‹ Recueil d'opérasChapitre 197 sur 1141 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les MÊMES, L'HUISSIER de la chambre.

l'huissier, annonçant.

Son excellence le comte Antonio Las Moril-

lasde Fuentès.

(Parait ReboUedo, richement habillé, portant des plaques et des cordons. Les acteurs sont placés dans l'ordre suivant : Sébastien , le premier à gauche, sur le devant du théâtre; Campo-Mayor, remontant ou fond, au-devant de Rebolledo, qui est placé le troisième ; Diana et Don Hcnrique, à droite.)

QUINTETTE

DIANA , l'apercevant.

0 ciell

bO.N UEJiRIQUE .

0 ciel!

l'apercevant.

DON sÉnASTiEN, dc même.

O ciel :

(llle «uil 'liiflque temps dis \«ui a»'c <liircl«cloii , pui» , »o>« Ctiiipo UaiiOr, >|ui lui parle n tni< bïsai.l

Ah '. vous connaissez donc, Vous êtes bien sûr dc connaître Le comte de Fucntèsî

CAMPO AfATOn.

En aucune faron.

Les Fuentès sont connus par eux-mêmes... DON SÉBASTIEN , à part.

Peut-être.

CAMPO MAYOR , à Rebolledo.

Moble maison , je crois, du Beïra.

REBOLLEDO.

Oui , monseigneur.

CAMPO MAYOR

Descendant de don Sanchc?

REBOLLEDO, froidemcot.

Nous sommes, nous, Fuentès de Tavira.

CAMPO HATOR.

Alors, c'est une autre branche.

Je n'ai pas eu l'honneur de vous voir , je le crois , A la cour.

REBOLLEDO, froidement.

M'y voici, pour la première fois...

DON SÉBASTIEN , à part , le regardant.

Plus dc doute , c'est lui !

CAMPO MAYOR

Vous y venez, je pense.

Pour le couronnement?

REBOLLEDO, de même.

Oui, j'y suis invité, La Reine, ce matin , m'attend en audience.

DON SÉBASTIEN , à part.

0 ciel ! ce n'est pas lui !

DOS HENRiQCE, à part, regardant Rebolledo. D'une telle impudence.

Je ne puis revenir...

(A don Sibastien qui le lire pur son liab l.)

Qu'est-ce?

DON SÉBASTIEN , à dcmi-voix , lui montrant Rebolledo.

Dc ce côté, Regarde...

DON HENRIQCE.

Eh bien?

DON SÉBASTIEN

Eh bien ! cette figure , Le comte Antonio Las Morillas Fuentès

De Tavira... ne t'offre pas les traits D'un coquin, d'un fripon...

DON HENRiQiE , à part , avec effroi.

0 ciell Non , Je tejureî DON SÉBASTIEN , de même.

De l'intendant dc la Catarina !..

DON HENRiQtE , haussant les épaules.

Allons donc I

DON SÉBASTIEN

Mais regarde...

DON BENRIQCE.

Allons donc t

DON SÉBASTIEN

Je l'assure Qu'il lui ressemble.

DON HENRIQUE

Mol , je ne vois pas cela.

DO?: SÉBASTIEN, s'cchauffunt, c®* Quoi 1 ces traits. . .

LES DIAMANS DE LA COURONNE

DON HENRiQCE, de même.

Non, mon cher...

DON SÉBASTIEN

Quoi! son air, sa tournure...

DON HENRIQCE.

Pas le moindre rapport.

DON SÉBASTIEN

C'est frappanti

DON HENRIQCE.

Nullement.

Pas le moindre rapport, et tu rêves, vraiment.

ENSEMBLE

DON SÉBASTIEN

Je ne sais si je veille , Ressemblance pareille , Me semble une merveille, El tient du fabuleux; Au trouble que j'éprouve , C'est lui , tout me le prouve , Et moi seul , je le trouve, Et moi seul, j'ai des yeux.

DON HENRIQCE et DIANA.

Oui, d'honneur, il sommeille.

Tais-toi , je te conseille ; Ressemblance pareille, Ne frappe pas mes yeux.

Ici , tout vous le prouve, Chacun vous désapprouve.

Et personne ne trouve Ce rapport merveilleux.

REBOLLEDO.

Oui , ce monsieur sommeille , Insistance pareille, Me semble une merveille.

Et tient du fabuleux.

Ici , tout vous le prouve , Chacun vous désapprouve , Et personne ne trouve Ce rapport merveilleux.

CAMFO UATOR.

Quel est donc ce débat?..

DON SÉBASTIEN

A vous , je m'en rapporte, Ne vous semble-t-il pas que ce noble hidalgo Ressemble, irait pour trait, et d'uneétrange sorte, A celui qui s'en vint chez vous, incognito. Et l'autre soir vous demander asile î

CAMPO MAYOR

Je n'en puis pas juger... car je ne l'ai pas vu!

DON SÉBASTIEN

C'est "vrai !

CAMPO HAYOR.

Mais il est facile , A ma fille qui l'a reçu...

Et qui peut. Je le pense, en parler mieux qu'un autre.

Monseigneur a raison, oui, parlez, Senora...

DON HENRIQCE, bas à Diana.

J'ai tenu mes sermens , n'oubliez pas le vôtre.

DON SÉBASTIEN , à Diana , lui montrant Rebolledo. Qu'en dites- vous?

DIANA , d'un air étonné.

Quoi donc?

DON SÉRASTIEN.

Ne trouvez-vous pas là , Xes traits de l'intendant de la Catarina ? DIANA, haussant les épaules.

Allons donc!

' DON SÉBASTIEN

Regardez !

DIANA , de même.

Allons donc!

DON SÉBASTIEN

Je vous jure...

Qu'il lui ressemble...

DIANA

Moi , je ne vois pas cela...

DON SÉBASTIEN , s'échauffant.

Quoil ses traits?..

DIANA

Pas un seul.

DON SÉBASTIEN , de même.

Quoi! son air, sa tournure?

Pas le moindre rapport !

DON SÉBASTIEN

C'est frappant !

DIANA

Nullement , Pas le moindre rapport... et vous rêvez, vraiment I

REPRISE DE l'ensemble.

DON SÉBASTIEN

Je ne sais si je veille , Ressemblance pareille , etc.

DIANA et DON HENRIQCE.

Oui , d'honneur , il sommeille.

Tais-toi , je te conseille , etc.

REBOLLEDO et CAMPO HAYOR.

Oui, ce monsieur sommeille.

Insistance pareille , etc.

DON SÉBASTIEN

Eh! oui, morbleu ! j'entre en fureurl Chacun me traite ici d'insensé, de rêveur,

Je n'ai jamais dit que Son Excellence Fût cet homme... j'ai dit que cette ressemblance Était grande...

TOCS.

Allons donc!

REBOLLEDO , avec uue douloureuse émotion.

C'est possible, en effet...

Permettez... n'est*ce pas un fort mauvais sujet?

Justement... un fripon...

DON HENRIQCE.

D'une impudence extrême,

DON SÉBASTIEN.,'

Que nous poursuivons...

REBOLLEDO , froidement.

Moi de même l

TOCS.

Que dit-il?

REBOLLEDO.

Je venais prier Sa Majesté Pour qu'il fût , par son ordre , au plus tôt arrêté Et renfermé... notre honneur le commande I

CAMPO MAYOR , avoc intérêt.

Quoi! vraiment?

REBOLLEDO. .

Les plus nobles maisons Ont souvent.'par malheur, d'indignes rejetons !

CAMPO MAYOR

C'est un parent ?

REEOLLEOO.

«^ Très proche!

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