SCENE V
STELLA, PEKI.
DUO
STELLA
Quel désir vous conduit vers nous , bel étranger? PEK.I , froidement.
Le seul désir de voyager !
STELLA
Pas autre chose !
PEKI.
Eb ! mais... peut-être aussi, madame, Le désir de vous voir !
STELLA , açec coquetterie et baissant les yeux.
Comment!... vous m'aimeriez?
PEKI.
Non , vraiment !
STELLA, étonnée.
Que dit-il?
PEKI.
Jamais aucune femme Ne m*a va tomber à ses pieds.
STELLA , a part.
Dieu! quel air suffisant] déj^ je le déteste!
{HauL) Kh <Tuoi ! nulle beauté dans ce séjour céleste De vous charmer n'a le pouvoir f
PEKI f froidement.
Aucune !
STELLA
Aucune I {A part») Ah ! c'est ce qu'on va vior!
ENSEMBLE
STELLA
De cette ame si fière Ah ! je triompherai, Car je prétends lui plaire Et j'y réussirai!
Oui... oui... je l*ai jurël
PKKI.
I OuL.. oui... beauté <i fière
Je vous résisterai!
Je ris de sa colère Et je réussirai! Oui... oui... je l'ai jure!
STELLA, s'approchant de Peki d'un air cares$ant.
On m'avait dit pourtant que j'avais quelques cbaT<
mes!
PEKI, d'un air indijférent et sans la regarder.
Oui! vous n'êtes pas mal!
STELLA, avec coquetterie.
Qu'en savcz^oui?
PEKI.
Pourquoi!
STELLA
) Vous n'avez pas encor jeté les yeux sur aïo!!.
Craignez-vous de me vpir? \
Rien!
WBXIi
Je le puis sans alarmes !
[La regardant et n'earaminant que sa parure.) J'aime de ces habits l'élëgance et le goût! Ce ;iche bracelet...
(Jpart). .
Qui bientôt, je le pense, Va tomber en ma puissance !
(Haut.)
Qu'il est beau !... qu'il me plaitl
STELLA , avec dépit.
Voilà tout!
Et moi?
PEKI , la regardant.
Vous!... ah! ie dois le dire!
\o\\\ des traits charmans et faits pour tout se'duire, Et (es beaux yeux...
STELLA , le regardant avec tendresse.
Ces yeux!... eh bien?
PEKI.
Eh bien!...
Sur mon cœur ne font rîen !
STELL/l , avec dépit.
Rien!!
PEU, françuillement.
ENSEMBLK
STELLA
Je suis d'une colère , Eh quoi ! je ne pourrai Le se'duire et lui plaire.
Oh ! i'y réussirai I Oui... oui.. .je l'ai juré!
PESI.
Oui , oui, beauté si Eère
Je vous résisterai.
Je ris de sa colère ,
Ef je réussirai !
Oui... oui... je l'ai juré!
Grâce au ciel! la iournée avance dans son cours !
STELL.\
C'est {ail de moi !.. mon Dieu, venez à mon secours i
{S^approchant de Peki.)
Eh bien ! puisqu'il faut tout vous dire , Pour un autre que vous, mon cœur, hélas ! soupire !
PEKI , gaîment.
Vous ne m aimez donc pas !
STELLA
Non vraiment !
PEKI , froidement, .y^^^ C'est très-bien !
STELLA , timidement.
Et voilà pourquoi je désire.
Que vous partiez !
PEKI.
Partir d'ici!.^ ^ar quel moyen?
STELLA , avec «^ Jjarras.
Oh ! le moyen est terri^'^e à vous dire y Et demoi qu'allez-' ^ous p enser ?
IS MAGASIN XBiATiLAL.
Il faudrait pour cela... sur-le-champ... m'embrasser !
Qui? moi !... cela m'est impossible !
STELLA
Quoi! vous me refusez... vous êtes insensible! D'autres pourtant à mes genoux M'ont demanda ce que j'attends de vous 1
EîiSEMBLE.
STELLA
O mortelle souffrance !
Je suis en sa puissance, Me voilà sous sa loi!
Pour moi plus d'espérance ^ Déjà l'heure s'avance.
Tout est fini pour moi !
PEKI.
Ah ! mon Bonheur commence, Elle est en ma puissance , Je la tiens sous ma loi!
Oui, courag« !... espérance !
Bientôt l'heure s'avance, La victoire est à mol !
STELLA , à Peki d'un air suppliant.
Ainsi donc l'espoir m'abandonne!
Et sur votre rigueur je ne puis l'emporter !
PEKI , à part et la regardant avec malice»
Si j'étais homme \ \ !
(Avec sentiment^
Yanko , je te pardoune:
Comment lui résister?
STELLA
Ce qu'ici je demande __,
Est-Û faveur si grandt ?
Et si cruel pour vous !
Je suis femme !... et j'implore !
Et s'il faut plus encore.
Je suis à vos genoux 1
{Elle se met à genoux. Peki fait un pas vers etk pour la relever et puis s'arrête.)
ENSEMBLE
STELEA.
O mortelle souffrance !
Déjà l'heure s'avance.
Et je tremble d'effroi !
Pour moi plus d'espérance.
Je suis en sa puissance , Tout est Eni pour moi !
PEKI.
Ah ! mon bonheur commence f Elle est en ma puissance Je la tiens sous ma loi !
Oui, courage !... espérance !...
Bientôt, l'heure s'avance, La victoire est à moi !
( La nuit obscurcit le théâtre et des nuages cor»mencent à les environner.) STELLA.
Le jour s'enfuit,
Voici la nuit.
Adieu, toi! qui reçus ma foi!
Ce talisman me soumet à sa loi !
Je me meurs 1 c'est fait de moi!
LB CBEVAL DB BKONZB.
PEU
Le jour s'enfuit!
Yoîci la nuit.
H m'ap|iarlicut ! il est à moi!
Le talisman qui la met sous ma loi !...
{Elle arrache le bracelet que porte Stella.)
La victoire est à moi !
{Stella tombe évanouie. — Un coup de tam-tam se fait entendre. — Peki et Stella disparaissent et di scendint sur terre. — Les nuages qui couvraient le théâtre se lèvent peu à peu et l'on aperçoit la grande pagode richement éclairée. — l'sing-Sing , toujours en maf>ol , est placé au milieu du théâtre sur un grand piédestal. —- A sa droite Yang et à sa gauche Yanko aussi en magot, sur des piédestaujc n,oins élevés.)