SCENE IV
BRIGITTE et ANGÈLE, aufondduthéa tre ; HORACE , sur le canapé.
TRIO
ANGÈLE, à Brigitte. Toatesl-ii dispose?
ERIfîITTE.
Cest convenu, c'est dit !
ANGKIK.
La voitme à minuit nous attendra!...
HORACB, sur le canapé, a part.
C'est elle!
ANGÈLE, tl Uri^lle.
Et toi, songes-y bien!... au rendez-vous fidèle Dans ce salon h minuit!
BRIGITTE et IlORACB.
A minuit !
A^•GÈL^.
Un instant de retard, et nous serions per-dnas.
BRIGITTE
Je le sais bieiï !
ANOÈLF,.
Et rien quV penser me fait peur ;
BRIGITTE
Allons, madame, allons , du cœur.
Et dans la foule confondues Eu songeant ?.u plaisir, oublions la frayeur I
ENSEMBLE
BRIGITTE et aSCÈI.E.
O belle soiie'e !
Moment enchanteur ! Mon âme enivrée Rdve le bonheur'
HORACE
O douce soinie !
Moment enchanteur !
Mon aille enivrée Renaît au bonheur!
akgÈle, remontant le théâtre.
Nous sommes seules !
LRiGîTiE, redesceitJarit et regardant àii côté, du lariitfié.
•Son ! un cavalier est là Qui nous c'coutc !
ASGÈLE, renieitfjnt vivement son masque.
O ciel !
Horai e s'est étendu sur le canapé, a fervié les yeux et feint de dormir au inuinent oii BngiLli. le regarde.
BRIGITTE
r> assurez-vous, rcadarric, Il dort!
ASGÈLS.
Bien vrai !
Br.IGITTE
Sans doute.
LE DOMINO NOIR
MCMUiei, à pa- 1, les yeux fermes.
Et sur mon ame, Profondément il dormira !
BRiGiTTK, le regardant sous le nez.
Il n'est vraiment pas mal ! regardez-le, de grâce ! AMCBLB, s' avançant.
Ah! grand Dieu !... c'est lui !... c'est Horace! •HiGiTTB, étonnée.
Horace !...
ÂNGKLE.
Eh! oui, ce jeune cavalier Qai nons protégea Tan dernier.
BKIGITTB.
CVst possible... et j'aime à vons croire.
A»GÈLE
Quoi ! ta ne l'anrais pas reconnu?
BRIGITTE
Non vraiment.
Je n'ai pas autant de mémoire Que madame.
HORACE, (7 part.
Ah 1 c'est charmant !
ENSEMBLE
ANGÈLE et BRIGITTK.
O heUe soirée !
Moment enchanteur !
Mon ame enivrée Rêve le bonheur !
HORACE
O douce soirée !
Moment enchanteur !
Mon ame eni^Tée
Renaît au bonheur !
BRIGITTE, rcjfardant du côté du salon, a gauche. L'orcliestre a donné le signal :
Voici qu'à danser l'on commence, Entrons dans la salle du bal, ANGÈLE, ai'ec embarras, et regardant Horace. Pas maintenant.
BRIGITTE
Pourquoi ?
ANGÈLE
Je pense Qu'à -a fin de la contredanse On sera moins remarquée... attendons!
BRIGITTE, acec un peu d'iiitpalience.
Comme vous le voudrez; mais ici nous perdons Un temps précieux.
AKGÈLB.
Non, ma chère.
Lui montrant In porte à gauche.
D'ici l'on voit très-bien.
BRIGITTE, seplaçantprès de lu porte et regardant. C'est juste.
HORACE, a part.
O sort prospère!
AKGÈi.E , s'approchant d'Horace pendant que Brigitte n'est occupée que de ce qui se passe dans la salle de bal.
Ah ! si j'osais...
Non... non. jamais!
PREMIER COEPLET.
r>e trouble et la frayeur dont mon ame est atteinte Me disent que j'ai tort... hélas! je le crains bien. Mais... mais... je puis du moins le regarder sans 11 dort ! il dort ! et n'en saura rien, [crainte. Non, non... jamais il n'en saura rien!
BRIGITTE, quittant la porte a gauche.
Entendez.-vous ce joyeux boléro?
ANGÎiLE , a pan et regardant Horace.
Mon Dieu! mon Dieu!... ce bruit nouveau Va l'éveiller... le maudit boléro!
BRIGIITI.
Le joli bole'ro !
ENSEMRLE.
ANGSLB.
Je crains qa'il ne s'e'veille A ces accords joyeux !
Oui, tout me le conseille.
Fuyons loin de ses yeux !
S' arrêtant.
Non... non... quelle merveille.
Il dort... il dort très-bien!
Mon Dieu! fais qu'il sommeille Et qu'il n'entende rien.
BRIGITTE, riant.
Bien loin qu'il ne s'éveille A ces accords joyeux, Ou dirait qu'il sommeille, Et n'en rêve que mieux !
Ah ! c'est nne merveille.
Et je n'y conçois rien; Vraiment, quknd il sommeille.
Ce monsieur dort très-bien !
HORACE, sur le canapé.
Ah ! loin que je m'éveille, Fermons , fermons les yeux !
L'amour me le conseille :
Dormons pour être heureux !
Soulevant sa tête de temps en temps.
Pendant que je sommeille.
D'ici je vois très-bien.
O suave merveille !
Quel bonheur est le mien !
Brigitte retourne à la porte du hnl, regarde L boléro et Angèle se rapproche du canapé.
AKGBLE.
Ah ! combien mon ame est émue !
HORACE, à deiiïi-voix sur le canapé et feignant d^ ■ rêver.
A toi!... toujours à toi , Ma cnarmante inconnue !
AKGÈLE.
En dormant il pense à moi !
BECXIÈME COUPLET.
Nul sentiment coupable en ces lienx ne m'anime, Et pourtant y rester est mal... je le sens bien ! Mais ce bouquet... je puis le lui laisser sans crime Il dort !.. il dort !.. il n'en saura rien i Non ! il n'en saura jamais rien !
Elle place son bouquet sur le canapé h côté d'Horace; en ce moment le bndt de L'orchestre reprend une nouvelle force, elle s^eloignii vivement.
ENSEMBLE
angèle.
Je crains qu'il ne s'éveille A ces accords joyeux !
Et tout me le conseille, Fuyons loin de ces lieux !
Mais non, quelle merveille I Il dort! il dort très-bien! Mon Dieu! fais qu'il sommeille Et qu'il n'entende rien !
BRIGITTE
Bien loin qu'il ne s'éveille A ces accorrls joyeux , On dirait qu'il sommeille Et n'en rêve que mieux !
Ah ! c'est une luerveille.
Et je n'y conçois rien; Vraiment, quand il sommeillSf Ce monsieur dort très-bien 1
MAGASIN THEATI'.AL
HORACE
Ah ! loin que je m'éveille Fermons, fermons les yeux !
L'amour me le conseille :
Dormons pour être heurenx !
Pendant que je sommeille D'ici je vois très-bien , Prenant le bouquet qu'il cache dans son sein, O suave merveille !
Quel bonheur est le mien !
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