‹ Recueil d'opérasChapitre 228 sur 1141 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les :\îêmes, JULIVNO, puis FIORAGE.

JIJLIANO. Elle est vr.iimenl très-bien, la petite Aiagonaise, car elle vient d'Aragon... et il est heureux pour elle qu'elle soii tombée dans une maison comme la mienne... une maison tranquille... un homme seul... [Les regardant.) Pas aujourd'hui du moins. {Se retournant et apercevant Horace. )YX\\ arrive donc, mon cher ami, j'avais une impatience de te voir... !

HORACE. Et moi aussi.

JULIAAO, h ses coinpagnum. Messieurs, voici des cigarettes, et si vous vouiez , en attendant le souper...

Les jeunes gens se forment dans l'appartement en

diffe'rens groupes, causent ou allument des cigares

autour du brazero pendant que Juliauo amène

Horace sur le devant du théâtre.

JULIANO. Eh bien ! tout a été à merveille... et je ne sais pas comment tu l'y

es pris... car j'ai eu peur un moui- nt

Ce lord Elfort voyant que notre cciducteur se perdait et prenait le plu.s long, a voulu lui-même monter sur le siège...

J'oubliais que les Anglais étaient les premiers cochers d'Europe... et en un instant, nous avons été à son hôtel., où je uemblais en montant l'escalier.

HORACE. Tu étais dans l'erreur.

JULIANO. Je l'ai bien vu... et j'ignore comment vous avez fait, toi et niylady, pour rentrer avant nous, mus elle était d-^ns son ap; artement... elle dormait.

HORACE. Tu te trompes.

JULIANO. Je le crois bien... elle faisait semblant.

HORACE. Mais non, mon ami, cen'étai!

pas elle, etla preuve, c'est que je suis resté une demi-heure encore avec mon inconnue qui s'est enfuie au moment où minuit sonnait à toutes les pendules.

JULIANO. Laisse-moi donc tranquille..

HORACE. Et nous avons fait nu joli coup, tu peux t'en vanter... Il paraît, mon ami, que nous l'avons perdue... i^.shonorée... et elle voulait s'aller jeter dans le Mançanarès.

JULIANO. Ah çà ! quand tu auras fini teu histoire...

MAGASIN THÉÂTRAL

HORACE. C'est la vérité même , je te l'atteste... je me suis précipité sur ses pas... je l'ai rejointe au bas du grand escalier, je la retenais par le bras , lorsque, dans ses eftorts pour m'échapper, s'est détaché un riche bracelet que j'ai voulu ramasser, et pendant ce temps elle s'était élaucéeau dehors... et là disparue... évanouie comme ime ombre... Vingt rues différentes. . . laquelle avait elle prise?

jiJLiANO. Ecoute , Horace, si tu me prends pour dupe, si tu veux t'amuser à mes dépens...

iu>RACE. Mais non, mon ami, voilà ce braelet... rtg^rde plutôt.

JliLlAXO. il est de fait que je ne l'ai jamais vu à ujyiady... mais à sou élégance, plus encore qu'à sa richesse, il doit appartenir à quelque grande dame... Notis avons ici le jeune IMelchior qui doit se coiM-.aîtro en di unans ; il ne sort pas de cluz le joadiier de la cour à cause de sa femme qui est charmante. {A Melchior.) >ion cher Melchior, Horace voudrait vous parler.

HORACE, le prenu'it à pari. Connaîtriezvous par hasard ce joyau ?

MELCHIOR. Certainement! on l'a vendu dernièrement devant moi.

HORACE. A qui donc?

MELCHIOR. A la reine.

HORACE, à p irt. O ciel I

JUHANO, retenant fjrrs d'eux. Eh bien!

qu'est-ce?... qu'y a-t-il ?

HORACE, à Melchior. Taisez-vous. ÇHuut àJu/iarto ) Rien, il ne sait rien .. il ne connaît pas. ( A part. ) La reine ! ce n'est pas possible... c'est absurde ! (// se retuurne et aperçoit Angèle qui sort de la porte à gauche uu fond et s' avance au bord du théâtre tenant un panier de oin sons le brus et un bougeoir à la main ; il pousse un cri et reste immobile de surprise.) Ah! voilà qui est encore pire !

Ii\ÉSILLE, apercei'ant Horace. C'est lui !

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