‹ Recueil d'opérasChapitre 263 sur 1141 · LE MARQUIS, PAMÉLA · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, PAMÉLA

RÉCTTATIF.

PAUÉLA, sortant de l'auberge.

Oui, je vais commander le punch à vous, milord. LE MABQBis , s'avançaut.

Charmante milady !

pamÉla , effrayée.

Comment! c'est vous encor?

Et mon époux était dans la chambre voisine ; Lui, si jaloux, jaloux comme Othello !

LE UARQUIS.

Est-ce donc l'oCfenser que chanter un duo? (Prenant la mandoline que Zerline a placée sur le coin de la table à la cinquième scène.) El nous pouvons, sur cette mandoline , Répéter tous les deux cet air Que nous commençâmes hier.

PAMÉLA , regardant à la gauche par la porte de l'auberge. Ah ! je l'entends! c'est lui...

DUO

IB MABQCI3, saisissant brusquement la mandoline et en jouant.

« Le gondolier fidèle « Brave, pour voir sa belle, « Les autans ennemis.

(La regardant.)

« De loin s'il obtient d'elle « Un regard, un souris, « C'est toujours ça de pris. »

(Il regarde vers la gauche si l'on ne vient pas, et remet la mandoline sur la table en s'adressant à Paméla.)

Faut-il que votre cœur ignore Le feu brûlant qui me dévore!

PAMÉLA, voulant s'éloigner.

Monsieur, je ne puis écouter...

LE MARQUIS, la retenant.

Je me tais, vous pouvez rester ; Oui, vous admirer en silence Ne peut vous paraître une offense.

PAMÉLA

Je ne pouvais pas, je le croi, Empêcher vous d'admirer moi.

LE MARQUIS

Ah I combien mon ame est ravie En contemplant ces traits charmans,

Cette robe simple et jolie!

Tlegardant un médaillon qui est à son cou.)

Abl grand Dieu! les beaux diamans!

PAMÉLA

Les seuls échappés au pillage.

Tant je les cachais avec soin !

LE MARQUIS, à part.

Les maladroits! Ah ! quel dommage !

(Haut à Paméla, d'un ton galant.)

Pour plaire en avez-vous besoin?

Mais plus je considère Ce riche médaillon., il contient un secret? pasiÉla.

Pour lui mon époux l'a fait faire, Car il renferme mon portrait, (L'ouvrant et lui montrant.) Trouvez-vous ressemblant?

LK MARQUIS, affectant un trouble amoureux.

0 ciel ! il so pourrait !.., (L regardant avec ivresse.)

Voilà ce regard doux et tendre , Voilà ces traits si gracieux; Je crois la voir, je crois l'entendre. (Avec délire.)

Mon ame a passé dans mes yeux...

(Avec rage.) El c'est pour un rival, un tyran, un barbare...

(Il le met dans sa poche.)

PAMÉLA

Que faites-vous ?

LE MARQUIS

Je m'en empare.

PAMÉLA, troublée et voulant le reprendre. Monsieur!...

LE MARQUIS

Jamais, jamais, il ne me quittera.

PAMÉLA

Monsieur... '

LE MARQUIS

Oui, sur mon cœur toujours il restera.

PAMÉLA

C'est mon mari!...

(Milord sort de l'hôtellerie; et le marquis, saisissant vive' ment la mandoline, reprend le premier motif.) « Le gondo-lier Odèle « Brave sur sa nacelle a Les jaloux, les maris.

« Quand son cœur, de sa belJe « Presse les traits chéris, « C'est toujours ça de pris. »

esoeooooeeoooooocoooooeeeoooeooooeooooooeooeoeooooeoooooM

Les Précédbns ; MILORD, passant entre eax deux. TRIO.

UILORD.

Bravi!... bravi !..,

PAMÉLA

Ah! c'était vous?

MILORD

Oui, milady, paméla.

Nous faisions de la musique.

MILORD

Je n'aime pas la musique.

ENSEMBLE

PAMÉLA

Combien, moi, j'aimais la musique!

Elle me plaisait fort;

Acn: 1, scÈNi<: x.

Mais je vois, c'est unique, Qu'elle ennujail mllonl.

Jamais, avec milord, Xous ne sommes d'accord.

LB MiBQUIS.

5,, Bravo, bravo, c'est la musique

^ Qui nous a mis d'accord ;

Il faudra qu'on s'explique

Et qu on m'instruise encor.

Enlevons à milord

El sa femme et son or.

MILORD

Toujours ensemble, c'est unique , Ils sont très bien d'accord; Aussi celte musique A moi me déplaît fort, El peut faire du tort A l'honneur d'un milord

PAMÉLA

Nous répétions celte baitarollc...

MILORD

C'était bien aimable a vous pendant que je m'impatientais, moi, pour le punch 1

LE MAKQUIS.

Permettez donc, milord ; puisque vous preniez du punch, nous pouvions bien faire de la musique.

MILOllD.

Oui, si j'en avais pris!... mais j'en prenais pas... j'en attendais...

LE MAUQCIS.

Que ne le disiez-vous? Holà ! quelqu'un.

MILORD

Ce était pas besoin... je avais plus soif... je lavais perdu, le soif.

LE UARQUIS.

Depuis la perte de vos diamans !

MILORD

Oui, cela et puis autre chose encore...

LE MARQUIS

Ah! mon Dieu!. . est-ce qu'il serait arrivé malheur à ces cinq cent mille francs en or que vous alliez placer à Livourne?

MILOltD.

Je les avais toujours.

LE HARQDIS.

Ah ! tant mieux!... je respire... car si vous les aviez perdus... j'en aurais été aussi l'àché que voiisméme.

PAMÉLA

Que vous étiez bon !

LE MARQUIS

Ce que j'en disais, c'était pour vous offrir mon portefeuille.

MILORD

Je remerciais vous ; ( Tirant son portefeuille.) je avais déjà regarni le mien.

LE MARQCIS.

Et comment cela ! comment avez-vous pu sauver votre or?

TRA-DUVOI O.

MILOUll.

Par un moyen bien adroit que je ne disais à personne.

LE MARQUIS

Vous avez de l'esprit.

MILORD

.ie croyais bien...

paméLa.

Il avait changé les pièces d'or en billets de banque, et il les avait fait coudre.

LE MARQUIS, vivement.

Où cela?

MILOliD, riant

Devinez.

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