ACTE I, SCÈNE III
UAIJiUUMO.
C'csl bien qiicl([iii' rliose!.. je serais le premier de ma l'aniillo... Mais, qui nous l'assure?.,
HKBOLI.KUO.
Moi !.. Antonio Re!)()ile(lo, qui ne vous ai jamais trompés. .. et qui vous réponds de Calarina, mu nièce, et de son pouvoir.
!Ml!G.NOZ.
Pourquoi, alors, ne la voit-on jamais?., car lorsqu'elle vient ici, c'est avec toi seul qu'elle coiiuiiunique.
ISiRIÎAUlGO.
A toi seul qu'elle daigne donner ses ordres , Dn reste, toujours absente.
HEBOLLEDO.
Dans votre intérêt!., jeune et belle comme elle l'est, et surtout élevée comme une duchesse; car Salvator, mon frère, qui avait d« la religion, l'avait mise dès l'âge de douze ans au couvent de la Trinitad... et, maintenant, reçue et accueillie dans les premières maisons de Lisbonne, elle nous tient au courant de tout ce qui s'y passe... elle veille sur nous et nous protège de loin , par le crédit de tous ces beaux seigneurs (jui lui font la cour... et qui s'en viennent tous les soirs jouer de la guitare sous son balcon.
MliGNOZ.
C'est qu'au fait c'est une belle flUe !..
REBOI.LEDO.
Je m'en vante!., et j'en suis fier pour nous!.. uue vraie bohémienne... une fille des montagnes, qui, transplantée au milieu des salons, y éclipse toutes les beautés de la cour.
MUGNOZ.
Ça ne m'étonne pas !.. elle promettait ça déjà dès l'âge de douze ans , quand elle était ici comme servante... nous versant le genièvre ou le Madère.
BARBARIGO
Ou qu'avec ses castagnettes elle nous chantait la ronde des Enfans de la nuit.
REBOLLEDO.
Qu'elle n'a pas oubliée... elle la fredonnait encore hier.
BARBARIGO
Elle est donc ici?..
REBOLLEDO.
Au couvent de la lAIontagne , oii elle est arrivée comme une grande dame, en bel équipage... et par le passage souterrain qui communique à cette voûte... elle viendra aujourd'hui.
MUGNOZ.
Aujourd'hui!..
REBOLLEDO.
Inspecter les travaux qu'elle a commandés, et donner ses ordres... Et songez-y, morbleu! si l'un de vous lui manquait, (Touchant sa ceinture.) mon arsenal ne le manquerait pas !
MUGNOZ, riant.
On dirait vraiment qu'il est amoureux de sa nièce.
REBOLLEDO.
Et pourquoi pas?., par la Madone delPilar! si je vous disais ce qu'elle a fait pour moi!.. Savez-vous que, dernièrement, en écoulant à Lisbonne les produits de nos fabriques , j'étais tombé, comme faux-monnayeur, entre les mains Uh graud-iiiquisiteur et dans celles du comte de
(®»Campo Mayor, ministre de grâce et de justice... I et que le lendemain j'allais être jugé et pendu... I foi d'honnête homme ! c'est-à-dire, bridé !... lorsque Catarina elle-même est descendue dans mon cachot , et à la lueur de mon bûcher qui déjà llainhoyait, el!.? m'a enlevé à l'inquisition, qui n'y a vu que du feu.
lîAUBARIGO.
Ah ! s'il en est ainsi, je me fais tuer pour elle!
MUGNOZ.
Moi de même!..
REBOLLEDO.
Silence! voici l'heure où elle doit arriver.... prévenons les ouvriers. { A Barbarigo. ) Et toi, sonne la cloche !
DON HENRIQUE, à part.
C'est fait de moi.
MUGNOZ et REBOLLEDO, qui ont fait quelques pas vers l'entrée du souterrain, aperroivent don Henrique qui en soit.
O ciel !
(Barbarigo sonne une cloche, et au moment où don Henrique a tiré son épée pour se défendre contre Rebolledo et.Mugnoz qui lui font face, tous les faux-monnayeurs s'élancent en foule du souterrain derrière don Henrique qu'ils entourent et désarment.)
CHOEUR
Ah ! de notre colère, Qu'il craigne les effets; La mort, au téméraire Qui surprend nos secrets.
La mort! la mort!
(Ils lèvent tous leurs poignards sur don Henrique qu'ils veulent frapper.)