‹ Recueil d'opérasChapitre 239 sur 1141 · SCENE ni · texte numérisé non relu

SCENE ni

BRIGITTE, puis URSULE.

BRIGITTE, tirant la clef de sa poche. Oui, il y a quelque chose... mais tu ne le sauras pas ! {Elle va ouvrir la porte à droite dont elle relire la clef .) Entrez, madame... (Repoussant virement la porte.) Non, non , ne vous montrez pas ! . . . {Se retournant vers

Ursule qui rentre. ) Qu'est-ce donc?

qu'esti-ce encore?

LE DOMI.\0 NOm,

UBSIILE , qui i ient de rentrer par la ■porte du fond. Puisque c'est vous qui avez replacé cette clef... vous saurez mieux que moi où elle est... et je viens vous chercher...

BRIGITTE. Je ne demande pas mieux...

[A part.) Ah ! quel ennui I

URSULE. Comme ça, j'ai idée que nous la trouverons.

BRiGiTTK, à part. Va... tu la chercheras ioiij',-iemps... (Haut.) Je vous suis, ma sœur, ma chère sœur î. ..

Elles sortent toutes deux par la porte <ln fond qu'elles leferment.

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SCENli IV.

ANGELE , eiilr'uuK>rant la porte à droite.

Elle est en dotuino noir, pâle et se soutenant à

peine. Elle va fcimer au verrou la porte do fond.

RÉCITATIF

Je suis sauvée enfin!... le jour venait d'e'clore! Il était temps...

Se jetant sur un fauteuil.

Ah! respirons un peu.

J'ai cru que j'en mourrais...

Se levant brusquement.

Qn'ai-je entendu, mon Dieu!

Non, ce n'est rien... j'y croyais être encore. Elle Sf lèi>e et jette sur le jauleud qu'elle virnî de quitter U trousseau dt clefs qu'elle tenait a Im main.

AIR

Ah ! quelle nuit!

Au moindre bruit IWon cœur tremble et frémit !

Et le son de mes pas M'efl'raye, hélas!

Soudain j'entends Fusils pesans Au loin reten-tissants...

Et puis qui vive? Holh!

Qui marche Ih ?

Ce sont des soldats un pen gris Par un sergent ivre conduits, ous un sombre portail soudain je me blottis , Et grâce h mon domino noir On passe sans m'apercevoir.

Tandis que moi, Droite, immobile et mourante d'effroi, En mon cœnrije priais,

Et je disais :

O mon Dieu ! Dieu puissant Sauve-moi de tout accident.

Sauve l'honneur du couvent!

Ils sont partis.

Je me hasarde, et m'avance, et fre'mis. Mais voilà qu'au détour D'un carrefour S'offre à mes yeux Un inconnu sombre et mystérieux.

Ah ! je me meurs de peur , C'est un volenr !

Il me demande, chapeau bas, La faveur de quelques ducats; moi d'nn air poli je lui disais bien bas î Je n'ai rien , monsieur le voleur ; 'Qu'une et ni X de peu de valeur!

Elle était d'or.

Crpisant ses bras sur sa poitrine, F.tde mon mieux je la cachais encor...

Le voleur, malgré ca, S'en empara, Et pendant Ce moment :

O mon Dien, di.sais-je en tremblant.

Sauve riionnenr du couvent !

En cet instant.

Passe en cliantant Un jeune étudiant !

Le voleur à ce bruit Soudain s'enfuit.

Mon défenseur Court près de moi... Calmez votre frayefiT, Je ne vous ([uitte pas, Prenez mon bras.

— Non, non, monsieur, seule j'irai...

— Non, senora, bon gré, malgré, Jusqu'en votie logis je vous escorterai.

— Non, non, cessez de me presser.

— Il le faut... je dois vous laisser.

Mais un baiser, Un seul baiser !

Comment le refuser?

Un baiser... je le veux...

Il en prit deux !

