‹ Recueil d'opérasChapitre 148 sur 1141 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE CHOEUR

O séduisante ivresse!

O volupté des cieux!

Vous habitez sans cesse En ce séjour heureux !

AIR

En vain de mon jeune âge Leurs soins charmaient le cours!

Hélas! dans l'esclavage Il n'est point de beaux jours!

De ces ruisseaux les ondes jaillissantes , Tous ces trésors dont l'œil est ébloui , Ces bois, ces prés , ces nymphes séduisantes Ne m'inspiraient qu'un triste et sombre ennui !

En vain de mon jeune âge

Leurs soins charmaient le cours,

Hélas ! dans l'esclavage

Il n'est point de beaux jours!

Mais soudain !...

CAVATINE

De ma délivrance La douce espérance Sourit à mon cœur !

Pour moi plus d'alarme , Ici tout me charme !• Et tout est bonheur !

Tout a changé dans la nature L'air est plus doux, l'ondo plus pure ! Des oiseaux les chants amoureux Sont pour moi plus harmonieux !

De ma délivrance

La douce espérance

Sourit à mon cœur !

Pour moi plus d'alarme ,

Ici tout me charme

Et tout est bonheur ! i

( Sur un geste de la princesse , toutes les femmes sortent, excepté Lo-Mangli.)

LO-HANGLI. Oui , quelques heures encore , et vous serez libre , et l'enchantement qui vous retient ici sera rompu , grâce à ce joli petit prince chinois qui nous est arrivé hier !

STELLA. Aura-t-il assez de courage et de sagesse pour mettre à fin une telle entreprise ?

LO-MANGLI. Je le crois bien , avec la précaution que vous avez prise , de ne pas rester auprès de lui !

STELLA. Il l'a bien fallu! il était si tendre, si empressé

LO-MANGLI. Et puis si étotirdi.

STELLA. Conviens aussi que notre aventure est bien étonnante.

LO-MANGLI. Pas pour nous qui voyons les choses d'un peu haut ! mais sur terre , je suis persuadé qu'il y a des gens qui n'y croiraient pas, qui diraient: c'est invraisemblable !

STELLA. Celle que toutes les nuits il voyait , c'était moi î

LO-MANGLI. Et celui qui vous apparaissait dans tous vos songes...

STELLA. C'était lui ! de sorte que quand nous nous sommes vus pour la première fois... *

LO-MANGLI. Vous VOUS êtes reconnus ?

STELLA. Qui donc pouvait de si loin nous réunir ainsi .

LO-MANGLI. Quelque enchanteur qui, dès long-tems sans doute, vous destinait l'un à l'autre; celui-là même , peut-être, qui autrefois vous a enlevée de la cour du grand -mogol votie père, pour vous transporter dans cette planète où il a mis à votre délivrance des conditions...

STELLA. Si bizarres et si difficiles.

LO-MANGLI. Vous trouvez... {On entend en dehors vn appel de trompettes.) Encore un voyageur que nous amène le cheval de bronze. ou

STELLA. Ah ! quel ennui !

LO-MANGLI. Vous ne disiez pas cela autrefois ; cela vous amusait ! mais rassurezvous , je me chai'ge de le recevoir.

STELLA. Et de le faire repartir sur-lc champ !

LO-MANGLI. Dam !... je tâcherai.

STELLA. Adieu! je vais voir pendant quelques minutes...

LO-MANGLI. Ce pauvre prince qui ions aime tant !

STELLA. Il le dit, du moins.

LO-MANGLI. Comme tous les voyageuivs qui viennent ici ! A beau mentir qui vient de...

STELLA, vwement. Que dis-tu?

?2 LE-MAGASIir

LO-MANGLI, ae même. Non! non! je me irompe , celui-là ne ment pas.

(Second appel de trompettes plus fort que le premier. — Stella sort p'ar la gauche, et Peki entre par la droite.)

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