ACTE II. SCÈNE IV
In
L'effroi du canton 1
Qui seul de sa bande ,
Pouvant tout oser.
Jamais ne demande
Rien qu'nn seul baiser I
Chacun a ses doutes
Sur l'audacieux...
Mais nous disons toutes :
C'est un amoureux !
Tra la, la, la, lai
ENSEMBLE
DON HENRiQCE, à demi-voix à Catarina.
Assez, assez!., mon oncle peut venir I Assez, assez!., hâtez-vous départir!
CATARINA
Tra la, la, la, la t La, la, la, la, la!
ceœuR.
Douce voix qui vient nous ravir, Ah 1 que de charme et de plaisir I
DON HENRioLE, de même, à Catarina.
Ab ! c'est vouloir tenter le sort l
Assez I
DIANA, qui l'entend.
Comment, assez!
DON HENRIQCE, tout haut et feignant de se tromper. Je voulais dire : Encor !
CATARINA et DIANA.
Oui, toujours il guette
Les minois fripons ;
Gaîment, il arrête
Les jeunes tendrons.
Et quand, au passage,
On vient s'exposer.
Pour droit de péage.
Il veut un baiser !
Chacun a des doutes
Sur l'audacieux;
Mais nous disons toutes ;
C'est un amoureux!
Tra la, la, la, la I
DIANA, à Catarina.
Vous avez avec moi , charmante Senora , Daigné chanter, et c'est beaucoup déjà ; Mais tant de complaisance est par vous prodiguée , Qu'ici je voudrais bien vous entendre à présent ,
Seule I
DON HENRIQCE, vivement, à Diana.
Y pensez-vous?.. C'est abuser...
Non, vraiment l Je ne suis pas du tout fatiguée l
(EUe cbante seule.)
Ah! je veux briser ma chaîne, Disait le bel Ivan !
Tu causes trop de peine ,
Amour, va-t'en!
11 s'envolait déjà, Ivan le rappela...
Ah l ah ! ah ! ah ! ah I Qui le maudit, toujours y reviendra.., DON HENRIQCE, bas, à Catarina.
Prenez garde! Je frémis... c'est assez!
CATARINA
Allons , n'ayez pas peur, Calmez votre frayeur.
DON HENRIQCE.
Mftis, mon oncle... '
» CATARINA
Il ne vient pas!
Tra la, la, la, la!
DON HENRIQDE.
Mais s^il vient?
CATARINA
Il m'applaudirai
ENSEMBLE
DON HENRIQCE , à Catarina. Assez, assez!., hâtez- vous de partir I Assez, assez!., mon oncle va venir!
CATARINA
Tra la, la, la, la, la, la, la, la, lai
CHŒUR
Douce voix qui vient nous ravir.
Quel charme heureux et quel plaisir!
DON SÉBASTIEN et LES ASSISTANS, entourant
Catarina.
C'est charmant ! c'est délicieux !
CATARINA
Vous êtes trop bons !
DON HENRIQUE, à part.
Elle reçoit leurs cooiplimens avec une aisance et un sang-froid...
REBOLLEDO , qui a entendu don Henrique.
Madame la comtesse y est habituée.
DIANA
Le bal commence dans les salons à côté... et si , pendant les deux heures qu'elle nous donne, la Senora voulait accepter une danse française ou une valse...
CATARINA
Je vous remercie.
DON HENRIQUE , à part.
C'est bien heureux !.. j'ai cru qu'elle allait encore accepter !
DIANA , à Rebolledo , montrant la table de jeu.
Monsieur voudrait-il jouer ?.. (a Don Sébastien.) Don Sébastien, offrez à monsieur une carte ou des dés.
DON HENRIQUE , à part , montrant Sébastien qui s'assied à un trictrac avec Rebolledo.
Le malheureux va se faire duper ! ou s'il gagne, on le paiera en fausse monnaie... Et ne pouvoir l'averdr!.. n'importe ! ayons l'œil sur lui... car il y a ici tant d'or et de diamans, que cela m'effraie pour mes nouvelles connaissances!..
DIANA , à Catarina , la conduisant à une table à droite, où sont déjà les dames.
Aimez-vous mieux, ainsi que ces dames, parcourir ces gravures , ces livres et ces gazettes ? CATARINA , à Diana.
On ne m'avait pas trompée, en me parlant de la belle Diana comme de la personne la plus gracieuse et la plus aimable !
DIANA , qui a ouvert une gazette.
Ah ! mesdames, voici dans la gazette de l'Estramadure, l'aventme la plus bizarre et la plus amusante... Une histoire de voleurs!..