SCÈNE YII
Les Mêmes, REBOLLEDO.
TiEBOLLEDO.
La voiture de M. le Marquis est prête !
DON HENRIQUE
Déjà !
REBOLLEDO, montrant un déjeuner que l'on apporte sur une table, et que l'on place sur le devant du théâtre.
Et voici le chocolat de la scnora.
DON HENRIQUE
11 a parbleu bonne mine.
REBOLLEDO, à Don Henrique.
La voiture...
DON HENRIQUE
C'est bien!.. Et moi qui vais me remettre en route... Je me rappelle justement que je suis à jeun!
Est-ce que M. le Marquis daignerait me faire l'honneur de partager mon déjeuner?.. Une tasse à M. le Marquis !
(L'ouvrier qui a mis le chocolat sur la table apporte
une tasse qu'il y place également.)
DON HENRIQUE
Trop heureux d'une pareille bonne fortune !
CATARINA
Vous qui étiez si pressé !..
DON HENRIQUE
Je reste, Senora; je reste seyant.) C'est charmant !
(A part, s'as-
ENSEMBLE
DON HENRIQUE, à part.
Le doux téte-à-tétel Le joli repas!
Ma bouche discrète N'en parlera pas !
Mais près d'elle, à table, Être en ce moment, Ah! c'est admirable!
Ah! c'est ravissant!
CATAuiNA, à part.
L'heureuse conquôte !
Le joyeux repas! Sa bouclic discrète N'en parlera pas ; Mais, voira ma table Seigneur si galant, Ahl c'est admirable!
Ahl c'est ravissant!
DON HENRiQLE, la regardant.
Quel feu dans ses beaux yeux rayonne!
CATAr.iNA, lui versant du chocolat.
Comment le Irouvez-vous?
DON IIENRIQLE.
Très bon !
(A part.'
Quelque fabricant de Hayonnc Dont on pilla la cargaison.
CATAniNA, lui oITrant des «gâteaux.
Votre seigneurie en vcul-cUe?
DON HENRIQUE, à part.
Que ces doigts sont fins et jolis!
Que cette main est blanche et belle, Pour commander à ces bandits !
CATARiNA, à ReboUedo, qai lui oCFrc une assiette. Non, grand merci de votre zèle.
Vous ne mangez pas ?
DON HENRIQUE
Je fais mieux.
(A dcini-toix, lui nionlraiit Kebolledo.)
Mais cet oncle, en valet fidèle,
Ne vous quitte donc pas des yeux !.
CATARINA, à ReboUedo.
Laissez-nous, BEBOixEDo, hésitant et regardant don Henrique. Mais... mais...
CATARINA
Je le veux!
ENSEMBLE
Le doux tête-à-tête î Le joli repas!
Ma bouche discrète N'eu parlera pas!
Mais près d'elle, à table, Narguer ce brigand, Ah! c'est impayable!
Ah ! c'est ravissant !
CATARINA
L'heureuse conquête !
Le joyeux, etc.
DO.N HENRIQUE, examinant Catarina, qui regarde au. tour d'elle avec inquiétude.
D'où viennent le trouble et la crainte Que je crois lire dans tes yeux?
Est-ce la force ou la contrainte Qui te retiennent en ces lieux ?
S'il est vrai, pour briser ta chaîne Et pour t'arracher de leurs bras, Je brave tout I
CATARINA
T'exposer au trépas, Pour moi, quetuconnais à peine!
Que dis-je ? hélas ! que tu connais trop bien!
DON IIENRIQIE.
Cela félonne?
CATARIKA.
Non; d'un cœur tel que le tien, C'est bien, c'est gcncrcux, et je t'en icmercic.