Et pendant Ce moment, O mon Dieu, disais-je en tremblant, Sauve l'honneur du couvent!

Mais je suis, grâce au ciel, h l'abri de l'oraue ; Je n'ai plus rien à craindre en ce pieux réduit, Et je ne sais pourtant quelle fatale image Jusqu'au pied des autels m'agite et me poursuit.

CAVATINR.

Amour, ô toi dont le nom même Est ici fiappé d'anathème, Toi, dont souvent j'avais bravé les traits. Ma souflVance Qui commence Doit suffire h ta vengeance!

Pauvre abbesse.

Ma faiblesse Devant ton pouvoir s'abaisse.

De mon cœur en proie aux regrets, Ah! va-t'en, va-t'en pour jamais!

Que mes erreurs soient efi'acées.

Quand Dieu va recevoir mes vœux.

A lui seul tontes mes pensées...

Oui, je le dois...

yéuec douleur.

Je ne le peux !...

Amour, ô toi, dont le nom même E&t ici frappé d'anathème.

Toi, dont souvent j'avais bravé' leS traits, etc. On frappe à la porte du fond .

{Parlé.) Qui vient là ?

BRIGITTE, en dfhors. C'est moi, madame-

Angèle va lui onvrir.

BocoBwgoBCo«»oc<iiaoQo<»«ct><>wj««j<aaooawoB oottoo

sceinf: V.

ANGÈLE, BRIGITTE, rendant parla porte du fond qu'elle referme.

BRIGITTE. C'est vous !. .. c'est vous , madame!... enfin je vous revois... ÎVIais <|UÎ donc vous a ouvert la porte du couvent?

ANGKi.E, montrant le trousseau de (defs qu'elle a jeté sur le fauteuil, --e \e le dirai!

MAGASIN THÉÂTRAL

îînîGîTTE. Le trousscaîi de clefs de Gil Ferez, le concierge... Conunenl est-il entre vos niaiiis^

AXGÈLC. Ta;--toi ! n'enten^ls-tu pas?...

SniGlTTE, montrant In patte à droite. C'p.st le premier coiiy de matines. . Ah! CPtte porte que j'oubliais.

Elle va ia fermer.

angÈle. Je rentre vite dans mon appartement.

BRIGITTE. D'autant que sœur Ursule est toujours là pour vous espionner.

ANGÈLE. A une pareille heuiel BRIGITTE. Elle est .si iiiéclianle qu'elle ne dort pas.... et elle médite quelque trame contre vou^, car elle meurt d'envie ^i'ètre abbesse.

ANGÈLE , à part. Plût au ciel !

BRIGITTE. Aujourd'hui même, où vous devez prendre le voile, elle ne perd pas i'espoir de vous supplanter. Elle a à la cour sou oncle Gregorio de Mellos, xin intrigant, qui saisira toutes les ocLasio;;s... Elle m'assurait même qu'il s'en pr< sentait une... j'ai cru que c'était votre absence , et je tremblais.

A\GÈLE. Non... non, parmalheur, elle ne réussira pas.

BRIGITTE. Que dites-vous? A\GÈf.E. Que je suis bisn à plaindi-e, Brigitte ; et ces vœux que je vais prononcer feront maintenant le malheur de ma vie.

BRIGITTE. Refusez.

ANGÈLE. Est-ce que c'est possible , quand la reine l'ordonne, quand j'y ai Consenti, quand lord Elfort et r-» fen;îne, mes Sf'uls parens, ma seule famille, vont re mntin, ainsi que tout Madrid, arriver nour éti'e témoins de quoi?... d'un pareil éclat... Non, non, il faut se soumettre à sa de.stinée , et aujourd'hui , Brigitte... aujourd'hui, tout sera fini pour moi!...

BRIGITTE , avec compassion. Pauvre abbesse'.... on vient, partez vite.

Angèle renhe dans son appartement, et Brigitte va ouvrir la porte du fond à gauche.

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