‹ Recueil d'opérasChapitre 229 sur 1141 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les Mêmes, INÉ.SILLE et JACINTHE

qui .entre iwec elle.

Jacinthe prenc^ le paniei- de vin qu'^ portait Angèle ; toutes deux remontent le thcàlre et s'occupent à rauger le c&uvert près de la table qui est an fond à gauche et toute diessée.

JULIANO, à A/wmre. Eh bien! qu'as-tu donc?... comme tu regaides notre jeune servante... Elleest jolie, n'est-ce pas?

HORACE. Ah! c'est là une servante?

JULIANO. Une Aragonaise... la nièce de Jacinthe, ma vieille gouvernante.

HORACE. Et. . . et tu la connais?

JULIANO. Certainement, et ces messieurs aussi... D'où vient ton air étonné?

HORACE. Ah! c'est que, c'est que... dismoi, toi qui vois la reine... car moi je l'ai à peine aperçue... Mais toi, tu la vois souvent... ne trouves-tu pas que cette petite servante ressemble beaucoup à la reine?

JULIANO. Pas du tout... pas un seul trait.

HORACE. Tu en es bien sûr ?

JUL1A^0. Certainement !... Pourquoi cette question?

HORACS, avec embarras. C'e&i f\Vie...{ A part.) Allons, je deviens fou... je perds la tétel

Il regard<! toujours Angèle sans oser l'approcher ni lui adies^ei la parole.

JtJLlA\0. Il paraît que mylord ne vient pas...(.Bayà Huraie.) Il aura été obligé de faire sa p.iix avec mylady, à moins qu'il n'ait été soupirer sous le balcon de quelque belle Espagnole.

HO.iACE, d'un air distrait et regardant toujours Inès nie. Lui !

JULIANO. C'est un amateur... l'Opéra de Madrid vous dira ses conquêtes... mais puisque le conquérant est en retard... A tiible, messieur.s, à iahXe .{Pendant ce temps Jacinthe et Iné.^ille ont apporté la table au milieu du théâtre. Tous s'asseyent; Inésille se tient debout, une serviette et une assiette à la main et elle sert tout le monde. Horace immobile ne boit ni ne mange et reste, la fourchette en l'air, toujours occupé àregarder Angèle qui iia pas l'ait de le connaître.) A boire avant tout... . Inésille sert à boire à Horace, dont la main tremble et qui choque son verre contre la bouteille) et que d'abord je fasse réparation à mon ami Horace— j'ai cru, messieurs, qu'il m'avait enli vé jne maîtresse.

TOUS. Ah ! c'est affreux!

Jur.iANO. Il paraît que j'avais tort, c qu'elle m'est fidèle... je dis il paraît, parce que, dans ces cas-là , le doute est déjà un béupfice dont il faut se contenter. Je bois donc à mon ami Horace et à ses succès.

TOUS. A ses succès !

JULIANO. Cela ne fera pas mal... car, dans ce moment, c'est le héros de roman le plus malheureux... Il a entre autres, une belle inconnue, une nymphe fugitive, qui n'est pourtant qu'à moitié cruelle.

HORACE, vivement. Juliano!... je t'en conjuie !

JULIA^o. Tu lui as promis d'être discret, c'est de droit ; mais nous aussi, ;*ous le sommes tous, et vous ne croiriez pas, mes-

LE DOMINO NOIR

sieurs que pour elle il est prêt à refuser un mariage superbe... luésille, une assiette... Une dot inagaifique qui m'irait si bien!

HORACE. Je te l'abandonne !

jui.iAïVO. J'accepte... vous en êtes témoins... à ceprix, je t'abandonne ta beauté anonyme... ta fille des airs, ta sylphide!

IlOKACE. Juliano, pas un mot de plus!

JUl 1A^0. N'as-tu pas peur . . . elle ne peut pas nous entendre, elle n'est pas ici.

HORACE. Peut-être !...Ne t'ai-]e pas dit qu'en tous lieux elle était près de moi... sur mes pas... à mes côtés... que je la reprdais comme mon bon ange, mon ange .utélaire, et que, visible ou non, elle était toujours là pi ésente à mes yeux et à mon Lœui?

I.\£SILLE, (jui récoutp. aoec émotion, laisse loiiiLer l'asbietle quella ttnait qui roule et se i isse. Ah I mon Dieu I

JULIANO. A merveille ! l'Aragouaise airan^^e bien mon mobilier de garçon.

JVCIMIIC, allant a elle. La maladroite!

J(JLIA\0. JNe vas-tu pas la gronder?

INÉSILLE. N'vous fâchez pas, matante, je la paierons sur mes gages.

JACIM BE. Elle le mériterait.

JULIAI^O. Certainement; mais je lui fais grâce... je suis bon prince, et je lui demande,pour toute iudemuité. une chanson du pays.

TOUS. C'est juste.'... une chanson aragonaise!

JACINTHE , bas à Inésille. En savezvous?

lAÉsir.LE, <fc même. Je crois que oui... à peu près.

TOUS

^contons bien !

JULIAHO.

Qu'ici son talent brille !

Jacinthe, bas a Inésille.

Dn coniage I

iVhlkVO.

C'est un concert.

Qa'lne'sille. . .

HORACE, stupéfait.

Nons reservait pour le dessert.

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