SCENE m
PEKI.
PEKI. Est-ce terrible , une tendiesse paternelle comme celle-là ! C'est qu'il le ferait ainsi qu'il le dit... Ce pauvre prince qui est si aimable n'est plus là pour nous protéger , et , sans s'inquiéter de mon consentement, nion père serait capable de me marier encore comme la première fois. . Oh! non pas... et nous veiTons!... parce qu'une veuve a une expérience que n'a pas une demoiselle ; car... ces pauvres filles...
le' COUPLET.
Quand ou est fille, Hélas 1 qu'il faut donc souffrir!
Dans sa famille Il faut toujours obéir , Sitôt chez nous qu'à 'oavarder On voudrait se hasarder , Mon père dit en courroux :
Taisez-vous.
Les parens , toujours exigeans, Ne veulent en aucun tems Laisser parler leurs enfans ;
Mais quand on a son mari, Ce n'est plus ça, Dieu merci» Attentif et complaisant, Il écoute galamment;
Quand on est femme On parle et je parlerai ,
Sans que réclame Yanko, que je charmerai.
Car Yanko n'a pas un défaut , Loin de commander tout haut, Il ne dit jamais un mot; Oui, Yanko n'a pas un défaut, Loin de commander tout haut Il m'obéirait plutôt.
Voilà l'époux qu'il me faut.
Quand on est £lle Il faut an fond de son cœur, De sa famille , Hélas! supporter l'humeur.
Je sais que mon père a bon cœur , Mais dès qu'il entre en fureur Gare à qui tombe sondain Sous sa main ; Et contre moi , sa seule enfant.
Il s'emporte à chaque instant Et me bat même souvent ; Mais quand on a son mari Ce n'est plus ça, Dieu merci !
Yanko , je le dis tout bas, Yanko ne me battrait pas.
Quand on est femme On est seule à commander ,
Devant madame Yanko va toujours céder , Car Yanko n'a pas un défaut.
Lorsqu'on lui dit un seul mot Son cœur s'apaise aussitôt ; Oui, Yanko n'a pas un défaut.
Loin de me battre , en un mot , Moi je le battrais plutôt ; C'est là l'époux qu'il me faut.
( Regardant à droite.)
C'est lui !... C'est étonnant comme il a l'air triste depuis son voyage en l'air !
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