SCENE
ZERLINE, tenant à la main un bougeoir et des flambeaux. Elle entre par la porte à droite qu'elle laisse ouverte cl parle à la cantonade.
RÉCITATIF
Ne craignez rien, milord 1... oui, je vais sur-le-champ,
Pendant que vous êtes à lable, Préparer votre lit et votre appartement.
(Descendant le Ihoàlre pI posant le liougPoîr sur la Idbkv) On n'cntvndil jan^ais de lapage semblable ;
J'en perdrai la tète, je croi :
Aller, venir, courir au bruit de vingt sonnettes, El de tous ces messieurs écouter les fleurettes,
On n'a pas un instant à soi.
Quel bonheur ! je respire. Oui je seule ici ;
On me laisse un instant : qu'au moins il soit pour lui !
A peine ai-je le temps de dire que je l'aime.
De peur de l'oublier je le dis à moi-même...
Non, pour moi ce mot-là
Jamais ne s'oublîra...
FRÂ-DIAVOLO.
(Montrant son cœur.)
Son souvenir est là !
Quel bonheur! je respire... Oui, je suis seule ici ; On me laisse un moment, qu'au moins il soit pour lui ! Ce ne sera pas long, car voilà que l'on monte déjà. (A railord et à sa femme qui entrent.) Quand milord et milady voudront, leur appartement est prêt. Au bout du corridor.
SCF.INE II.
ZERLINE. MILORU, MILAD>.
TRIO
MILOHD.
Allons, ma femme,
Allons dormir.
Déjà le sommeil me réclame.
Pour un époux, ah ! quel plaisir l
Ah ! quel plaisir
De bien dormir!
PAMÉLA
Eh quoi ! milord, déjà dormir?
Déjà le sommeil vous réclame!
Jadis, je crois m'en souvenir, Vous étiez moins prompt à dormir.
MILORD
Pour un époux, ah! quel plaisir!
Ah! quel plaisir De bien dormir!
ENSEMBLE
ZERLINE. PAMÉLA et MILORU.
ZEBLINE.
Après un an de mariage, On querelle donc son mari ?
.\vec le mien, dans mon ménage Il n'en sera jamais ainsi.
PAMÉLA
Après un an de mariage.
Gomment! déjà changer ainsi?
Voyez donc le joli ménage.
Voyez donc le joli mari
MILOIID.
.4près un an de mariage.
Comment! déjà changer ainsi? Voyez donc le joli ménage I Je reconnais plus milady.
MILORD
Il est minuit . c'est très honnête; Il faut partir de grand malin.
PAMÉLA
Non vraiment : je reste à la fêle :
(Montrant Zerline.;
Sa noce, elle avait lieu demain.
ZERLINB.
Croyez à ma reconnaissance.
PAMÉLA
Je veux vous donner des avis.
Ma chère enfant, je veux d'avance Vous prévenir sur les maris.
Voyez-vous bien, tous les maris...
MILORD, l'interrompant.
Allons, ma femme, allons dormir.
ENSEMBLE
PAMÉLA et ZEULIINK.
PAMELA
Eh quoi ! milord déjà, etc. t\
ZERLINE
Milord, milord aime à dormir.
ZEBLiNB, le bougeoir à la main.
Milord voudrait-il quelque chose ?
MILORO.
Un oreiller.
ZBRUNR, allant en prendre un dans le cabinet à droite. C'est là, je croi I PAUÉLA, à Zerline.
Oh donc est la soubrette à moi ?
ZEHLIXE.
De moi que madame dispose.
(Au iDument où ib vont sortir, milord s'arrête et regarde at cou de sa femme.)
MILOIID.
Miiis qii'avez-voiis donc fait, ma chère, Dik médaillon que d'ordinaire J'ai l'habitude ici de voir Attaché par un ruban noir!
PAMKi.A, un peu troublée.
Ce portrait?
MILORD
Oui, ce médaillOD.
PAMÉLA, troublée.
Il est... il est...
MILORD
Oîi donc?
PAMÉLA
Allons, milord, allons dormir, etc.
(Reprise de l'ensemble.) (Zerline, qui a pris un bougeoir et l'oreiller, entre, en les éclairant, dans la chambre à gauche. Milord et sa femme I la suivent. La chambre reste dans l'obscurité.) (Au moment où ils sortent, le marquis parait au haut de : l'escalier à droite.)
SCÈINE III.
LE MARQUIS , seul , entrant mystérieusement.
Ils sont tous retirés dans leurs appartemens , et personne , grâce au ciel, ne m'a vu monter cet escalier. Orientons-nous. Au premier, m'a-t-on dit, la seconde chambre au bout du corridor. Voici bien la première chambre, j'y suis. Pour la seconde, est-ce celle-ci? (Regardant par la porte à droite que Zerline a laissée ouverte.) Non , un cabinet noir avec des porte-manteaux, dBs rideaux... (Regardani de l'autre rôtc.'i Alors voilà sans doute la porte du