ACTE 1 , SCENE V
zèle de mes gens , et de ma fille , que je laisse mattresse de la maison , car je suis obligé ce soir de m'absenter.
LE MABQUIS.
Ah 1 vous partez ?
MATIIÉO.
Dans l'instant. Je vais coucher à deux lieues d'ici chez Francesco , mon gendre , que j'amènerai demain matin avec toute la noce.
ZERLINE , à part.
Ah ! mon Dieu!
LE MARQUIS
Avez-vous beaucoup de monde dans celle auberge?
MATHÉO.
Vous , monseigneur , cl ceux que vous venez de voir , milord et milady.
LE MARQUIS
Pas d'autres? (Après un instant de réflexion.) Milady est jolie; mais milord est de mauvaise humeur.
ZERLINE
On le serait à moins. Il a été attaqué et dévalisé parles bandits de la montagne.
LE MARQUIS, toujours mangeant.
Pas possible! je ne crois pas aux voleurs.
MATIIÉO.
Moi , j'y crois comme en Dieu et en Notre-Damedes-Rameaux, notre patronne.
LE MARQUIS
Ce sont des histoires pour effrayer les voyageurs. J'ai parcouru de jour et de nuit les montagnes , et je n'ai jamais été attaqué.
MATHÉO.
Autrefois , peut-être ; mais depuis que Fra-Diavolo s'est établi dans ce canton...
LE MARQUIS
Fra-Diavolo? Qu'est-ce que c'est que cela?
ZERLINE
Vous n'en avez pas entendu parler? un fameux bandit...
MATHÉO.
Qui est partout...
ZERLINE
Et qu'on ne peut jamais joindre.
MATIIÉO.
Il a une amulette qu'il a volée à un cardinal et qui le rend invisible
LE MARQUIS
Voyez-vous cela !
ZERLINE
Et les balles des gendarmes rebondissent sur sa peau.
LE MARQUIS
Vraiment !
ZERLINE
Oui , monseigneur; et comme dit la chanson...
LE MAlîQllS.
11 y a une chanson sur lui ?
MAXUÉO.
Une fameuse en son honneur ! . Vin;:» deux cou
FRA-DIAVOLO
plets !... Si , pendant son dîner , monseigneur veut permettre...
LE MARQUIS
Est-on obligé d© l'entendre tout entière ?
MATHÉO.
C'est au choix des voyageurs ; on ne force personne.
LE HAUQUIS.
A la bonne heure.
MATHÉO, détachant de la muraille une mandoline , et
la présentant à Zerline.
Tiens , ma flile..
ZERLINE, la repoussant de la main el la plaçant près
d'elle sur le coin de la table.
Merci , mon père , je chanterai bien sans cela.
PREMIER COUPLET
Voyez, sur celle roche, Ce brave à l'air fier et hardi; Son mousquet est près de lui,
C'est son fidèle ami.
Regardez , il s'approche , Un plumet rouge à son chapeau , El couvert de son manteau
Du velours le plus beau.
Tremblez!... au sein de la leropêle ,
Au loin l'écho répète :
Diavolo ! Diavolo!
Diavolo!
DEUXlÈaS COUPLET.
S'il menace la tête De l'ennemi qui se défend; Pour les belles on prétend Qu'il est tendre el galant.
Plus d'une qu'il arrête (Témoin la fille de Piétro), Pensive rentre au hameau.
Dans un trouble nouveau.
Tremblez!... car, voyant la Hllelte, Tout bas chacun répèle :
Diavolo! Diavolo !
Diavolo !...
TnOISiÈMB COUPLET.
LE MARQUIS, se levant, lise peut qu'on s'abuse, Ma chère enfant ; peut-être aussi Tout ce qui se prend ici N'est-il pas pris par lui.
Souvent, quand on l'accuse.
Auprès de vous maint jouvenceau, Pour quelque larcin nouveau Se glisse incognito!
Tremblez !... cet amant qui soupire, C'est de hii qu'on peut dire : Diavolo ! Diavolo !
Diavolo !...
oâMsgeeeeeoûaoeooooooooooQooooeceooooooooooosoooooooooooQ