‹ Recueil d'opérasChapitre 213 sur 1141 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

BRIGITTE et ANGÈLE, aufondduthéa tre ; HORACE , sur le canapé.

TRIO

ANGÈLE, à Brigitte. Toatesl-ii dispose?

ERIfîITTE.

Cest convenu, c'est dit !

ANGKIK.

La voitme à minuit nous attendra!...

HORACB, sur le canapé, a part.

C'est elle!

ANGÈLE, tl Uri^lle.

Et toi, songes-y bien!... au rendez-vous fidèle Dans ce salon h minuit!

BRIGITTE et IlORACB.

A minuit !

A^•GÈL^.

Un instant de retard, et nous serions per-dnas.

BRIGITTE

Je le sais bieiï !

ANOÈLF,.

Et rien quV penser me fait peur ;

BRIGITTE

Allons, madame, allons , du cœur.

Et dans la foule confondues Eu songeant ?.u plaisir, oublions la frayeur I

ENSEMBLE

BRIGITTE et aSCÈI.E.

O belle soiie'e !

Moment enchanteur ! Mon âme enivrée Rdve le bonheur'

HORACE

O douce soinie !

Moment enchanteur !

Mon aille enivrée Renaît au bonheur!

akgÈle, remontant le théâtre.

Nous sommes seules !

LRiGîTiE, redesceitJarit et regardant àii côté, du lariitfié.

•Son ! un cavalier est là Qui nous c'coutc !

ASGÈLE, renieitfjnt vivement son masque.

O ciel !

Horai e s'est étendu sur le canapé, a fervié les yeux et feint de dormir au inuinent oii BngiLli. le regarde.

BRIGITTE

r> assurez-vous, rcadarric, Il dort!

ASGÈLS.

Bien vrai !

Br.IGITTE

Sans doute.

LE DOMINO NOIR

MCMUiei, à pa- 1, les yeux fermes.

Et sur mon ame, Profondément il dormira !

BRiGiTTK, le regardant sous le nez.

Il n'est vraiment pas mal ! regardez-le, de grâce ! AMCBLB, s' avançant.

Ah! grand Dieu !... c'est lui !... c'est Horace! •HiGiTTB, étonnée.

Horace !...

ÂNGKLE.

Eh! oui, ce jeune cavalier Qai nons protégea Tan dernier.

BKIGITTB.

CVst possible... et j'aime à vons croire.

A»GÈLE

Quoi ! ta ne l'anrais pas reconnu?

BRIGITTE

Non vraiment.

Je n'ai pas autant de mémoire Que madame.

HORACE, (7 part.

Ah 1 c'est charmant !

ENSEMBLE

ANGÈLE et BRIGITTK.

O heUe soirée !

Moment enchanteur !

Mon ame enivrée Rêve le bonheur !

HORACE

O douce soirée !

Moment enchanteur !

Mon ame eni^Tée

Renaît au bonheur !

BRIGITTE, rcjfardant du côté du salon, a gauche. L'orcliestre a donné le signal :

Voici qu'à danser l'on commence, Entrons dans la salle du bal, ANGÈLE, ai'ec embarras, et regardant Horace. Pas maintenant.

BRIGITTE

Pourquoi ?

ANGÈLE

Je pense Qu'à -a fin de la contredanse On sera moins remarquée... attendons!

BRIGITTE, acec un peu d'iiitpalience.

Comme vous le voudrez; mais ici nous perdons Un temps précieux.

AKGÈLB.

Non, ma chère.

Lui montrant In porte à gauche.

D'ici l'on voit très-bien.

BRIGITTE, seplaçantprès de lu porte et regardant. C'est juste.

HORACE, a part.

O sort prospère!

AKGÈi.E , s'approchant d'Horace pendant que Brigitte n'est occupée que de ce qui se passe dans la salle de bal.

Ah ! si j'osais...

Non... non. jamais!

PREMIER COEPLET.

r>e trouble et la frayeur dont mon ame est atteinte Me disent que j'ai tort... hélas! je le crains bien. Mais... mais... je puis du moins le regarder sans 11 dort ! il dort ! et n'en saura rien, [crainte. Non, non... jamais il n'en saura rien!

BRIGITTE, quittant la porte a gauche.

Entendez.-vous ce joyeux boléro?

ANGÎiLE , a pan et regardant Horace.

Mon Dieu! mon Dieu!... ce bruit nouveau Va l'éveiller... le maudit boléro!

BRIGIITI.

Le joli bole'ro !

ENSEMRLE.

ANGSLB.

Je crains qa'il ne s'e'veille A ces accords joyeux !

Oui, tout me le conseille.

Fuyons loin de ses yeux !

S' arrêtant.

Non... non... quelle merveille.

Il dort... il dort très-bien!

Mon Dieu! fais qu'il sommeille Et qu'il n'entende rien.

BRIGITTE, riant.

Bien loin qu'il ne s'éveille A ces accords joyeux, Ou dirait qu'il sommeille, Et n'en rêve que mieux !

Ah ! c'est nne merveille.

Et je n'y conçois rien; Vraiment, quknd il sommeille.

Ce monsieur dort très-bien !

HORACE, sur le canapé.

Ah ! loin que je m'éveille, Fermons , fermons les yeux !

L'amour me le conseille :

Dormons pour être heureux !

Soulevant sa tête de temps en temps.

Pendant que je sommeille.

D'ici je vois très-bien.

O suave merveille !

Quel bonheur est le mien !

Brigitte retourne à la porte du hnl, regarde L boléro et Angèle se rapproche du canapé.

AKGBLE.

Ah ! combien mon ame est émue !

HORACE, à deiiïi-voix sur le canapé et feignant d^ ■ rêver.

A toi!... toujours à toi , Ma cnarmante inconnue !

AKGÈLE.

En dormant il pense à moi !

BECXIÈME COUPLET.

Nul sentiment coupable en ces lienx ne m'anime, Et pourtant y rester est mal... je le sens bien ! Mais ce bouquet... je puis le lui laisser sans crime Il dort !.. il dort !.. il n'en saura rien i Non ! il n'en saura jamais rien !

Elle place son bouquet sur le canapé h côté d'Horace; en ce moment le bndt de L'orchestre reprend une nouvelle force, elle s^eloignii vivement.

ENSEMBLE

angèle.

Je crains qu'il ne s'éveille A ces accords joyeux !

Et tout me le conseille, Fuyons loin de ces lieux !

Mais non, quelle merveille I Il dort! il dort très-bien! Mon Dieu! fais qu'il sommeille Et qu'il n'entende rien !

BRIGITTE

Bien loin qu'il ne s'éveille A ces accorrls joyeux , On dirait qu'il sommeille Et n'en rêve que mieux !

Ah ! c'est une luerveille.

Et je n'y conçois rien; Vraiment, quand il sommeillSf Ce monsieur dort très-bien 1

MAGASIN THEATI'.AL

HORACE

Ah ! loin que je m'éveille Fermons, fermons les yeux !

L'amour me le conseille :

Dormons pour être heurenx !

Pendant que je sommeille D'ici je vois très-bien , Prenant le bouquet qu'il cache dans son sein, O suave merveille !

Quel bonheur est le mien !

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