SCENE vil
4NGÈLE, HORACE, LORD ELFORT,
sortant de la porte à gauche.
ANGÈLE. Prenez garde! on vient!
Elle remet pre'cipitamment son masque.
HORACE. Qu'avez-vous donc, madame?
ANGÈLE. Rien... mais taisez-vous tant que mylord sera là.
HORACE. El pourquoi donc?
ANGÈLE. Silence !
LORD ELFOUT. Encore cette petite Horace de I\Iassarena ; et toute seul dans le tête-à-tête. . dans ce salon écarté... il y avait qudcjue chose. {Il salue Angèlequise trouble cl prend vivement le bras d' Horace. ^
Pourquoi donc ce domino il ét.ii' si troublé à mon asf>ect?. .. (// regarde yl-Kcèle avec attention.) Ali! mon Dieu, ce lournure et ce taille... qui était toiit-à-fait ie même! Si je n'étais pas bien sûr que mylady... mon femme était heureusement malade chez elle.
HORACE, bas à Angèle. Qu'a-t-il donc à vous regarder ainsi?
AIMGÈLE. Je... l'ignore.
LORD Ei.FORT. Je n'y tenais plus... et dans le doute je voulais faire un coup hardi. (^Allant'à Àngèle.) Madame voulaitelle accorder à moi le plaisir d." danser ensemblement ?
HOUACE, vioeme • ^'^llais faire cette demande à maaaine.
ANGÈLE, à part. Maladroit!
LORD ELFORT, vweincnt. Je étais doue le premier en date.
HORACE. La date n'y fait rien.
LORD ELFORT. Elle faisait beaucoup quaud ou avait que cela.
HORACE. La volonté de madann- peut seule donner des drr>its.
LORD ELFORT. Poui dt'S droits. . . je en avals peut-être... beaucoup plus. . [à / art) que je voulais.
nOKHCE.,. fièrement. Que madame daigne seulement m'accepter pour cavalier...
et nous verrons.
LORD ELFORT, s' échauffant . Yes, nous verrons.
ANGFLE, basa Horace, et lui serrant la main. Silence !
Elle se retourne du cbié de mylord et lui pn'sent'j la main.
LORD ELFORT, étonné. Elle accepte... ce était donc pas... mais patience... je avais un moyen de .«avoir...
HORACE, s' approchant d' Angèle. cl d'un ton respectueux. J obéis, madame.
ANGÈLE. C'est bien !
HORACE. Mais l'autre coiitreilaii'^e ?
ANGÈLE, lui tendant la main. Avec vous. Elle s'éloigne avec mylord par le salon k gauche.
OOOOOOùOOUQOt^PtfOOOOOOOQOQ^l?OOt^OPOOOOOlj — jQCjOOO
SCErSE VUl.
HORACE, puis JULIANO.
HORACE, avec joie. Ah ! elle a rai.son!... qu'allais-je faire?... du bruit, de l'éclat... la rx)m promettre p'^ur une contredanse qu'elle lui accorde par grâce... et qu'elle me donne à moi... qu'elle me donne d'ellemême!
JULIANO. Eh bien!... qu'y a-t-il?... je te vois enchanté.
HORACE. Oui, mon ami... je danse avrc ellr.
MAGASIN THEATRAL
JULIANO. Tant que cela I
nORACE. Ah ! ce n'est lien encore... elle m'aime, j'eu suis sûr.
JLLIAWO. Klle te l'a dit?
HORACE. Pas précisément I
JULIANO. IVlais tu sais qui elle est?
BORACE. ISon, mon ami.
JLLIANO. Tu le sauras demain ?
HORACE. Non, mon ami... je ne dois .ilus la voir... c'est la dernière fois.
Jl;LIA^O. £ttu es ravi?
HORACE. Au contraire... je suis désespéré... mais j'avais encore une heure à
passer avec elle une heure de
plaisir... et je ne pensais plus à l'heure d'après... qui doit faire mon malheur... car c'est tantôt à minuit qu'elle doit partir.
JULIANO. En es-tu bien sûr?
HORACE. Elle l'adit devant moi... à sa compagne : toutes deux se sont donné rendez-vous ici... dans ce salon... et quand minuit sonnera à cette horloge, je la perds pour jamais.
JLLIA.\0. Allons donc, nous ne pouvons p«s le permettre.
HORACE, j'en mourrai de chagrin.
jui-LANO. Et elle de dépit... elle veut
qu'on la retienne c'est évident... et tu
ne dois la laisser partir qu'après avoir ohtf nu son secret, son amour... elle ne demande pas mieux.
HOR vCE. Tu crois ?
JULixNu. Mais malgré elle... etc'estune satisfaction que tu ne peux lui refuser.
HORACE. Certainement... mais commrni faire?... comment la retenir quelques heures de plus I
jïJLiA\o. Cela me regarde.
HORACE. Et sa compagne, qui sera toujours là avec elle —
JULIANO. Il faut les séparer... garder l'une. .. et renvoyer l'antre... quoiqu'elle soit gentille... car j'ai dansé avec elle... et vrai, elle est amusante... surtout par ses réflexions... nous étions déjà fort bien ensemble... eljevaisy renoncer... pour toi... pour un ami... Voilà un sacrifice... que tu ne me fnais pas... Ti(.ns, tiens, je la vois l'ici... ihpi chant des yeux sa compagne... qu'elle n'aperçoit pas.
HORACE. Je crois bien... elle danse dans l'autre salon.
JtLIwO, ai>ança/it l'aiguille de r horloge et la f/laçant u minuit moins quelques minu fes. C'est ce qu'il nous faut... Sois tranquille alors.
HORACE. Que fais-tu donc?
JULIANO. J'avance poiu' elle l'heure de la retraite.
oaoooopQOgo»cocooococBooooQOOOi>gocgooooaOQ
SCEINE IX.