SCÈNE IV
Les Mêmes; pendant que don Henrique et Diana cliantcnt auprès du clavecin et que tout le monde
LES DIAMANS DE LA COURONNE
est assis autour d'eux, paraissent, à la porte du fond, en liabits de voyage, REP.OLLEDO, tenant sous son bras la cassette qu'on a vue au premier acte ; CATARINA , à qui DON SÉBAS- TIEN donne la main à leur entrée; les personnes qui sont assises veulent se lever, Catarina fait un geste de la main pour qu'on ne se dérange pas, et, surtout, pour qu'on n'interrompe pas les chants, et elle vient doucement se placer sur un fauteuil au bord du théâtre, à gauche; don Sébastien et Rebolledo se tiennent debout derrière elle. DON HENRiQUE, qui Chantait, l'aperçoit en ce moment en face de lui.
Ociell..
(Balbutiaot en chaotaot.)
Jeunes filles des campagnes...
Des campagnes...
DIANA
Qu'avez-vous donc?
DON HENRIQDE.
Moi ? rien I
Je n'y vois plusl Ou j'y vois mal!
(Chantant.)
Dans les défilés des montagnes...
Des montagnes...
Je m'y perds!
DIANA
Mon cousin... c'est vous qui n'allez plus! DON HENRiQUE , hors de lui.
Non, non, mais à mes yeux tout est trouble et confus!
ENSEMBLE
DON HENRIQDE.
G surprise nouvelle I Elle est là, je la voi; Et je frémis pour elle , Et de trouble et d'effroi.
CATARINA et REBOLLEDO.
G surprise nouvelle!
C'est lui que je revoi !
Mais, discret et fidèle, Il gardera sa foi !
DIANA, SÉBASTIEN et le CHCECR , montrant Henrique, Gui, malgré tout son zèle, 11 s'embrouille , je croi, Sa musique nouvelle Lui cause cet effroi !
CATARINA , à Diana , qui veut rester près d'elle. Non , nous serions désolés d'interrompre Ce concert délicieux.
Continuez , de grâce !
Eh ! quoi , près de ces lieux , Votre chaise vient de se rompre?..
CATARINA
Eh ! oui , vraiment , un accident , Qui de nos postillons prouve la maladresse.
Je voyageais avec mon intendant.
DON HENRIQDE, vivement, et montrant Rebolledo. Ahl Monsieur est intendant?
REBOLLEDO, saluant.
De madame la Comtesse.
TODTES LES DAMES, à dcmi-VOiX.
Ah! c'est une comtesse?
REBOLLEDO, à hautc voix.
ta comtesse de Villa-Flor !..
DON HENRIQDE , à part.
Allons , autre mensonge encor i «g^
«^ CATARINA, à Diana.
Et je viens implorer la bonté protectrice...
DON HENRIQUE, à haute voix, et avec intention. Du comte de Campo Mayor, Du ministre de la justice...
CATARINA et REBOLLEDO, à part.
Ahl grand Dieu !
DON HENRIQDE , de même.
C'est chez lui que vous êtes t CATARINA , à part.
J'entends !
DON HENRiQiE, bas à Catarina.
Et si vous m'en croyez, n'y restez pas long-temps!
ENSEMBLE
DON HENRIQDE.
G surprise nouvelle , etc.
REBOLLEDO et CATARINA.
G surprise nouvelle I etc.
DIANA et DON SÉBASTIEN , regardant Catarina. Qu'elle est aimable et belle !
Ah 1 chacun , je le croi , ,
Serait heureux , près d'elle.
De vivre sous sa loi !
DIANA , s'adressant à don Henrique.
Allons, mon cher cousin, et pour la Senora.
CATARINA, à part, souriant.
Son cousin!.. C'est, alors, la belle Diana.
DIANA
Achevons donc notre romance.
CATARDJA.
Que de bontés !.. J'écoute.
DON HENRIQDE.
Oh! non! je ne pourrais...
DIANA
Et pourquoi donc?
DON HENRIQDE', jetant le papier sur le clavecin. Elle est trop difficile!
CATARINA, prenant le papier qu'elle parcourt des yeux.
Eh! mais, Rien n'est plus simple... et, je le pense. Tout le monde la chanterait.
DUNA , vivement.
Vous, sans doute?
CATARINA, souriant.
Mais, oui... si j'étais nécessaire, Mais je ne le suis pas!
DIANA
Vous l'êtes , en effet , Car mon cousin refuse ; et c'est là le salaire
Que j'attends de votre bonté, Comme prix, Senora, de l'hospitalité.
REBOLLEDO , voulaot la retenir.
Mais , Madame...
DON HENRIQDE , à part.
Elle accepte! Ah! grand Dieu! quelle audace!..' Lorsque mon oncle est là... quand on peut les saisir! Ah! c'est d'un aplomb qui me passe, Et pour elle me fait frémir !
NOCTURNE et BOLÉRO, à deux voix.
CATARINA et DIANA. i
Dans les défilés des montagnes , Sous la voûte du Rocher noir, "
Jeunes filles de nos campagnes, Gardez-vous de passer le soir !
Là, presque invisible,
Se cache, dit-on,
Un brigand terrible*