‹ Recueil d'opérasChapitre 149 sur 1141 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

LO-MANGLI, PEKI.

PERI, se bouchant les oreilles. C'est assez... c'est assez!... je l'ai bien entendu... des grandes statues de femmes avec des trompettes... qui me répètent l'une après l'autre : Si tu racontes ce que tu auras vu ici... tu seras changé en magot... Eh ! je le savais déjà... je le sais de reste!... ce n'est pas là ce qui m'effraie !

Î.O-MANGLI. Je vois , beau voyageur, que vous êtes brave !

PEK.I, timidement. Pas beaucoup!

{S' enhardissant.) Mais enfin je suis venu sur le cheval de bronze pour tenter l'épreuve.

LO-MANGLI. Et délivrer la princesse!

PERI. Oui ; en m'eaiparant de ce bracelet magique qui seul , dit-on , peut rompre tous les enchantemens... {A part.) Ce qui sera bien utile pour ce pauvre Yanko, que j'ai laissé...

(Imitant la position d'un magot.)

LO-MANGLI. Et vous êtes bien décidé!...

PERI. Très-décidé. Mais pour devenir maître de ce bracelet, que faut-il faire?... voilà ce que je ne sais pas encore...

LO-MANGLI. Et ce que je dois vous apprendre ! . . . Il faut dans cette planète. . .

PERI. C'est ime planète!...

LO-MANGLI. Celle de Vénus , où il n'y a

que des femmes! Il faut pendant luie

journée entière rester au milieu de nous , calme et insensible.

PERI. Si ce n'est que cela!...

LO-MANGLI. Oui-dà! et quelles que

soient les épreuves auxquelles vous serez exposé, ne pas manquer un instant aux lois de la plus stricte sagesse.

PERI. J'entends !

LO-MANGLI. Car, à la première faveur que vous demanderez...

PERI. Vous refuserez!...

LO-MANGLI, d'nn air doucereux. Mon Dieu non!... il ne tient qu'à vous... on ne vous

empêche pas ! mais au plus petit baiser

que vous aiu'ez pris. . . crac ! . . . vous redescendrez à l'instant sur la terre , sans pouvoir jamais remonter le ch«val de bronze, ni revenir en ces lieux.

PERI, étonnée. Est-il possible!... {Vivement.) Ah! mon Dieu!., .et j'y pense main-

THBATRAL.

tenant. . . {A Lo-MangU. ) Quels sont le derniers voyageurs qui sont venus ?

LO-MANGLI. D'abord le prince de la Chine, qui est encore dans ces jardins... un concurrent redoutable ! car, encore une heure ou deux, et la journée sera écoulée. . . jamais aucun voyageur ne nous a fait une aussi longue visite!...

PERI. C'est très-bien à lui !.. . et puis ?

LO-MANGLI. Le grand mandarin Tsing- Sing... un vieux qui s'est arrêté ici îissez long-tems... deux heures!

PERI. Voyez-vous cela! à son âge!

Mais avant eux?...

LO-MANGLI. Ah! je mêle rappelle... un jeune fermier nommé Yanko!

PERI, vivement. C'est lui!... eh bien?...

LO-MANGLI. Il est à peine resté \m instant!...

PERI , avec colère. Quelle indignité !

LO-MANGLI. II est reparti tout de suite... tout de suite!...

PERI. C'est affreux!... moi qui l'aimais tant!... moi qui viens ici pour le retirer de la position où il est... exposez-vous donc pour de pareils magots!... Je suis d'une colère !... et si dans ce moment je pouvais me venger... {S' arrêtant.) Mais il n'y a ici que des femmes!... {A L,o-Blangli.) Mademoiselle, dites-moi, je vous prie...

LO-MANGLI , s* approchant vivement. Tout ce que vous voudrez...

PERI. Vous êtes certainement bien gentille... bien aimable...

LO-MANftLl, à part. Pauvre jeune homme ! . . . il va s'en aller ! . . . [Haut et regardant

du côté de la coulisse à gauche.) Tenez

tenez. . . voyez-vous de ce côte.. . c'est Stella et le prince!...

PERI , à part. Je ne veux pas qu'il m'aperçoive {Entraînant Lo-Mangli par la

main du coté à droite.) Venez... venez...

LO-MANGLI , en s'en allant. En voilà un qui ne restera pas long-tems ici... et c'est dommage... car il est gentil!...

(Elle sort avec Peki par la droite.

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