE
Monsieur est toujours diplomate ?
LB DUC
Je sais généreux.
CHARLOTTE
J'entends bien.
LE DUC
Mais vous...
CHARLOTTE
Moi , je snis très-ingrate !
LE DUC
Rien qu'un baiser, je vous prie...
CHARLOTTE
Non, non, de vous je me défie...
Et puis , le monde en parlera !
LE DUC
Le monde î et qui donc le saura ?
CHARLOTTE , riant.
Voyez donc comme il s'humanise I
LE DUC , voulant l'embrasser.
Je brave tout en cet instant!
CHARLOTTE, riant.
Vous ne craignez plus qu'on médise ?
LE DUC
Rien qu'un baiser !
CHARLOTTE
Non, pas en ce moment.
Monseigneur, votre femme attend!
(Ort entend un ffrand bruit an fond, accompagnant le chœur sui^'ant.) CHOEUR.
LES SPECTATEURS , dans la salle.
La pièce ! la pièce !
C'est attendre assez.
La pièce ! la pièce !
Allons, qu'on se presse !
Allons , commencez !
CHARLOTTE , au duc.
Ecoutez! écoutez! silence!
Nous allons rire , ça commence !
LE DUC
Rire de quoi ?
CHARLOTTE
Mais du début , Et de l'annonce qu'on va faire !
De Bénédict c'est l'attribut ; Et le public , qui gronde et menace , Pauvre garçon ! va bien le recevoir En apprenant, ce soir.
Quelle est celle qui me remp'ace.
CHOKUR, au fond.
La pièce ! la pièce !
Allons , paraissez !
La pièce ! la pièce!
Allons , qu'on se presse !
Allons, commencez!
(£e duc et Charlotte s'approchent du fond pour écouter. Le duc baisse les stores et l'on voit Bénédict haranguer le public.)
BÉNÉDICT, au fond, parlant sur la ritournelle. » Messieurs, M'^"^ Charlotte se trou- » vant subitement indisposée...