‹ Recueil d'opérasChapitre 215 sur 1141 · ANGÈLE, HORACE · texte numérisé non relu

ANGÈLE, HORACE

HORACE, arrêtant An gèle qui veut suivre Brigitte. Ab ! de grâce, madame, un instant, un seul instant !

ANGELE, déguisant sa voix. Que voulezvous de moi, seigneur cavalier?

HORACE. Ah ! ne le devinez-vous pas ! . . . et faut-il vous ■ dire que je vous ai reconnue ?

ANGÈLE, de même. Vous pourriez vous tromper !

HORACE. Moi! Demandez-le à ce bouquet !

Il le tire de son sein et le lai pre'sente.

ANGÈLE. O ciel!

HORACE. Qui désormais ne me quittera plus!... car il me vient de vous; c'est de vous que je le tiens.

ANGÈLE. Ah ! vous ne dormiez pas!

HORACE, vii>emeni. Je le voulais, je vous le jure. ..j'y ai fait tous mes efforts, je n'ai pas pu.

ANGÈLE. Une ruse. .. tme trahison... je ne vous reconnais pas là !

HORACE. Si je suis coupable... à qui la faute?... à vous, qui depuis un an prenez à tâche de me fuir en nie comblant de bienfaits... à vous, qvti savez avec tant d'adresse vous soustraire à mes regards... à vous qni dans ce moment encore semblez vous défier de moi en me cachant vos traits... {^Angèle ôte son masque.) Ah! c'est elle... la voilà... présente à mes yeux... cjmme elle l'était à mon souvenir.

ANGÈLE. Ce souvenii-là... il faut le bannir.

HORACE. Et pourquoi?

ANGÈLE. Vous allez vous marier. .. vous allez épouser la fille du comte de San- Lucar.

HORACE. Jnmais! jamais!...

ANGÈLE. C'est moi qui ai songé pour vous à ce mariage.

HORACE. Vous, madame?

ANGÈLE. Oui, sans doute... car vous n'avez rien... et pour soutenir votre nom et votre naissance... il vous faut une belle fortune.

HORACE, avec impatience. Eh I madame, songez moins àma fortune... et plus à mon bonheur... il n'est qu'avec vous... auprès de vous... etje vous le déclare d'avance...

renonce à ce mariape et à tous ceux que

LE nOMlNO iNOlK.

l'on me proposerait... je ne mo marierai jamais... ou je vous épouserai 1

ANGÈLE. En vérité .'

HORACE. Oui, madame... vous... vous seule au monde I

ANGÈLE. Eli! qui vous dit que je puisse vous appartenir ?... qui vous dit que j e sois libre?

HORACE. Grand Dieu!... mariée!

ANGÈLE. Si cela était?

HORACE. Ah! j'en mourrais de douleur t de désespoir 1

ANGÈLE. Horace!

HORACE, i'ui quoi alors vous ai-je reue?... pourquoi venir ainsi ?

ANGFLE. Pour vous faire mes adieux...

oui, Horace, mes derniers adieux.

HORACE. Eh! qui donc étes-vous?

ANGÈLE. Qui je suis?

ROMANCE

IREMIBR COUPLET.

Une fe'e, un bon ange

Qui partout suit vos pas, Dont l'amitié jamais ne change.

Que Ton trahit sans qu'il se venge, Et qui n'attend pas même, hc'lMl Un amour qu'on ne lui doit pas !

Oui, je suis ton bon ange

Ton conseil, ton gardien ,

Et mon cœur en échange

De toi n'exige rien, Qu'un bonheur L .. un seul!., et c'est le tien!

DEUXIÈME COUPLET

Vous servant avec zèle

ici-bas comme aux cieux, Sans intérêt je suis fidèle, tt lorsqu'auprès d'une autre belle L'hymen aura comble' vos vœux , Là-haut je prierai pour vous deux!...

Car je suis ton bon ange.

Ton conseil, ton gardien,

Et mon cœur en e'change

De toi n'exige rien , Qu'un bonheur, un seul, c'est le tien!

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