‹ Recueil d'opérasChapitre 220 sur 1141 · ANGÈLE, HORACE · texte numérisé non relu

ANGÈLE, HORACE

HORACE , à demi-voix. Fuyez, madame, fuyez... tout est découvert...

ANGÈLE , ef rayée. O ciel !

HORACE. Partons à l'instant, ou vous êtes perdue.

ANGÈLE, de même. Qui vous l'a dit?

HORACE. Mais d'abord le trouble où je vous vois... et puis le comte Juliano qut vous connaissez.

ANGÈLE, naïvement. Nullement.

HOR.ACE, à pari. Quelle fau.sseté? (ffaui et cherchant à se modérer.) Le comte Juliano m'a appris que votre mari savait tout...

ANGÈLE. Mon mari!...

HORACE, avec une colère concentrée.

Oui... lord Elfort. .. qui dans ce moment retourne à votre hôtel.

ANGÈLE. Loid Elfort... mon mari... Ah!

c'est original... et surtout très-amusant.

HORACE. Vous riez... vous osez rirel...

ANGÈLE. Oui, vr liment, et ce n'est pas sans raison... car je vous jure, monsieur, je vous atteste... que je ne suis pas mariée !...

HORACE. E.st-il possible?

LE DOMINO NOIR

It

ANGÈLE. Et que je ne l'ai jamais ëté.

HOR Ad.. Ali !... ce serait trop de bonheur!... etJR ne puis y croire! vous m'avez vu si m.iilieureux... que vous avez eu pitié de moi, et vous voulez m'abuser encore.

AïVGÈLii:. Non, monsieur. . . et la preuve. . . c'est que malgré les dangers dont vous me upposez menacée... je reste!

HORACE. Dites-vous vrai?

AMc.ÈLE. Je reste encore... {regardant "horloge) et pendant trois quarts d'heure e vous permets d être mon cavalier...

HOnACE. Trois quarts d'heure...

ANGÈiE. Pas une minute de plus.

HORACE. Et ce tejnps que vous me donnez... j'ensuis le maître?

ANGÈLE. Mais oui!... puisqu'il est à vous!... Et d'abord, je vous rappellerai, puisque vous l'oubliez... que vous me devez une contredanse.

HORACE, vhement. On ne danse pas dans ce moment... et puisque vous me laissez l'emploi des instans... du moins vous me l'avez dit...

ANGÈLE. Je n'ai que ma parole.

HORACE. J'aime mieux vous demander... mais jen'ose pas.

ANGÈLE. Suis-je donc si effrayante !

HORACE. Dites-moi... qui vous êtes?

ANGÈLE. Tout... Excepté cela!

HORACE. Eh bien! senora puisque

vous n'êtes pas mariée... puisque vous ne l'avez jamais été... vous me l'avez juré... il est une preuve... qui ne me laisserait aucun doute...

ANGÈLE. Et laquelle?

HORACE. Ce serait d'accepter ma main.

ANGÈLE. Ecoutez , Horace, ne vous fâchez pas... mais vrai... je le voudrais, que je ne le pourrais pas. ..

HORACE. Et comment cela ?...

HORACE

Partrlez, quel destin est le ni^tre ?

Qai nous se'pare ? Est-ce le rang Ou la naissance...

ANGBLE.

Eh ! non vraiment, Ma naissance égale la vôtre.

HORACE

Alors, c'est la fortune!... he'Ias !.,.

Je le vois, vous n'en avez pas.

Tant mieux ! l'amour tient lieu de tout.

ANGÈLE

Eh! non, monsieur, je suis riche et beaucoup !

BOEACE.

Quoi ! la naissance...

AKGÈLE.

£h! vramient, oui.

HO&ACE

Stlariehewe..,?

£h ! yraiment, oui»

ENSEMBLE

HORACE

Chez elle tout est réuni ! Alors, quel obstacle peut nattre !

Prenez pitié de ma douleur.

Faut-il donc mourir sans connaître Ce secret qui fait mon malheur?

ANGÈLE

Quel trouble en mon cœur rient de nalti« Ah ! j'ai pitié' de sa douleur.

Mais, helas ! il ne peut connaître Le secret qui fait mon malheur.

HORACE

De vous, helas î que puis-je attendre?

ANGÈLE

Mon amitié qiû de loin vous suivra.

HORACE

Et d'un ami, de l'ami le plus tendre Rien désormais ne vous rapprochera.

ANGÈLE, soupirant.

Eh! mon Dieu, non.

HORACE

Ah ! je vous en supplie> Qn'nne fois encor dans ma vie Je puisse contempler vos traits.

Oh ! que cet espoir me console...

Une fois!... une seule!

