‹ Recueil d'opérasChapitre 303 sur 1141 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

ARVEDSON, CHRISTIAN , Gens du peuple.

(La devineresse est devant sa table ; près d'elle et debout, un garçon et une jeune fille lui demandent la bonne aventure : dans le fond, des gens du port, des matelots et des femmes du peuple attendent leur tour.)

LE CHOEUR, regardant Arvedson avec crainte et respect.

Gardons-nous bien de la troubler.

C'est Belzébuth qui va parler.

ARVEDSON, jetant quelques plantes dans la chaudière. O Belzébuth! ô roi des noirs abîmes!

Sois aujourd'hui mon guide et mon soutien ; A ton aspect les cœurs pusillanimes Tremblent d'effroi; mais moi, je ne crains rien ! O mon maître! maître suprême Dont j'invoque les lois.

De l'enfer viens loi-même.

Et réponds à ma voix !

(Gustave, habillé en matelot, entre seul parla porte du fond , et se mêle à droite parmi les gens du peuple.)

GUSTAVE

Au rendez-vous j'arrive, et le premier, je crois.

(Il aperçoit ladevineresse et veut la regarder de plus près. Les femmes du peuple le repoussent rudement, et le roi s'éloigne d'elles en souriant.)

ARVEDSON, continuant son évocation.

Prince des nuits, préside à ces mystères;

Je crois en toi, je crois en ton pouvoir ;

Pourquoi, souvent rebelle à mes prières,

As-tu trompé mes vœux et mon espoir?

O mon maître, maître suprême

Dont j'invoque les lois.

De l'enfer viens toi-même, Et réponds à ma voix !

Je l'entends; c'est lui-même, Il répond à ma voix.

(Elle se frotte les mains et le front avec le philtre qu'elU' vient de composer.)

LE CHOEUR, l'entourant.

Vive la devineresse , Dont le pouvoir redouté Nous dispense la richesse, Le plaisir et la santé !

ARVEDSON.

Silence! je l'ai dit.

TOUS, à voix basse, et la pressant davantage en tet dant leur main.

A mon tour maintenant.

Voilà mon argent!

Voilà, voilà mon argent.

CHRISTIAN, matelot, fendant brusquement la fouf Place, vous dis-je! à mon tour! c'est à moi Christian, matelot du roi!

Je veux savoir mon sort et mes chances future! Au service du roi j'ai bravé le trépas, Et depuis dix-huit ans que pour lui je me bats, Je n'ai rien reçu !

ARVEDSON.

Rien?

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