‹ Recueil d'opérasChapitre 1116 sur 1141 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ANNA, TOiNY.

ANNA, courant au-devant de Tony.

Tony, mon cher Tony!

TONY

Ma chère Anna!

ANNA

Tu t'es bien fait attendre!

TONY

Pardonne...

ANNA

Le temps me sendjlait long; j'étais impatiente de connaître le résultat de l'épreuve.

TONY, agité.

Tu le sauras.

ANNA

Et puis je craignais ia tristesse à laquelle tu te livres depuis quelque temps.

TONY

Cominent la surmonter quand tout se réunit

ACTK 11. SCKNF Ml.

pour iir;u:ei)Iil(M', ([iiaiid je vois le liuiilxnir <le ma vii; entière mis à la mori'i ilii liasard?

A.NNA.

Tu os hicii a;;ite! l'épreuve aui-ait-ollc t'ié mallu'Ui-cuse pour toi?

TONY

Malheureuse!... non, non...

ANNA

Me voilà plus tranipiille. J'avais besoin de cette assurance; de sinistres pressentiments me poursuivaient... Quel est le prix? Si c'est un ruban, tu me le donneras.

TONY

Le prix!... je l'ignore encore.

ANMA.

Avec quel air sombre tu me dis cela ! Aurais-tu quelques chagrins? Apprends-les-moi.

TONY

Non , je te jure.

ANNA

Le succès que tu as obtenu ce soir doit te rendre le courage.

TONY

Du courage ! j'en aurai.

ANNA

Quant à moi, ma gaîte' te prouve que je ne doute pas de ton adresse.

TONY

Hélas! est-on jamais certain...?

ANNA, vivement.

Le sort peut te trahir, je le sais; si cela arrivait, je t'en conjure, mon ami, promets-moi de te soumettre à la volonté céleste.

TON Y

Que peux-tu craindre?...

ANNA

Ton ame est vive , ardente , Tony ! N'écoute pas le désespoir: ses conseils sont funestes.

TONY

Oui!

ANNA

Que de fois il a enfanté le criine ! que d'infortunés il a rendus coupables!

TONY

Mais oîi trouver, dis-moi, assez de force pour supporter l'anéantissement de toutes mes espérances, pour te voir passer dans les bras d'un autre? Tu le sais, Anna, Milord le veut, et ton père y a consenti... Le vainqueur sera ton époux.

ANNA

Mon père ne voudrait pas me rendre malheureuse. Mes prières, mes larmes i-auraient l'attendrir; et s'il ne nous permettait pas de nous unir, du moins ne me forcerait-i! pas sans doute à former un hymen que je détesterais. Il faudrait attendre et espérer un temps plus heureux... Tu es bien sûr du cœur d'Anna ; rendsla aussi certaine de ta résignation : et, quel que soit son sort, elle s'y soumettra sans murmurer.

Tant de douceur, tant de vertu, me rappellent h riioi-méme... Oui, ma chère Anna, nitendre, espérer, c'est le mieux.

DUE'nO.

TONY

Non , plus d'alarmes ,

Scche les larmes ; L'espoir le plus Hattcur Vient r.issiirer mon cœur.

ANNA

Non , phis d'alarmes,

Séchons nos larmes ; L'espoir le plus flatteur Vient rassurer mon ccnur.

TONY

Si j'aime ;i croire A tna victoire , C'est que la gloire Pour prix a le boiilieur.

ANNA

Si j'aime à croire A ta victoire , C'est que la gloire Pour prix a le bonheur.

ENSEMBLE

Non , plus d alarmes ,

Séchons nos larmes; L'espoir le plus flattciu' Vient rassurer mon cœur

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