AKGÈLE.

Eh bien ! je le promets.

HORACE

Vous le jurez ?

AKGÈLE.

A ma parole Je ne manque jamais.

HORACE

Vous le jurez ?

ENSEMBLE

AKGÈLE, lui montrant la salle du bal

N'entendez-vous pas ?

On danse là-bas.

L'orchestre du bal Donne le signal :

Profitez du temps.

Dans quelques instans, Rêves de plaisir Vont s'évanouir.

HORACE

Non, je n'entends pas,

Je préfère, hélas !

Aux plaisirs du bal

Ce secret fatal !

Et, pour mon tourment,

Voici le moment

Ou bientôt va fuir

Rêve de plabir.

Ainsi, de vous revoir Vous me laissez l'espoir?

ANGÈLE

Une fois... je Tai dit.

BORACE.

Et comment le sanrai>-)e?

ANGÈLE

Le bon ange qui vous protège Vous l'apprendra.

Mais d'ici là Du secret..

HOKACK.

Ah 1 jamais je ne pule k i

MAGASIîv THEATRAL,

àngele.

Des faveurs qu'on -vons donne...

HORACE

Quand on m'en donne.

Mais jusqnes pie'sent, et vous-même en effet Devez le reconnaître, Je ne peux pas être discret.

TendreriLent et s approchant d'elle.

aites que j'aie au moins quelque me'rite h l'être.

ENSEMBLE

ANGÈLE, sans lui répondre.

N'entendcz-vous pas?

On danse là-bas.

L'orchestre du bal Donne le signal :

Pro&tez du temps, Dans quelques instans, Pour nons va s'enfuir Rêve de plaisir.

HORACE, avec impatience.

Oui, j'entends, hélas !

Qu'on danse là-bas.

L'orchestre du bal Donne, le signal; Et, pour mon tourment.

Voici le moment Oii bientôt va fuir Rêve de plaisir.

Ils vont pour entrer dans la salle du bal à droite, et n la pendule de l'un des salons, on entend en dehors sonner minuit.

angèlb, s''arrétant.

O ciel ! qu'entends-je ?

Regardant l'horloge du fond.

Il me semble (.)ii'il n'est pas encor l'heure... et pourtant c'est rai- Qui dans ce salon retentit , [nuit

HORACE , voulant l' empêcher d' entendre . C'est une erreur...

ANGÈLE, entendant sonner dans le salon à gauche. Eh! non!..

Entendant sonner dans nn troisième salon. Encore!., ah! tous ensemble !

C'est fait de moi !..

Je meurs d'effroi!..

Et ma compagne, hêlas ! .. ma compagne fidèle Oii la chercher ? oii donc est elle?

Comment la trouver à pre'sent ?

HORACE, nvrc embarras.

Elle est partie.

angèle.

O ciel! sans m'attendre... et comment?

HORACE, de même.

Pur une ruse Dont je m'arcnse...

J'ai su, pour vous garder, l'éloigner en secret! ANGELE , poussant un cri d.- liésespuir. lah ! vous m'avez perdue !

HORACE

O m ;n DitfU ' qu'ai je fait ?

ENSEMBLE

ANGÈLE , elle se lèvt,

O terreur qui m'accable!

Qu'ai-je fait, misérable!

A tous les yeux coupable , Que vais-je devenir r Que résoudre et que faire ?

Au châtiment sévère Rien ne peut me soustraire , Je n'ai plus qu'à mourir !

HORACE

O terreur qui m'accable !

Qu'ai-je fait, misérable !

C'est moi qui suis coupable.

Comment la retenir ?

Que résoudre et que faire?

A sa juste colère Rien ne peut me soustraire , Je n'ai plus qu'à mourir !

HORACE

Qu'à moi du moins votre cœur se confie ; Si je peux réparer mes torts...

ANGÈLE, traversant le théâtre.

Jamais !.. jamais !..

HORACE

Ah ! je vous en supplie....

Ecoutez-moi, madame, et voyez mes regrets, Laissez-moi vous défendre ou du moins vous conduite

ANGÈLE

Non, je dois partir seule !..

HORACE, la retenant.

Encor quelques instans !

ANGÈLE

Laissez-moi m'éloigner, on devant vous j'exuire I

HORACE

Eh bien ! je vous suivrai ! *

ANGÈLE

Non... je vous le défends ENSEMBLE.

ANGÈLE

O terreur qui m'accable ! etc.

HORACE

O terreur qui m'accable! etc.

Elle s'éloigne malgré les efforts d' lloracf pour la retenir. Arrivée près de la porte, elle lai fait de la main la défense de ta suivre. Horace s'arrête. Elle remet son masque et s'éloijrne-

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