SCENE PREMIERE
LORD ELFORT, JULTANO.
JfCLIA^•o. Ah!'' le beau bail... u'cstii pas vrai , mylord?
LORD ELFOUT. Je le trouve ennuyeux à périr.
JULTANG. Vous avez perdu voUe ar gent, je le vois... et combien?
MAGASIN ÏIIEATKAL.
L0ll6»ELF0RT, avec humeur. Je n'en savais rien.
JULIAXO. R assurez-vous I vous le saurez demain par la f.azelle de la cour : Lord Elfurt , atlaché à l'ambassade d'Angleterre , a perdu celle ftuù, au bal de ta reine, cinq ou six cents gainées.
LORD ELFOUT. Ce étaient pas les guinées... je en avais beaucoup... mais c'était le réputation du wliist où j'étais le plus fort joueur de Londres... Et ici, à Madrid, dans le salon de la reine, où tout le monde il se mettait à l'entour pour me admirer. . . j'ai été battu par une petite diplomate espagnol.
JULïANO. En vérité ! mon ami Horace de Massarena, voire adversaire...
LOItD ELFORT. Yes... ce petit Horace de Massarena que je rencontrais partout sur mon passage.
JULÏANO. Un joli garçon !
i.ORD ELFOUT. Je trouvai pas beau.
JULÏANO. Uu galant etaimable cavalier.
LORD ELFORT. Ce était pas mon avis.
JULIANO. C'est celui des dames ; et loin d'en tirer avantage, il est modeste et timide comme une demoiselle je n'ai
jamais pu en faire un mauvais sujet... moi qui vous parle, «noi, son ami intime. Ah ça! mylord, je vous préviens que nous finissons la nuit chez moi... La nuit dclNoël, on ne dort pas ; et si votre seigneurie veut bien accepter un joyeux souper avec quelques jeunes seigneurs de la cour... à ma petite m.aisoo de la porte d'Alcala...
LORD ELFOUT. Et mylady. .. mon femme, qui était dans mon hôtel à dormir en ce moment. . .
JULÏANO. Raison de plus... et s'il vous reste encore quelques guinées à risquer contre nos quadruples d'Espagne , vous prendrez là votre revanche avec Horace de Massarena... Je veux vous faire boire ensemble et vous raccommoder.
LORD ELFORT. Je boirai; mais je ne me raccommoderai pas.
JULÏANO. Eh! pourquoi donc?
LORD ELFORT. J'ai dans l'idée que lui
il portera malheur à moi Depuis deux
jours, mylady, mon femme , me parle toujours de lui.
JULÏANO, è/ourdiment. Parce que c'était mon ami intime.
LORD ELFORT, élonné. Comment?..
JULÏANO, avec un peu d^ embarras. Sans doute... ne suis-je pas votre ami?., l'ami de la maison, et comme j'ai l'honneur de vous voir tous les jours, ainsi que mylady, je lui ai souvent parlé d'Horace ; mais depuis trois jours qu'il est arrivé de France
je ne l'ai pas même présenté à votre femme !..
LOiiD ELFORT. Raisou de plus... elle voulait le connaître.
JULÏANO. Si elle en avait eu bien envie, elle n'aurait eu qu'à venir ce soii au bal de la reine, et vous voyez qu'elle a préféré rester chez elle.
LORD ELFORT. Yes ! elle a préféré d'être malade... et c'était une attention dont je lui savais gré... mais c'est égal... {Apercevant Horace qui entre.) Adieu! je vais dans le salon pour le danse.
JULÏANO. Et pourquoi donc? {Se retournant.') Ah! c'est Horace que je ne voyais pas.
Lord Elfort est sorti par la porte à gauche.