‹ Recueil d'opérasChapitre 112 sur 1141 · FOULE DE PLAISANS · texte numérisé non relu

FOULE DE PLAISANS

Qu'il parle ou qu'il chante, Qu'il parle ou qu'il chante !

CHARLOTTE, au duC.

Ah! vraiment, la scène est charmante!

BÉNÉDICT , répétant, et continuant. « On » vous prie d'agréer, pour la remplacer , )i une célèbre cantatrice qui arrive de » Paris. »

CHOEUR GÉNÉRAL

Bravo ! bravo !

C'est du nouveau !

CHARLOTTE et LE DUC.

Que dit-il? une autre chanteuse!

CHARLOTTE , furieusc.

Ah! Vraiment, voilà du nouveau!

C'est affreux !.. je suis furieuse!

REPRISE DU CHOEUR, au fond.

La pièce ! la pièce !

Nous sommes presse's!

La pièce ! la pièce !

LE MAGASIN THEATRAL

Allons , qu'on se presse !

Allons, commencez!

[Le duc rtle^'e les stores de la loge.)

CHARLOTTE. Ail I par exemple I une nouvelle débutante qui arrive de Paris , c'est ce que nous allons voir. ÎMais par où sortir maintenant ? du monde sur le théâtre, le public dans la salle... n'importe, je préfère encore la salle au théâtre, ou y est moins mauvaise langue.

(Elle va pour sortir.^ LE DUC , Varrêlant. Que laites-vous , Charlotte? Si l'on vous voit sortir de ma loge, que dira-t-ou ?

CHARLOTTE. On dira tout ce qu'on voudra, monseigneur, mais je ne laisserai certainement pas débuter dans mou emploi ; la nouvelle venue n'aurait qu'à avoir du talent.

LE DUC, Tarrêtant. Arrêtez , Charlotte , arrêtez, je vous en prie.

(On frappe à la porte de la loge.)

^CHARLOTTE. On vient.

LE DUC, tiès-ému. J'espère bien qu'on n'ouvrira pas.

CHARLOTTE. Ecoutez... OU met la clef dans la serrure.

LE DUC. Ah ! mon Dieu ! la porte s'ouvre!

CHARLOTTE. On entre.. . c'est M""' Barnek.

LE DUC, «l'et embarras. La tante d'Henriette... que lui dire ?

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-•« SCEI\E m.

Les Mêmes, M"^-^ BARNEK , entrant.

(Charlotte, assise au fond , tourne le dos et se tient . hTécart.)

M™* BVRIVER. C'est moi , monseigneur , c'est moi ; oii ne voulait pas ni'ouvrir votre loge ; on avait même avec moi un petit air de mystère ; par bonheur, j'ai rencontré une ouvreuse de loges de Munich, qui m'a reconnue, 31™* Frédéric, une brave et digne femme qui a presque fait sa forlune en petits bancs ; je lui ai appris que c'était la loge de mon neveu l'ambassadeur. — Est-il possible? — Et j'ai été obligée de lui conter comme quoi j'étais votre tante; je lui ai dit que je la protégerais, que ma porte ne lui sérail jamais fermé, ce qui fait qu'elle m'a ouvert celle de cette loge.

LE DUC, aoec embarras. Fort bien, madame... et qui vous amène?

M™" DEBARIVEK. Une nouvelle, monseigneur, une nouvelle fort extraordinaire : j'ai perdu ma nièce.

LE D uc . Comment ? que voulez -vous dire?

' M"* BARNEK, toujours saris ooir Charlotte, Je veux dire que je ne sais plus ce qu'est devenue cette clière enfant ; je l'ai cherchée dans tout l'hôtel ; pas plus d'Henriette que si elle avait été enlevée.

LE DUC. Enlevée?

M"^ BARNEK. Alors je suis accourue à votre loge des premièi'es . . j e m e suis trouvée face à face avec IM^^lacomtesse, votre sœur, qui m'a dit d'un air fier : « Elle n'est pas » avec moi, je vous prie de le croire ; voyez » aux baignoires , loge de l'avant-scène, » n"! ; c'est là qu'elle doit être avec M. le >' duc;» et elle a dit vrai... (Apercevant Charlotte qui a le dos tourné.^) La voici, cette chère Henriette.

CHARLOTTE, se détournant. Pas précisément, madame Barnek.

M"*^ BARNEK. Qu'est-ce que je vois là?.. M'^* Charlotte , ici ! en lète-à-tête avec M. le duc !

CHARLOTTE. Eh bien I où est le mal?

M""^ BARNEK. Je le dirai à ma nièce.

LE DUC, voulant l'apaiser. IMadame Barnek, y pensez-vous ?

M"^ BARNEK. Oui, monsieur. .. Oui, mademoiselle moi, j'ai toujours été pour

les principes.

CHARLOTTE. Vous voycz bien qu'elle radote... mais à son âge on n'a plus de mémoire.

W"*" BARNEK , furieuse. Mademoiselle , vous oubliez qui je suis î

CHARLOTTE. C'est vrai, vous êtes à présent dans les baronnes.

Bi'"* BARNEK. Et VOUS , dans les grandes coquettes, à ce que je vois.

LE PARTERRE. Silence dans la loge \

LE DUC. Mesdames, mesdames, je vous prie, ne parlez pas si haut , la pièce est commencée depuis loDg-temps.

; (A ce moment,- des bravos éclatent dans la salle.))

CHARLOTTE , apec colcre. C'est la débutante I

(Le ^duc, M"** Barnek et Charlotte s'élancent pour regarder. Le duc baisse un store.)

LE DUC , aoec fureur. Qu'ai-je vu?., c'est Henriette'..'

(Il relève le store.) CHARLOTTE et M"«^ BARNEK. Henriette î M'"" BARNEK , hors d'elle-même. Une ambassadrice sur les planches !

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